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Une photographie berne le jury d’un concours en remportant un prix d’image générée par IA

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Miles Astray, Flamingone
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Miles Astray, Flamingone, 2023

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Photographie qui a remporté au départ le "Gold Winner 1839 Awards" catégorie AI • © Miles Astray

L’histoire est cocasse, et l’idée brillante. Face à l’influence grandissante de l’intelligence artificielle (IA), un photographe vient de faire acte de résistance en décidant de proposer à un concours international d’images générées par IA une photo authentique. Berné, le jury lui a décerné un prix… Avant de le disqualifier lorsqu’il a finalement avoué la vérité !

Sur une plage de sable immaculée se tient un étrange flamant rose. Réduit à une simple boule posée sur de longues pattes, son corps semble privé de cou et de tête… Mais ces derniers sont en réalité repliés et cachés, l’oiseau au plumage pop étant probablement en train de piquer un somme.

Prouver la force de la nature

Intitulée Flamingone, cette image a simplement été prise dans la nature, à Aruba, petite île des Antilles néerlandaises au large du Venezuela, sans aucun trucage. Mais elle semblait assez étrange, épurée et irréelle pour réussir à se faire passer pour une création entièrement générée par ordinateur !

« La créativité et l’émotion ne se résument pas à une série de chiffres. »

Miles Astray

Proposée par le photographe Miles Astray (né en 1986) dans la catégorie IA du concours 1839 Photography Awards, la photo a donc remporté dans cette section le premier prix du public (People’s Vote Award), ainsi que le troisième prix du jury, décerné par un prestigieux jury international (parmi lequel des personnes travaillant, par ailleurs, pour le New York Times, la maison de vente Christie’s, Getty Images, le Centre Pompidou ou encore la maison d’édition Phaidon). Ce qui en fait la première vraie photo à avoir gagné un prix d’intelligence artificielle !

« J’ai présenté cette photo au jury afin de prouver que le contenu créé de main humaine n’avait pas perdu de sa pertinence, et que Mère Nature et ses interprètes humains pouvaient encore battre la machine », explique, malicieux, le photographe sur son site internet. « Les images générées par intelligence artificielle redessinent le paysage du numérique tout en suscitant un débat brûlant concernant son impact sur le futur des artistes, journalistes, designers et autres créateurs d’images ». « La créativité et l’émotion ne se résument pas à une série de chiffres », ajoute-t-il.

Disqualifié, le photographe est toutefois salué pour son action

« Après avoir vu des exemples récents d’images générées par IA battre de vraies photos dans des compétitions, j’ai réalisé que je pouvais inverser le phénomène, comme seul un humain pourrait et voudrait le faire », explique-t-il. « Évidemment, induire le jury en erreur posait un problème éthique, que je n’ai pas pris à la légère. Mais j’ai espéré que les professionnels et le public trouveraient ce coup porté à l’IA et cette tromperie éthiquement moins dérangeants que la tromperie générée par une intelligence artificielle ».

« Fraser Island Gallery » de Robyn Finlayson, Médaille d’or du « 1839 Awards », catégorie IA
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« Fraser Island Gallery » de Robyn Finlayson, Médaille d’or du « 1839 Awards », catégorie IA, 2024

Après avoir révélé la vraie nature de Flamingone, le photographe a été disqualifié. Mais il a eu la belle surprise de recevoir un e-mail de Lily Fierman, cofondatrice et directrice du concours, lui signifiant qu’elle appréciait le « message puissant » qu’il avait fait passer, et qu’elle espérait que cette action crée une « prise de conscience » et donne de « l’espoir aux nombreux photographes inquiets face à l’IA ». Mission accomplie !

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