Le mur de l’Atlantique est toujours là. La Seconde Guerre mondiale a laissé à l’abandon un système de fortifications qui s’étend de la Norvège à la France. L’enjeu était, pour les occupants allemands, de surveiller les côtes et d’empêcher le débarquement des forces alliées. Aujourd’hui, c’est une route de mémoire qui se dessine de cimetière en mémorial et de musée de la guerre en bunker. À Leffrinckoucke, petite ville non loin de Dunkerque, un artiste, qui a choisi l’anonymat, s’est emparé en 2015 d’une de ces casemates en béton qu’il a recouvert d’éclats de miroirs. En cherchant à rendre invisible l’une de ces nombreuses structures de béton qu’on ne sait pas trop bien considérer il a souligné leur présence. Monuments ? Patrimoine architectural ? Ou stigmates indésirables de la barbarie ? De la masse inerte du blockhaus, l’artiste a fait un brillant outil de réflexion. Réfléchir nous renvoie l’image du ciel, de la mer et impose une nouvelle ligne d’horizon.
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