Benoit Huot, Cerf de Saint-Hubert, 2012
Technique mixte • 210 x 200 x 90 cm • Coll. privée • © Benoit Huot, Gray, 2024 / Photo Ville de Blois, François Lauginie
Un troupeau de bêtes naturalisées a envahi la Fondation du doute, à Blois : cerf divin, chimères hurlantes ou encore totems à têtes de boucs (mesurant jusqu’à trois mètres de hauteur !) habillés de tissus et passementeries, de reliques et de bibelots en tous genres.
Fantastiques et bigarrées, elles ont été réalisées par l’artiste Benoit Huot (né en 1966) entre 2012 et aujourd’hui : « Quand je créé, j’ai l’impression de réparer un acte : la mort », nous confie-t-il avant de revenir sur les origines de cette pratique insolite.
Portrait de Benoit Huot parmi ses créations
© Benoit Huot / Photo Ville de Blois, Nicolas Wietrich
Tout a commencé en 1995, lorsque que ce peintre de formation délaisse ses pinceaux pour restaurer une ancienne ferme en maison-atelier, dans un petit village du Doubs. Dans les cloisons et faux plafonds, il découvre des animaux séchés : des rats, des souris, des petites belettes et même un chat, qu’il décide de conserver.
Plus tard, l’idée lui prend de les décorer et de leur façonner de petites boîtes pour faciliter leur passage vers l’au-delà. Il se tourne ensuite vers la taxidermie, sillonnant les brocantes et vide-greniers à la recherche de plus grands spécimens mais aussi de tissus, statuettes ou jouets qu’il stocke pour parer ses bêtes, les sublimer.
« J’ai ce besoin de sanctuariser mes animaux, de les faire passer du profane au sacré. »
Parfois, il les recouvre entièrement, comme ce cerf couronné d’un écriteau en latin et d’un Christ en croix [ill. en une], dont on ne perçoit de la dépouille que les yeux reflétant son dernier instant de vie sur terre. Le long de son échine sont disposés quatre crânes humains agrémentés de fleurs en tissus et de colliers de coquillages.
Benoit Huot, Chien, 2013
Technique mixte • 235 × 130 × 75 cm • Coll. privée • © Benoit Huot, Gray, 2024 / Photo Ville de Blois, François Lauginie
« J’ai ce besoin de sanctuariser mes animaux, de les faire passer du profane au sacré », ajoute-t-il, cultivant une esthétique ornementale qui rappelle les processions religieuses, sculptant aussi des créatures aux masques exotiques et à la coiffe exubérante. Selon lui, son art est une manière de « conjurer la mort en la regardant en face et en travaillant avec elle ». De fait, personne n’en ressort indemne.
Benoit Huot – Le peuple qui vient
Du 16 mars 2024 au 2 juin 2024
Fondation du doute • 14 Rue de la Paix • 41000 Blois
www.fondationdudoute.fr
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