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Claude Lorrain, Port de mer au coucher du soleil, 1639
Huile sur toile • 103 x 137 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Aisa/Leemage
Joseph Mallord William Turner, Fort Vimieux, 1831
La plus incandescente
Peintre anglais de la lumière et du mouvement, William Turner (1775–1851), qui aurait un jour affirmé : « Le Soleil, c’est Dieu », dépeint ici une scène proche de l’apocalypse. Au loin, un navire dont l’ancre est restée sur le rivage tangue dangereusement tandis que le soleil incandescent s’apprête à disparaître derrière la ligne d’horizon dans un tourbillon de flammes…
Huile sur toile • 71,1 x 106,7 cm • Coll. particulière • © Christie's Images / Bridgeman Images
Auguste Renoir, Torse de femme au soleil, 1875-1876
La plus délicate
Une jeune fille en fleur pose à l’ombre, protégée par un cocon de verdure. Mais ne vous y trompez pas, le sujet principal de ce tableau n’est pas cette femme, mais bien le soleil – ou plus précisément l’« effet du soleil » sur la peau de celle-ci. Cette impression de lumière, Renoir (1841–1919) l’obtient en ajoutant de délicates touches de peinture blanche le long des bras et sur la poitrine. Un effet caractéristique des impressionnistes, qui valut à l’artiste une violente critique d’un journaliste du Figaro en 1876, comparant le corps peint à un « amas de chairs en décomposition ».
Huile sur toile • 81 x 64,8 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris
Vincent van Gogh, Le Semeur au soleil couchant, 1888
La plus provençale
Au loin, on entendrait presque les cigales chanter ! Attiré par la lumière provençale, Vincent van Gogh (1853–1890) quitte Paris et s’installe à Arles en 1888. Le soleil du sud lui inspire alors des tableaux aux couleurs franches, où l’astre occupe une place singulière, comme avec ce Semeur au soleil couchant. Inspiré par Le Semeur (1850) de Jean-François Millet (à qui l’artiste, fasciné par le monde paysan, vouait une grande admiration), il laisse ici exploser la lumière et s’embraser les champs de blés. « Ah, ceux qui ne croient pas au soleil d’ici sont bien impies », écrira d’ailleurs l’artiste.
Huile sur toile • 64 x 80,5 cm • Coll. Kröller-Müller Museum, Otterlo
Giuseppe Pellizza da Volpedo, Le Soleil naissant, 1904
La plus éblouissante
C’est une véritable explosion ! Représentant des divisionnistes italiens et peintre social, Pellizza da Volpedo (1868–1907) était aussi fasciné par la lumière. Il peint cette œuvre surprenante, qui flirte avec l’abstraction, peu de temps avant sa mort, avant de la vendre à l’État italien. L’aura mystique de cette œuvre, sobrement intitulée Le Soleil naissant, rayonne bien au-delà du simple cadre de la toile.
Huile sur toile • 155 x 155 cm • Coll. Galleria d' Arte Moderna, Rome
Frida Kahlo, Sol y vida, 1947
La plus tragique
Jamais nature morte n’a peut-être mieux porté ce nom. L’artiste mexicaine Frida Kahlo (1907–1954) représente ici des plantes – dont la forme évoque clairement des vulves –, dont les pistils sont en berne… Au premier plan, un soleil anthropomorphe nous contemple, tandis que de son troisième œil (celui de l’artiste) coule une larme. Juste au-dessus, une forme évoque un fœtus qui semble lui aussi pleurer… Quel message Frida Kahlo tente-t-elle de nous faire passer ? Celui-ci n’est hélas – comme c’est souvent le cas chez l’artiste – pas très gai. Dans cette toile puissante, intitulée Soleil et vie, Frida Kahlo consigne sa douleur et son désir d’enfant. Elle l’a peinte peu après avoir fait une fausse couche.
Huile sur panneau • 40 x 50 cm • Coll. particulière • © akg-images © ADAGP, Paris 2019
Edward Hopper, Morning Sun, 1952
La plus mélancolique
Peintre de la solitude et du mystère, Edward Hopper (1882–1967) représente ici une femme assise sur son lit (il s’agit en fait de son épouse), le regard perdu au-dehors. Qu’attend-elle ? Impossible de le deviner. Le soleil s’invite dans cette pièce austère, qu’une douce lumière divise en blocs de couleurs intenses. Celle-ci souligne aussi le corps de la femme qui, lui, reste implacablement froid, et son regard, désespérément lointain et impassible.
Huile sur toile • 45,7 x 34,7 cms • Coll. Columbus Museum of Art, Columbus • © Bridgeman Images / © Adagp Paris 2021
David Hockney, Sunbather, 1966
La plus chaude
C’est le plus américain des peintres anglais ! Originaire de la province du Kensington, David Hockney (né en 1937) a passé la majorité de sa vie en Californie. Là-bas, il réalise sa série dite des Swimming Pools, sans doute la plus célèbre, dont cette toile fait partie (avec le cultissime Bigger Splash). Beaux éphèbes nus se prélassant au soleil, piscines couleur azur et lumière éblouissante… David Hockney est le peintre de l’hédonisme (et de l’érotisme !) caractéristique des années 1960–1970 dans cette partie de la côte ouest des États-Unis, où l’été ne meurt jamais.
Acrylique sur toile • 183 x 183 cm • Coll. Museum Ludwig, Cologne • © David Hockney
Andy Warhol, Sunset, 1972
La plus changeante
En 1972, Andy Warhol (1928–1987) reçoit une commande de Johnson & Burgee – un cabinet d’architectes – pour décorer les chambres d’un hôtel alors récemment rénové. En résulte cette série de 472 impressions sur papier tissé, inspirées par les couchers de soleil observés par l’artiste à East Hampton, à San Francisco et à New York. Sur chacune d’entre elles, on observe les variations de couleurs (pop, évidemment) du soleil couchant. Moins connue du grand public, cette série n’en demeure pas moins fascinante, et rappelle les grandes plages abstraites de Mark Rothko.
Sérigraphie couleur • 86,2 x 86,2cm • Coll. particulière • © Christie's Images, London/Scala, Florence © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2019
Olafur Eliasson, The Weather Project, 2003
La plus monumentale
Le Soleil se lève à nouveau dans la Tate Modern ! The Weather Project, une installation monumentale d’Olafur Eliasson (né en 1967), présentée pour la première fois en 2003 dans le hall est de l’institution londonienne, est de retour à l’occasion d’une exposition consacrée à l’artiste danois (présentée jusqu’au 5 janvier 2020). Hissé à plus de 30 mètres de hauteur, ce soleil inonde le lieu de sa lumière rougeoyante, notamment grâce à des miroirs situés au plafond. Un appel à la contemplation, où phénomènes naturels et artificiels sèment le trouble…
Installation • Tate Modern, Londres • © Photo by Tony Kyriacou/REX/Shutterstock / SIPA
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La plus paisible
Contemporain de Nicolas Poussin, Claude Lorrain (1600–1682) est profondément influencé par la peinture vénitienne. L’Italie, étape incontournable du Grand Tour, est d’ailleurs le passage obligé des artistes de cette époque. Claude Lorrain y fera son apprentissage et, après un bref retour en France, y séjournera jusqu’à sa mort. L’Italie lui inspire de grands formats, des paysages empreints de calme et de sérénité, comme ce port baigné d’une lumière dorée. Une lumière qui influencera fortement, presque deux siècles plus tard, William Turner (Didon construisant Carthage, 1815).