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Pour gagner du temps sur place, la meilleure option est de prendre le train jusqu’à Tours (environ 1 h de trajet depuis Paris), puis de louer une voiture qui vous permettra de circuler librement d’un site à l’autre. À une demi-heure de route depuis la gare, vous voilà arrivé à la première étape de votre périple : Amboise. Levez le nez pour admirer ce château perché en hauteur et ses tours de conte de fées à toits pointus, dont l’architecture inspirée des palais italiens de la Renaissance surplombe fièrement la ville et les eaux de la Loire ! Un rideau de glycines parfumées, une rangée de drapeaux à fleurs de lys flottant au vent et les buis ronds du jardin de Naples, taillés comme des perles, vous réservent un accueil royal.
Le château d’Amboise depuis la cour intérieure, et le jardin de Naples
Pascal Avenet / © Hemis
Imaginez Léonard de Vinci découvrant pour la première fois les lieux à l’automne 1516, après deux mois de voyage et une traversée des Alpes à dos de mule. Délaissé par ses protecteurs italiens, l’artiste de 64 ans est l’invité de marque du roi François Ier, qui veut faire de lui « le joyau » du royaume de France. Dans la belle salle d’audience au plafond en voûtes d’ogives, une délicieuse odeur de feu de bois émane de la cheminée où quelques bûches crépitantes nous replongent au temps des rois, tout comme les corbeilles de lys frais disposées au fil des pièces. Depuis les terrasses et balcons, admirez la vue imprenable sur le fleuve et les petites maisons en contrebas…
Nommé « premier peintre, ingénieur et architecte » de François Ier, qui l’appelle affectueusement « mon père », Léonard de Vinci passe les trois dernières années de sa vie au château du Clos-Lucé, à un jet de pierre du palais. Exposé dans l’une des chambres d’Amboise, un grand tableau de près de quatre mètres sur trois, La mort de Léonard de Vinci (François-Guillaume Ménageot, 1781), est le premier à mettre en scène le décès du maître chez son protecteur français. En faisant quelques entorses à la réalité, puisque le génie italien, mort le 2 mai 1519 au Clos-Lucé, n’a pas rendu son dernier soupir dans les bras de François Ier. Jusqu’au 31 septembre, une exposition explorera cette légende dans les salles du château…
François-Guillaume Ménageot, La mort de Léonard de Vinci dans les bras de François Ier, 1781
Huile sur toile • 280 × 357 cm • Coll. musée Hôtel Morin, Amboise / Photo Léonard de Serres / © FSL
Avant de quitter les lieux, n’oubliez pas d’entrer dans la chapelle Saint-Hubert, où les restes de Léonard de Vinci reposent depuis 1860. Le peintre, qui avait demandé à être enterré dans l’enceinte du château d’Amboise, avait d’abord été inhumé dans une église, malheureusement détruite avec une grande partie du palais en 1807. Une époque où l’on rasait encore sans scrupules les monuments historiques jugés vieillots ou abîmés !
Depuis Amboise, un quart d’heure de marche (en plein air, car il ne reste qu’un segment du fameux souterrain qu’utilisait François Ier pour rendre visite à son protégé) suffit pour rejoindre le Clos Lucé. Promenez-vous d’abord dans ses jardins à l’italienne, créés en 2008 en hommage aux tableaux et recherches botaniques de Léonard de Vinci. Admirez, autour du bassin bordé de pins centenaires, d’ifs et de cyprès d’Italie, les parterres de buis géométriques et de roses rouges « Mona Lisa », les grottes et les cascades nimbées d’un effet de brume évoquant son célèbre sfumato. Découvrez au passage une quarantaine de toiles translucides installées dans la végétation, et une vingtaine de maquettes géantes construites d’après les croquis de Léonard de Vinci, dont une hélice préfigurant l’hélicoptère, un pont sur roues et une machine volante aux ailes de chauve-souris !
Maquette de la vis d’Archimède dans les jardins du château du Clos Lucé, à Amboise
Photo Pascal Avenet / © Hemis
Au cœur du jardin, faites une pause méritée à l’Auberge du Prieuré. Décor du XVe siècle, serveurs en costumes d’époque, intermèdes en ancien français : ce restaurant met tout en œuvre pour plonger ses convives au temps de la Renaissance. Au menu, feuilletés et crèmes d’asperges accompagnés de vin d’hypocras, flan aux herbes et foie gras, ballotine de saumon aux baies et poire pochée. L’occasion de goûter un peu au quotidien de Léonard de Vinci… à quelques détails près, puisque cet homme au grand cœur, pourtant inventeur du tournebroche mécanique, était végétarien par égard pour les animaux !
