En partenariat avec Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains

Moi capitaine (2023), Les Nageuses (2022), Capharnaüm (2018) … Ces dernières années ont vu se multiplier les films sur le thème de la migration clandestine, inspirés d’histoires vraies et poignantes. Le court-métrage Treze de Maio ne déroge pas à la règle, mais aborde ce qui se joue pour les générations suivantes, marquées par le souvenir d’un événement qu’elles n’ont pas vécu.
Dans ce film raconté à la première personne, Jésus Baptista (né en 1992 à Montfermeil et lusodescendant de la troisième génération) s’est glissé dans la peau de son grand-père, arrivé clandestinement en France depuis le Portugal dans les années 1960 au prix d’un long périple.
Tourné dans le Pays basque, en Espagne, et au Portugal, le film suit le parcours solitaire de l’homme, avec quelques plans marquants : une scène le montre dans un camion transportant des moutons – on devine aisément la métaphore – ; dans une autre, il traverse une rivière glacée, vêtements sur le dos. D’abord en français puis en portugais, le narrateur raconte en voix off les sentiments d’angoisse, d’espoir et de résilience vécus par le protagoniste.
Le film fait la part belle à l’image. Ponctuellement, des photographies projetées dans le décor s’animent en toile de fond du récit. Ce sont celles du photo-reporter Gérald Bloncourt, prises dans les années 1960 pour montrer les conditions de vie des immigrés portugais. Voilà un moyen efficace pour rendre à l’histoire sa force collective. On salue les recherches de profondeur et de texture de l’image, grâce à de nombreux jeux de lumière et de théâtres d’ombres qui baignent le récit dans une atmosphère intense et captivante.
Treze de Maio
Jésus Baptista
2023 · 20 min
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