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DÉCOUVERTE

Dans les hôtels Belmond en Italie, l’art en pension complète

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Quatre artistes majeurs de la Galleria Continua ont été invités par les hôtels Belmond à investir des jardins luxuriants à Venise, en Toscane et en Sicile. Une façon originale de célébrer l’art, la nature et toute la beauté du monde. L’art dans les hôtels, une tendance mondiale…
Michelangelo Pistoletto, Accarezzare gli Alberi
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Michelangelo Pistoletto, Accarezzare gli Alberi, 1976-2005

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L’artiste italien a disposé quatre sculptures étrusques en bronze dans les jardins du Castello di Casole, niché au cœur de la campagne toscane. Comme le nom de l’œuvre l’indique, elles mettent en relief le besoin de protéger la nature.

Jusqu’au 14 novembre. • © Agostino Osio - Alto Piano

Ce fut l’un des événements phare de la semaine d’inauguration, fin avril dernier, de la 59e biennale de Venise. Dans les jardins du mythique hôtel Cipriani, sur l’île de la Giudecca, l’artiste Subodh Gupta a créé une petite maison à partir de milliers d’ustensiles de cuisine en acier inoxydable, assiettes, casseroles, pots à lait…, utilisés quotidiennement en Inde. Une maison scintillante à l’intérieur de laquelle les visiteurs découvraient une cuisine et un bar où ils pouvaient s’attabler. Pendant une semaine, trois fois par jour, Gupta y réalisa une performance culinaire intitulée Cooking the World, titre de l’ouvrage du chercheur français Charles Malamoud qui étudia les rites et pensées de l’Inde védique (IIe millénaire avant JC).

L’installation et la performance, déjà déclinées ailleurs, notamment lors de la foire de Bâle en 2017, sont conçues comme un lieu propice aux rencontres et aux débats, à l’image de l’adda (« échange » en hindi). Pour Subodh Gupta, les ustensiles de récupération constituent de véritables témoignages et récits personnels de vies familiales passées qui favorisent les liens autour de la nourriture, considérée par essence comme cosmique. Une installation sublime et fascinante, née d’un partenariat entre la Galleria Continua et le groupe Belmond, propriété de LVMH. Ce projet, intitulé « Mitico », entend célébrer les œuvres – prêtées par la Galleria Continua – de quatre artistes de renommée internationale au sein de quatre hôtels mythiques, jusqu’à fin 2022.

Subodh Gupta, Cooking the World
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Subodh Gupta, Cooking the World, 2017

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Les milliers d’ustensiles de cuisine en acier que l’artiste indien a utilisés pour créer cette maison, ici dans les jardins de
l’hôtel Cipriani, à Venise, rendent compte d’histoires individuelles et familiales.

Jusqu’au 19 novembre. • © Agostino Osio - Alto Piano

Ouverte en 1990 en Toscane dans un ancien cinéma du village de San Gimignano, la Galleria Continua est devenue l’un des acteurs majeurs de la scène internationale avec des espaces désormais ouverts à Paris, Beijing, La Havane, São Paulo, ainsi qu’à Rome au sein de l’hôtel St. Regis. Bien sûr, la présentation d’œuvres d’art dans des hôtels de luxe n’a rien de nouveau. On se souvient des collaborations de César, Arman et Dalí dans les années 1970 au Lutetia, à Paris ; du prix Meurice pour l’art contemporain (arrêté en 2019) ; d’une chambre du Bristol peuplée d’œuvres de Bertrand Lavier, ou encore des nombreuses œuvres à découvrir dans les hôtels du groupe Cheval Blanc, dont celui ouvert l’année dernière au sein de la Samaritaine, à Paris.

