Annie Marie Musselman, After the car crashed into me, 2008
© Annie Marie Musselman
Inauguré le 12 novembre dernier, le festival du Regard se poursuit à Cergy-Pontoise, avec une nouvelle fournée d’expositions. Ouvertes depuis le 14 janvier et jusqu’au 2 mars prochain, celles-ci sont toutes gratuites et mettent à l’honneur six photographes contemporains, réunis au Carreau de Cergy. Leur point commun ? S’intéresser de près aux animaux, dans leur environnement, dans leurs relations avec leurs semblables ou avec les êtres humains.
Après les hilarants chats sauteurs de Daniel Gebhart de Koekkoek, les stupéfiants requins saisis par le photographe sous-marin Laurent Ballesta ou encore les élégants « Oiseaux de nuit » de Nathalie Baetens exposés jusqu’en décembre dernier, place désormais au plus célèbre des photographes animaliers, Vincent Munier (né en 1976). Alors que ses images en couleurs enchantent actuellement les visiteurs de la Saline royale d’Arc-et-Senans, celui-ci entre à Cergy en dialogue avec le Finlandais Pentti Sammallahti (né en 1950), auteur d’images en noir et blanc plus drues, plus brutes, mais tout aussi captivantes.
De son côté, Michel Vanden Eeckhoudt (1947–2015) met en scène caniches, grands singes et chevaux dans des photos qui racontent des histoires, le plus souvent avec humour, mais doublées parfois d’un profond questionnement autour de la condition animale dans un monde dominé par les hommes. Sensible, elle aussi, aux malheurs des êtres à plumes et à poils (comme sa mère et sa sœur avant elle, la jeune femme explique exercer comme bénévole dans un centre de soins pour animaux), l’Américaine Annie Marie Musselman immortalise des animaux blessés et soignés.
Michel Vanden Eeckhoudt, série « Zoologie », New York, 1982
Courtesy Galerie Camera Obscura, Paris / © Michel Vanden Eeckhoudt
Tout aussi troublant, le travail de la Polonaise Marta Bogdańska (née en 1978) se porte sur les animaux employés à des fins militaires, immortalisant un pigeon armé d’un appareil photo, ou un chien policier dressé sur ses pattes. Sollicité en amont par le festival, l’étudiant de l’École nationale supérieure d’arts de Paris Cergy (ENSAPC) Élias Galindo-Lopez présente, quant à lui, une vidéo et une installation sonore, résultats de six mois d’échanges avec de jeunes enfants qu’il a invités à se rêver en oiseaux…
Etienne Jules Marey, Ondulations des nageoires de la raie, 1892
© Collection La Cinémathèque française
Un travail vivifiant qui répond par une approche contemporaine aux quelques « classiques » réunis également par le festival : Richard et Cherry Kearton (1862–1928 / 1871–1940), deux ornithologues britanniques connus pour avoir été les tout premiers à photographier un nid en 1892, ainsi que le très célèbre Étienne-Jules Marey (1830–1904), dont on connaît bien les passionnantes études visuelles du mouvement animal, tel celui d’un pélican en vol.
D’hier à aujourd’hui, la photographie animalière occasionne de superbes expérimentations, la plupart du temps extrêmement sensibles et empathiques. Un festival important, à arpenter avant que ne s’ouvre, le 13 mars prochain, le premier Salon de l’art animalier de Bretagne à la Grande Halle Oberthur de Rennes.
Festival du Regard
Du 12 novembre 2024 au 2 mars 2025
Pour en savoir plus, consultez le site du festival du Regard
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