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Damian Hirst, ETERNAL SLEEP (Clear Frosted), 2017
Cristal glacé clair • 20 x 16,5 x 22 cm • Photographed by Prudence Cuming Associates Ltd © Damien Hirst, Science Ltd and Lalique. All rights reserved, DACS/ADAGP, 2017
Cent millions de dollars. C’est la coquette somme qu’un collectionneur a dû débourser en 2007 pour s’offrir For the Love of God, le célèbre crâne serti de quelque 8 600 diamants, signé Damien Hirst. Dix ans plus tard, exit les pierres précieuses… mais pas le luxe ! Dans le cadre d’une collaboration avec la prestigieuse maison Lalique, l’artiste britannique a revisité sa mémorable vanité, façon cristal. Ainsi, trois crânes humains (l’un en cristal noir, les deux autres en cristal incolore) composent la série Eternal Sleep, conçue comme un memento mori. Les Meilleurs Ouvriers de France de la maison de luxe ont réalisé les éditions numérotées (35 exemplaires) suivant la technique ancestrale de la cire perdue, une méthode de fonte et de moulage de sculptures en bronze déjà employée par les Égyptiens en 3 000 av. J.-C., puis par Rodin au XIXe siècle.
Intitulée Eternal, cette collaboration que l’on peut découvrir chez Lalique jusqu’au 22 octobre – et pour laquelle Damien Hirst a aussi imaginé des sculptures de colombes, serpents et autres cœurs transpercés d’une dague – renoue avec l’essence étymologique de l’art. Le mot trouve en effet son origine dans le terme « tekhnè », qui désigne la maîtrise d’un savoir-faire en grec ancien… Habitué aux coups d’éclats, l’enfant terrible de l’art contemporain aurait-il finalement trouvé la voie de la sagesse ?
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