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L’hôtel des archevêques de Sens, dit la bibliothèque Forney
© Alamy / Hemis / Photo Petr Kovalenkov
Hôtel des archevêques de Sens
1 Rue du Figuier • 75004 Paris
L’escalier d’onyx de l’hôtel de la Païva
Le plus sulfureux
10 millions de francs : c’est la somme dépensée par la Païva, l’une des demi-mondaines les plus en vue du Tout-Paris du Second Empire, pour cet hôtel particulier inauguré en 1866 sur les Champs-Élysées et dont la construction a alimenté tous les fantasmes. Il faut dire que l’intérieur de l’édifice vaut tous les superlatifs : grand escalier d’onyx jaune d’Algérie, salle de bains de style mauresque parée elle aussi d’onyx et de bronze, sculptures de Jules Dalou… Une débauche de luxe qui, associée à la réputation sulfureuse de la propriétaire, vaudra à cet hôtel le surnom de « Louvre du cul » (une trouvaille des frères Goncourt).
© Wikimedia Commons
Hôtel de la Païva
25 Av. des Champs-Élysées • 75008 Paris
Louis Le Vau, L’hôtel Lambert sur l’île Saint-Louis, 1640
Le plus mythique
Joyau de l’île Saint-Louis, l’hôtel Lambert, érigé au XVIIe siècle par Louis Le Vau, l’architecte de Vaux-le-Vicomte, a connu mille et une vies. On doit à son premier occupant un fastueux décor signé Charles Le Brun et Eustache Le Sueur, dont une partie a hélas été perdue lors d’un incendie en 2013. Le lieu fut tour à tour le refuge de l’intelligentsia polonaise au XIXe siècle, puis le théâtre des mondanités du Tout-Paris des années 1970–1980 orchestrées par la famille Rothschild. Récemment racheté pour la coquette somme de 200 millions d’euros par Xavier Niel, l’hôtel Lambert devrait prochainement accueillir la fondation d’art de l’homme d’affaires.
© Alamy / Hemis / Photo Bertrand Gardel
Hôtel Lambert
2 Rue Saint-Louis en l’Île • 75004 Paris
La Maison Loo sur la place Gérard-Oury
Le plus exotique
La Chine en plein Paris ? Vous ne rêvez pas ! C’est au 48 rue de Courcelles que se dresse cet étonnant édifice, qui passe difficilement inaperçu au milieu des immeubles haussmanniens de la plaine Monceau. On doit cette fantaisie au marchand d’art Ching Tsai Loo, qui en 1926 fait transformer l’hôtel particulier préexistant en pagode rouge feu, pour y abriter son importante collection d’art asiatique. Le lieu, écrin du musée privé Maison Loo, ouvre ponctuellement ses portes au public. Restez à l’affût !
© Wikimedia Commons
Maison de Loo
48 Rue de Courcelles • 75008 Paris
L’hôtel Biron, dit le musée Rodin
Le plus majestueux
Lorsque Rodin découvre l’hôtel Biron, bâti en 1732 par l’architecte Jean Aubert, l’édifice est en train de tomber en ruine. L’État, qui en est le propriétaire, a transformé les lieux en appartements loués à des artistes, tels Henri Matisse, Jean Cocteau ou Isadora Duncan, qui y installe un temps son école de danse. Le célèbre sculpteur y pose ses valises en 1908, occupant d’abord seulement une aile au rez-de-chaussée. En 1919, après avoir reçu la donation des œuvres de Rodin disparu deux ans plus tôt, l’État transforme les lieux en musée, selon la volonté de l’artiste.
© Wikimedia Commons
Hôtel Biron
77 Rue de Varenne • 75007 Paris
Façade de l’hôtel Salé, dit le musée national Picasso
Le plus typique
Si l’hôtel Salé se nomme ainsi, ce n’est pas en référence au nom de son premier propriétaire, Pierre Aubert, mais bien en clin d’œil à l’origine de la fortune de ce dernier, qui était alors chargé de percevoir la gabelle – l’impôt sur le sel ! Érigé entre 1656 et 1659, cet imposant hôtel particulier du Marais est un exemple typique de l’architecture mazarine, qui puise dans le baroque italien comme dans l’héritage de François Mansart. Il est l’écrin, depuis 1985, du musée national Picasso.
