Carambolage Vincent van Gogh / Yayoi Kusama
Contemplez ce ciel des rives du Rhône. Nous sommes en 1888, fin septembre. La maison jaune louée par Vincent van Gogh à Arles se tient à deux pas du spectacle offert par la voûte céleste ce soir-là. Il fait frais. L’onde du fleuve laisse miroiter les éclairages urbains au gaz. Van Gogh voyait la nuit « encore plus richement colorée que le jour ». Alors le peintre s’est plusieurs fois posé aux abords d’un café ou au beau milieu de la nature, en quête « des violets, des bleus et des verts les plus intenses ». Scrutez ici les astres les plus éblouissants : voyez-vous la Grande Ourse ? Les chasseurs d’étoiles vous diront que cette grande casserole est mal orientée. Les poètes auront la même vision que le peintre à Arles : « certaines étoiles sont citronnées, d’autres ont des feux roses, verts, bleus, myosotis ». Une étoile, c’est autre chose qu’un point blanc sur du noir ! C’est un infini. Impossible à rencontrer !
Sauf lorsqu’il s’agit de traverser une installation de Yayoi Kusama. Il fait sombre ici, et l’artiste japonaise a posé partout des miroirs. Immergé au cœur de ces lucioles, le corps du spectateur vit une expérience magique. Où l’on se laisse aller à cette probable féerie nocturne qui inspira Van Gogh. C’est le propre de l’art : transformer l’obscurité en lumière.
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