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Agnolo Bronzino, Portrait de Bia de Médicis, 1542
Tempera sur bois • 63 x 48 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence • © Galleria degli Uffizi, Florence / Bridgeman Images
Domenico Ghirlandaio, Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon, 1488
La plus affectueuse
Domenico Ghirlandaio avait-il flairé en son temps que ce Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon deviendrait un chef-d’œuvre de la Renaissance ? Interprété comme une allégorie des deux âges de la vie, ce tableau représente un grand-père malade, défiguré par un rhinophyma, enlaçant affectueusement son petit-fils, comme pour le rassurer. Aujourd’hui encore, certains mystères entourent l’œuvre et on doute qu’elle ait été réalisée à partir d’une scène spontanée. Un dessin préparatoire représentant le vieux florentin les yeux clos, sur son lit de mort, laisse à penser qu’il s’agit en fait d’un hommage posthume.
Huile sur toile • 62 x 46 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © akg-images / Erich Lessing
Diego Vélazquez, Portrait équestre du prince Baltasar Carlos, 1634-1635
La plus royale
Peintre à la cour de Philippe IV, Diego Vélasquez a réalisé de nombreux portraits d’enfants, en particulier des infants Marie Marguerite, Marie-Thérèse (notamment immortalisée entourée de ses Ménines) et Baltasar Carlos. Ce dernier est ici représenté par le maître de l’âge d’or espagnol à l’âge de six ans, chevauchant une monture aux curieuses proportions et surplombant les terres dont il est l’héritier. Malgré son jeune âge, il brandit un bâton de commandement, qui symbolise normalement la puissance des chefs militaires.
Huile sur toile • 211,5 x 177 cm • Coll. Musée du Prado, Madrid • © akg-images
Bartolomé Esteban Murillo, Le Jeune mendiant, 1650
La plus poignante
Dans le coin d’une pièce délabrée au sol jonché de restes de crevettes, un jeune garçon vient d’achever son maigre déjeuner. Sa frêle silhouette dissimulée par des haillons, les pieds sales, il est assis par terre et semble s’épouiller. Dans l’Espagne du Siècle d’or, les laissés-pour-compte, en particulier les enfants, étaient nombreux. Bartolomé Esteban Murillo, plus habitué aux sujets religieux qu’aux scènes de genre, a rendu hommage à ces picaro qui peuplaient alors les rues de Séville, à travers une série de tableaux au réalisme poignant.
Huile sur toile • 134 x 100 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © Musée du Louvre, Paris / Bridgeman Images
Jean-Baptiste Siméon Chardin, Fille avec raquette et volant, 1740
La plus sportive
On aurait presque peur d’interrompre un instant suspendu tant cette fillette, pourtant représentée en train de jouer, semble retenir son souffle. Un volant dans une main, une raquette dans l’autre, les bras reposant sur les paniers de sa robe, le modèle prend la pose ! Ce portrait, empreint de douceur et de légèreté, témoigne d’un nouveau regard porté sur l’enfant à partir du XVIIIe siècle, notamment sous l’influence des théories de Jean-Jacques Rousseau : celui-ci est désormais considéré pour lui-même, et non plus seulement comme le maillon d’une lignée familiale.
Huile sur toile • 82 x 66 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence • © Galleria degli Uffizi, Florence / Bridgeman Images
Théodore Géricault, Portrait d’Alfred et Elisabeth Dedreux, 1818
La plus étrange
Alors qu’il rend visite à son ami, le peintre Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy, à Rome, Théodore Géricault réalise plusieurs portraits du neveu et de la nièce de celui-ci. La pâleur des enfants, aux traits similaires, se détache du paysage plongé dans l’obscurité, tandis que le ciel menaçant et le bouquet de fleurs fanées que tient la fillette renforcent l’atmosphère lugubre de ce double portrait. Sous le pinceau inquiet de Géricault, les deux figures ressemblent davantage à des pantins ou à des adultes miniatures, le visage grave. Une étrangeté qui préfigure les enfants figés de Balthus.
Huile sur toile • 99,2 x 79,4 cm • Coll. particulière • © Christie's Images / Bridgeman Images
Mary Cassatt, Petite fille au fauteuil bleu, 1878
La plus intime
Dans le cadre familier d’un salon feutré, les yeux d’une fillette, affalée sur un canapé fleuri, se perdent dans le vide, comme si elle venait de s’éveiller d’une sieste. À ses côtés, son petit chien dort paisiblement… Seule femme avec Berthe Morisot (Américaine de surcroît !) à s’imposer dans le cercle impressionniste, Mary Cassatt va faire de la maternité et des enfants ses sujets de prédilection. De ses toiles délicates émane une tendresse qui invite le spectateur à pénétrer dans l’intimité des modèles de l’artiste, souvent des proches, où l’enfant est toujours choyé.
Huile sur toile • 89,5 x 129,8 cm • Coll. National Gallery of Art, Washington • © akg-images
John Singer Sargent, Carnation, Lily, Lily, Rose, 1885-1886
La plus féérique
« A wreath around her head, around her head she wore / Carnation, lily, lily, rose », dit la chanson populaire dont s’est inspiré John Singer Sargent pour le titre de ce tableau, aussi entêtante que le parfum des lys planant au-dessus de ce jardin merveilleux. À l’heure où certains enfants vont se coucher, rien ne semble troubler ces deux fillettes qui allument de fragiles lanternes chinoises tandis que la nuit tombe. Comme un rêve éveillé et paisible aux accents préraphaélites.
Huile sur toile • 174 x 153,7 cm • Coll. Tate, Londres • © akg-images
Pablo Picasso, Le Peintre et l’enfant, 21 octobre 1969
La plus régressive
Quand l’enfant et l’artiste ne font plus qu’un ! Intitulée Le Peintre et l’enfant, cette œuvre que réalise Pablo Picasso au crépuscule de sa vie serait en fait un double autoportrait. « Quand j’avais leur âge [des enfants], je dessinais comme Raphaël, mais il m’a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme eux », affirmait, une vingtaine d’années plus tôt, le maître espagnol qui, par un long travail d’apprentissage et de reprises, est finalement (re)devenu un enfant. L’enfance de l’art à l’œuvre !
Huile sur toile • 130 x 195 cm • Coll. particulière • © Bridgeman images
Paula Rego, Geppetto lavant Pinocchio, 1996
La plus inquiétante
À la fois baroque et austère, emprunte d’inquiétante étrangeté, l’œuvre figurative de Paula Rego s’inspire des contes traditionnels. Seule femme de l’École de Londres, elle regarde le monde avec des yeux d’enfant et retranscrit sur la toile des saynètes grinçantes où, bien souvent, le rêve cède la place au cauchemar… Comme ici, où Pinocchio semble plutôt subir un châtiment.
Pastel sur palier monté sur aluminium • 170 x 150 cm • Coll. particulière • © Bridgeman Images
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La plus touchante
Finesse des traits, port de tête altier irradiant de lumière, robe d’un blanc immaculé… Cette œuvre a tout d’un portrait officiel, voire d’une icône. Bia, représentée ici comme une petite reine par le peintre maniériste italien Bronzino, est pourtant la fille illégitime de Cosme Ier de Médicis, disparue à l’âge de 5 ans. Ce portrait réalisé à titre posthume lui rend hommage et témoigne de l’attachement du père à sa fille. On devine en effet, sur le médaillon arboré par la fillette, le portrait du duc de Florence.