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DOSSIER

Nouvelles tendances : les mondes parallèles du dessin contemporain

le 2 mai 2022 à 16h05

De mai à juin, le dessin bourgeonne dans toute la France à travers de nombreux salons et expositions. L’occasion pour Beaux Arts d’explorer les univers parallèles de 20 artistes au crayonné fantastique. Le printemps sera graphique ou ne sera pas !

Quand le dessin suit (et s’invente) une trajectoire sinueuse à travers un paysage, plus souvent imaginaire que réel, l’artiste en fait le support d’une expédition pleine de rebondissements et de découvertes. Il ne faudrait donc pas voir ces œuvres graphiques comme un état des lieux, une représentation figée, mais bien comme une invitation au voyage, une méthode aussi pour arpenter les territoires, y révéler des voies secrètes ou souterraines et dresser du monde une cartographie alternative.

Nohemí Pérez trace ainsi ses vastes et charbonneux fusains figurant les paysages du Catatumbo, région aux confins de la Colombie et du Venezuela ayant subi les affres de la guerre et de l’exploitation minière, en suivant les témoignages et les souvenirs des habitants. Un travail de réparation des blessures faites à la terre et aux hommes. De même, Chourouk Hriech déploie une géographie métaphorique, une ville-monde où s’amoncellent des vues de Bangkok, Casablanca, Tokyo ou Marseille, tandis que des figurines d’oiseaux en bois et pierre veillent sur cet ensemble d’encres de Chine sur papier, d’aquarelles et de crayons de couleur sur papier. Un dessin migrateur en somme, au diapason d’un monde sans frontières que Nicolas Dhervillers célèbre, lui, en mêlant la photographie et le pastel dans ces représentations où des paysages fondent et enchaînent leurs lignes les unes dans les autres en se lovant dans une brume épaisse, un flou artistique à la Turner qui adoucit rêveusement les lignes de démarcation entre les pratiques et les territoires.

Chourouk Hriech : géographies imaginaires

Née en 1977 à Bourg-en-Bresse, elle vit à Marseille.

Portrait de Chourouk Hriech
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Portrait de Chourouk Hriech

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Courtesy Chourouk Hriech et galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris / Photo Valentin Le Cron.

Jérôme Sans, curateur de l’exposition que l’artiste déploie à Drawing Lab, souligne qu’elle est « pensée en écho avec les drames qui se nouent dans les cieux, les forêts, les plaines, les marécages, les étangs, ou les villes » et que « faite de mélanges, de coexistences de formes, de cultures et d’époques », elle reste « toujours en prise avec le réel ». Les amples dessins de Chourouk Hriech, accompagnés de statuettes d’oiseaux, composent une géographie planétaire imaginaire où les soubresauts du monde, la densité des constructions, des objets, de la flore finissent par s’apaiser dans des télescopages saugrenus et des zones de rêverie où tout reste suspendu.

Représentée par Anne-Sarah Bénichou (Paris).

Chourouk Hriech, Sous le ciel de Paris
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Chourouk Hriech, Sous le ciel de Paris, 2021

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Vue de l’exposition « Zone franche », Institut des cultures d’Islam, Paris, 2021).

Courtesy Chourouk Hriech et galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris / Photo Marc Domage.

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Chourouk Hriech. I See a Bird / Je vois un oiseau

Du 18 mars 2022 au 15 juin 2022

www.drawinglabparis.com

Nohemí Pérez : une jungle réparatrice

Née en 1964 à Tibú (Colombie), elle vit à Bogotá. 

Portrait de Nohemí Pérez
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Portrait de Nohemí Pérez

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Courtesy Nohemí Pérez et mor charpentier, Paris .

Dans les immenses dessins d’arbres tropicaux luxuriants, laissant pendre lianes et branchages tentaculaires, on les distingue à peine. Pourtant, quelque part, dans cette jungle, celle des tréfonds de la Colombie dont l’artiste est originaire, des personnages, jeunes gens souriants, en short et bottes en caoutchouc, sont nichés, semblant même faire signe au spectateur. Minuscules et croqués d’un trait plus fin, ils sont comme tapis à l’arrière-plan des œuvres. Sans doute, est-ce une marque emblématique du dessein de l’artiste : montrer comme le paysage et ses habitants, qui dépendent de ses ressources, entretiennent des relations qui pourraient être harmonieuses et plus respectueuses. Tout l’inverse de ce qu’elles sont, par la faute de la surexploitation des ressources naturelles dans la région du Catatumbo.

Représentée par la galerie Mor Charpentier (Paris).

Nohemí Pérez, Catatumbo expandido
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Nohemí Pérez, Catatumbo expandido, 2021

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Courtesy Nohemí Pérez et mor charpentier, Paris

Nicolas Dhervillers : paysages en transition

Né en 1981, il vit à Paris.

Nicolas Dhervilier
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Nicolas Dhervilier

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© Nicolas Dhervillers / Courtesy Dilecta, Paris.

Formé au théâtre et au cinéma parallèlement à ses études de photographie, Nicolas Dhervillers livre des images où les pastels et les graphites rehaussent des transferts photographiques. Ses paysages noyés de brume, un rien nostalgiques des maîtres impressionnistes, de Turner à Monet, brouillent les limites entre photo et dessin, mais aussi entre images fixes et animées puisqu’ils adaptent en quelque sorte la technique du fondu enchaîné (d’où le titre de la série, Crossfade) qui permet, au cinéma, de passer artificiellement mais sans heurts d’une scène à l’autre.

Représenté par les galeries Dilecta (Paris) et Provost Hacker (Lille).

Nicolas Dhervillers, Crossfade
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Nicolas Dhervillers, Crossfade, 2021

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© Nicolas Dhervillers / Courtesy Dilecta, Paris.

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À voir à Drawing Now Art Fair

Du 19 au 22 mai

Carreau du Temple • 4 Rue Eugène Spuller, 75003 Paris.

https://www.drawingnowartfair.com/

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