Pascale Marthine Tayou, Totem cristal
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Pascale Marthine Tayou, Totem cristal, 2022

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Jusqu’au 31 décembre. • © Agostino Osio – Alto Piano. © Adagp, Paris, 2022

Mais la collaboration la plus spectaculaire entre un hôtel et un artiste reste sans doute à ce jour celle commandée à Jorge Pardo par la mécène Maja Hoffmann (qui a créé Luma Arles) pour la rénovation de l’historique Arlatan à Arles, en 2019. L’artiste y a tout conçu, du sol au plafond, en passant par les portes, les luminaires et le mobilier : une œuvre globale et kaléidoscopique. Ce qui distingue « Mitico » de ces autres projets, c’est l’insertion d’œuvres dans la nature, chacun de ces quatre hôtels jouissant de parcs immenses à la végétation luxuriante.

Une fenêtre de rêve sur Florence

La Villa San Michele, ancien monastère surplombant la ville de Florence niché dans les collines de Fiesole et disposant d’à peine une quarantaine de chambres, accueille deux œuvres de l’Argentin Leandro Erlich réunies sous le concept de « Viewing the World » (voir le monde) : un nuage comme prisonnier d’un cabinet de curiosité installé sous une fresque médiévale représentant la Cène et une gigantesque fenêtre soutenue par une échelle qui semble regarder le monde de la Renaissance florentine et la nature magique de la colline. Un point de vue sur l’art et la nature, sur la beauté du monde.

Leandro Erlich, Window and Ladder
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Leandro Erlich, Window and Ladder, 2021

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Avec cette installation onirique mais comme arrachée au réel, l’Argentin souligne l’époustouflante situation géographique de la Villa
San Michele, avec sa vue imprenable sur le Duomo de Florence.

Jusqu’au 7 novembre. • © Agostino Osio - Alto Piano.

À une heure de là, dans la campagne toscane vallonnée et sublime de l’hôtel du Castello di Casole, l’artiste italien Michelangelo Pistoletto a installé quatre sculptures étrusques en bronze de couleurs différentes intitulées Accarezzare gli Alberi (Caresser les arbres). Chacune semble protéger trois arbres centenaires, l’une d’entre elles comme en connexion avec un olivier magique de 400 ans. Les quatre sculptures rassemblées sous l’intitulé Loving the World (Aimer le monde) font écho au château du Xe siècle magnifiquement restauré. L’œuvre souligne la nécessité de protéger la nature dans le parc de cet hôtel qui héberge plus de 10 hectares de vignobles biologiques, et où lièvres, faisans et cerfs parcourent les champs.

Pascale Marthine Tayou, Les Routes du paradis
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Pascale Marthine Tayou, Les Routes du paradis, 2022

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Pascale Marthine Tayou a imaginé un chemin coloré qui mène à l’entrée du Grand Hotel Timeo, à Taormina, en Sicile. Quatre totems en cristal bordent le sentier. Habillés d’éléments venus de divers horizons, ils rendent hommage au processus de créolisation et à la rencontre de plusieurs cultures.

Jusqu’au 31 décembre. • © Agostino Osio – Alto Piano. © Adagp, Paris, 2022

Enfin, il faut prolonger l’escapade jusqu’en Sicile, sur les coteaux de Taormina, au grand hôtel Timeo faisant face à l’Etna, pour admirer le quatrième volet du projet « Mitico », Coloring the World (Colorer le monde) avec les Routes du paradis de l’artiste camerounais Pascale Marthine Tayou. Soit un chemin traversant les 6 hectares de la propriété où l’artiste a coloré des centaines de pierres de couleurs vives et pastel, faisant écho aux multiples fleurs qui illuminent la nature foisonnante. Quatre totems de cristal à taille humaine [ill. plus haut] irradiés par le soleil et la couleur de la lave en fusion du volcan semblent protéger cette « route du paradis », dont on rêve qu’elle ne s’arrête jamais !

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«Mitico»

À voir tout l’été et au-delà dans quatre hôtels du groupe de luxe Belmond à Fiesole et Casole d’Elsa (Toscane), à Taormina (Sicile) et à la Giudecca (Venise).

Plus d’informations sur : belmond.comgalleriacontinua.com

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