Cure-dents et cure-oreilles, début XVIe siècle
Prov. Allemagne. Argent doré • h: 8 cm • Coll. musée national de la Renaissance, Écouen • © RMN-Grand Palais / René-Gabriel Ojéda
Un bout de persil entre les dents ? L’oreille qui gratte ? C’est simple, prenez les deux extrémités de ce pendentif. D’un côté une spatule, de l’autre une pointe : ce bijou sert à faire le ménage ! Dans l’Europe de la Renaissance, il n’est pas rare de voir au cou de femmes et d’hommes des cure-dents-cure-oreilles. Certains même, en or émaillé, rehaussés de perles ou de pierres précieuses, rivalisent d’ornements très sophistiqués, se chargeant de sirènes et tritons. D’autres, en version repliables, se font plus discrets.
Peu ragoûtant ? Au contraire ! Portés ostensiblement par leurs propriétaires, ces bijoux étaient le signe d’une bonne « hygiène de vie » et, par extension, d’une netteté morale et d’une gestion « saine » de leurs affaires. Tout le message du portrait d’Anton Fugger peint par Hans Maler au XVIe siècle et conservé au musée du Louvre. Banquier richissime de la Renaissance allemande, humaniste et homme de lettres, le mécène de Titien et d’Érasme a choisi de passer à la postérité avec, en sautoir, son cure-dents-cure-oreilles !
Notre spécimen en or conservé au musée d’Écouen vient probablement de France ou d’Allemagne et a perdu, au fil du temps, ses chaînettes et sa perle d’origine, modifiés au XIXe siècle. Dans la partie centrale, qui était sans doute émaillée, deux mains sont jointes : c’est une « foi », symbole traditionnel offert en signe de parole donnée, d’amitié, de confiance. Ces « fois » sont très fréquentes dans les bijoux de fiançailles ou de mariage. De là à imaginer recevoir un tel« coton-tige » en or à la prochaine Saint Valentin : on a hâte !
Musée national de la Renaissance - Château d'Écouen
Rue Jean Bullant • 95440 Écouen
musee-renaissance.fr
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