© Musée National Picasso Paris / Photo Chloé Vollmer Lo
Hôtel Salé
5 Rue de Thorigny • 75003 Paris
La Maison Gainsbourg et la fresque d’Ernesto Novo
Le plus insolite
L’adresse est devenue, au fil des ans, un lieu de pèlerinage… et un repaire de street artistes, qui ont mis leurs aérosols et leurs pochoirs au service de la mémoire de l’illustre occupant des lieux : Serge Gainsbourg. Mythique, cette demeure cachée par un haut mur, que le compositeur comparait à « un sitting-room, une salle de musique, un bordel, un musée… », lui a même inspiré une chanson intitulée L’hôtel particulier. Bonne nouvelle pour les fans de l’homme à la tête de chou : la maison, conservée en l’état par Charlotte Gainsbourg après le décès de son père, ouvrira ses portes aux visiteurs en septembre prochain (les réservations sont d’ores et déjà ouvertes).
© Alamy / Hemis / Photo Frederic Reglain
Maison Gainsbourg
5 bis Rue de Verneuil • 75007 Paris
Le pavillon de l’hôtel Scheffer-Renan, dit le musée de la Vie romantique
Le plus bucolique
Petit havre de paix en plein cœur du quartier de la Nouvelle Athènes, cet hôtel particulier bucolique de style néo-classique, aux emblématiques volets verts, fut la demeure du peintre romantique Ary Scheffer puis de l’écrivaine George Sand. Véritable repaire d’artistes, il a accueilli en ses murs Géricault, Ingres, Listz ou bien sûr Chopin. Acheté par l’État dans les années 1950, l’hôtel Scheffer-Renan est désormais connu pour abriter le musée de la Vie romantique.
© Photo Pierre Antoine, 2020
Hôtel Scheffer-Renan
16 Rue Chaptal • 75009 Paris
L’Hôtel Guimard
Le plus fantaisiste
Véritable manifeste architectural d’Hector Guimard, père de l’Art nouveau, l’hôtel Guimard est sorti de terre au 122 avenue Mozart en 1909. L’architecte, tout juste marié à la peintre américaine Adeline Oppenheim, fille d’un richissime banquier, souhaitait alors associer son domicile à ses bureaux. En résulte cet édifice sur six niveaux, dont la façade en briques claires est dotée d’ouvertures irrégulières : pas une fenêtre ne ressemble à une autre ! On trouvait alors au rez-de-chaussée l’agence d’architecture d’Hector Guimard, au premier et au second niveau, les appartements privés du couple, puis l’atelier d’Adeline Oppenheim. Une œuvre d’art totale !
Wikimedia Commons
Hôtel Guimard
122, avenue Mozart • 75016 Paris
L’hôtel Martel
Le plus moderne
La particularité de cette voie tranquille du XVIe arrondissement ? Tous les hôtels particuliers qui s’y trouvent qui ont été pensés par Robert Mallet-Stevens, architecte phare du mouvement moderne. Le plus spectaculaire d’entre eux est sans conteste la maison-atelier des frères Martel, tous deux sculpteurs (un peu oubliés aujourd’hui, on leur doit notamment les reliefs de la façade du palais de Chaillot). L’édifice fascine par ses volumes épurés, son vitrail Art déco, sans oublier sa porte d’entrée Jean Prouvé. L’intérieur, tout aussi remarquable, se dévoile ponctuellement aux visiteurs lors de visites guidées…
© Living In, 2020, éditions OpenHouse & Gestalten / Photo DePasquale + Maffini
Hôtel Martel
10 rue Mallet-Stevens • 75016 Paris
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Le plus médiéval
Il a des allures de mini-Poudlard, avec ses tourelles et ses vitraux. Entre la Seine et le quartier du Marais, l’hôtel des archevêques de Sens est l’un des seuls témoignages de l’habitat médiéval à Paris. Son histoire est mouvementée : pied-à-terre parisien de l’archevêché de Sens, il a aussi accueilli entre ses murs la reine Margot tout juste revenue d’exil, subi les dommages de la Révolution, avant d’être transformé tour à tour en blanchisserie ou encore en fabrique de conserve ! Racheté par la Ville de Paris en 1911, il abrite désormais la bibliothèque Forney, dont le fonds est spécialisé dans les arts décoratifs.