Auberge du Prieuré
47 Avenue Léonard de Vinci • 37400 Amboise
Le moment est enfin venu de pousser la porte du petit château en briques et pierres construit en 1471, où l’ambiance de l’époque est soigneusement reconstituée, jusqu’aux arrangements de fruits et de fleurs évoluant au fil des saisons. On découvre le cabinet de curiosités du maître, rempli de crânes et de coquillages, sa chambre et son lit à tentures rouges où l’homme vécut ses derniers instants. Dans l’atelier, des croquis de costumes, de chats et de chevaux côtoient des pigments en cours de broyage et une maquette de statue équestre. Ses pinceaux et sa palette l’attendent devant des reproductions à l’huile de Saint Jean-Baptiste et de La Vierge, Sainte Anne et l’enfant Jésus, tableaux qu’il avait emmenés dans ses bagages avec La Joconde pour les terminer en France.
L’atelier de Léonard de Vinci au château du Clos Lucé, à Amboise
À gauche : une copie de La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte Anne prêtée par le musée de Chambéry et une copie du Saint Jean-Baptiste / À droite : des copies de croquis de Léonard de Vinci
Projets de canaux et d’écluses, confection de costumes, de décors et d’automates pour les fêtes royales : au Clos Lucé, Léonard de Vinci n’a pas chômé. Au sous-sol sont exposées de nombreuses maquettes réalisées d’après ses croquis visionnaires préfigurant de nombreuses inventions majeures. Parmi elles, l’automobile, le parachute, le sous-marin, le vélo, la mitrailleuse, la grue et le tank !
Château du Clos Lucé - Parc Leonardo da Vinci
2, rue du Clos Lucé • 37400 Amboise
www.vinci-closluce.com
Profitez-en pour visiter le château de Chenonceau, situé à vingt minutes. Posée sur l’eau, cette merveille érigée en 1513 et agrandie par Catherine de Médicis (1519–1589) figure parmi les plus beaux châteaux de la Loire. À une heure de route, terminez la journée en beauté avec un dîner gastronomique à La Maison d’à Côté, où vous pourrez déguster un sanglier du domaine de Chambord ou encore une carpe Renaissance accompagnée de truffes, d’écrevisses et d’une sauce au vin de Cheverny. À vingt minutes de là, l’hôtel du Prieuré de Boulogne sera votre havre de paix, au cœur de la forêt de Boulogne et aux portes du domaine de Chambord…
Vue aérienne du château de Chenonceau et du jardin de Diane de Poitiers
Photo Francis Leroy / © Hemis
Le Prieuré de Boulogne
La Ferme de Boulogne • 41250 Tour-en-Sologne
Dès le matin, l’immense château de Chambord et sa majestueuse silhouette symétrique hérissée de tours ouvragées – dont la première pierre a été posée l’année de la mort de Léonard de Vinci – vous apparaîtront comme un rêve éveillé. Plusieurs éléments du château, dont le fameux escalier à double révolution permettant à deux personnes de monter sans jamais se croiser, s’inspirent des croquis de l’artiste, réalisés au Clos Lucé pour un palais idéal qui devait être érigé à Romorantin…
Vue aérienne du château et du domaine de Chambord
Photo Arnaud Chicurel / © Hemis
Après une pause-déjeuner à Chambord, rendez-vous au château royal de Blois, résidence favorite des rois de la Renaissance. Puis, à vingt minutes de là, arrêtez-vous au château de Chaumont. Outre la chambre de Catherine de Médicis et ses précieux meubles Renaissance, admirez les nombreuses œuvres contemporaines disséminées dans ses salles et son domaine. Sans oublier l’immanquable festival international des jardins, véritable féérie végétale à contempler du 25 avril au 3 novembre. Il est à présent temps de rejoindre la gare de Tours… et de rêver à votre prochain week-end consacré aux nombreuses autres pépites du Val de Loire !
Vue aérienne du château de Chaumont et d’ « Hualu, ermitage sur Loire » par Che Bing Chu dans les Prés du Goualoup, à Chaumont-sur-Loire
Photo Sylvain Sonnet. © Hemis / Photo Eric Sander. © Che Bing Chu
Y aller
Trains directs depuis Paris Montparnasse. Durée : 1 h
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