On pourrait s’y tromper, et pourtant : il y a bien une exposition dans le grand parc de la Cité universitaire de Paris ! Pas de sculpture monumentale ni d’installation farfelue, mais des dessins, des textes et des photographies accrochés autour des troncs des arbres. 356 en tout, avec des dizaines d’artistes invités, dont Myriam Mechita et son dessin d’acrobate, Claude Closky et sa feuille découpée comme une petite annonce dont on arrache les numéros de téléphone… Mine de rien, l’ambition de ce parcours qui se découvre en mouvement est immense : elle s’inspire du philosophe Bruno Latour et de son « Il ne faut pas gâcher une crise », pour donner « forme aux désirs, visions et autres utopies réalisables pour les mondes de demain » (!). Un discours qui flotte un peu comme un vêtement trop grand autour des œuvres ; cela dit, la promenade est belle et ponctuée de réels éclats poétiques.
Vue de l’exposition « La Cité sous le Ciel », dessin de Myriam Mechita
© CIUP / photo : Marc Gibourg
La Cité sous le Ciel
Du 15 mai 2021 au 29 août 2021
Cité Internationale Universitaire de Paris • 17 Boulevard Jourdan • 75014 Paris
www.ciup.fr
Elles ont le vent en poupe : les cabanes, honorées dans l’ouvrage culte Cabin porn (éd. Zach Klein, 2015), exaltent nos envies d’ailleurs et de nids minimalistes, à contre-courant d’un monde toujours plus urbain et superficiel. À Toulon, les étudiants de l’École Supérieure d’Art et de Design ont eu l’idée, avec leur professeur Olivier Vadrot, d’inviter les visiteurs de la Galerie de l’école à construire leur propre cabane, à l’aide de différents modes d’emploi et pistes d’inspiration. Ils expliquent en préambule : « Après un an de pandémie où chacun a pu refaire trois cent fois le tour de sa chambre, la cabane apparaît comme une porte ouverte sur le monde futur, un espace de liberté dégagé des contraintes matérielles, mais surtout économiques. » À vos crayons – et outils ! (Autre piste d’inspiration possible, la Cabane de Le Corbusier à Roquebrune-Cap-Martin, dont la visite est payante, mais passionnante !)
Vue de l’exposition « La cabane Minimum »
© Olivier Vadrot
La cabane Minimum
Du 24 juin 2021 au 19 septembre 2021
Galerie de l'école Supérieure d'Art et Design de Toulon • 18 Rue Chevalier Paul • 83000 Toulon
www.esadtpm.fr
Un hiver et un printemps sans musée auront eu un mérite : inspirer à quelques villes françaises l’envie d’ouvrir les portes de leurs institutions gratuitement. Notamment Strasbourg, nous l’écrivions ici, mais aussi Saint-Étienne, qui a le bon goût de prolonger la fête jusqu’à la fin de l’été ! À visiter, en prenant soin de réserver : le musée d’Art moderne et contemporain, où « Déjà-vu. Le design dans notre quotidien » explore la part sublime des objets familiers. Ne ratez pas également les deux salles couvertes de dessins sur feutre de Léa Belooussovitch, ainsi que le travail hyperréaliste et poignant d’Éric Manigaud. Une petite pause au restaurant du musée plus tard, dirigez-vous vers le musée d’Art et d’Industrie, où différents secteurs vous attendent (armes, rubans, cycles), avant de finir la journée au musée de la Mine, passionnante immersion dans le passé industriel de la ville.
À gauche : vue de l’exposition “Déjà-vu. Le design dans notre quotidien” / À droite : “Gaza strip, 17 octobre 2018 (air strike)” de Léa Belooussovitch
À gauche : © Aurélien Mole / MAMC+ / À droite : © Léa Belooussovitch, courtesy de l’artiste / Galerie Paris-Beijing / photo : © Gaëlle Deleflie
Déjà-vu. Le Design dans notre quotidien
Du 8 janvier 2021 au 22 août 2021
MAMC - Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne • Rue Fernand Léger • 42270 Saint-Priest-en-Jarez
www.mam-st-etienne.fr
Léa Belooussovitch
Du 16 décembre 2020 au 15 août 2021
MAMC - Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne • Rue Fernand Léger • 42270 Saint-Priest-en-Jarez
www.mam-st-etienne.fr
Éric Manigaud
Du 16 décembre 2020 au 15 août 2021
MAMC - Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne • Rue Fernand Léger • 42270 Saint-Priest-en-Jarez
www.mam-st-etienne.fr
Musée d'Art et d'Industrie - Saint-Étienne
Ouvert tous les jours, sauf les lundis, de 10h à 18h.
2 Place Louis Comte • 42000 Saint-Étienne
www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr
Musée de la mine de Saint-Étienne
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
3 Rue du Maréchal Franchet d'Esperey • 42100 Saint-Étienne
www.musee-mine.saint-etienne.fr
Investir toutes sortes de lieux et de territoires : voici l’ambition de Bourges Contemporain, programmation estivale qui réunit aussi bien des musées, écoles et galeries d’art qu’un foyer d’accueil médicalisé, différents espaces publics et ruraux, et un lycée. Tout est gratuit, et les bonnes surprises sont nombreuses. En vrac : Myriam Mihindou en solo au Transpalette, des céramiques contemporaines explorant le thème « Habiter » au Château d’eau – Château d’art, une installation en cire de Marielle Bennezon exposée à une température de 122 degrés visible depuis la rue, un parcours aux multiples artistes orchestré par le commissaire Gunther Ludwig entre des granges, un silo, une cave viticole… L’art est ici vecteur de rencontres, avec des œuvres et avec des lieux, et se vit en mouvement. Chapeau !
À gauche : « Muraille 3 » et « Muraille 2 », 2020, Machiko Hagiwara / À droite : « RP—IL 03 », 2018, Ingrid Luche
À gauche : © Jean Frémiot / À droite : © Marc Domage et Courtesy Air de Paris, Paris
Bourges Contemporain 2021
Du 12 juin 2021 au 19 septembre 2021
Bourges • 11 Rue Jacques Rimbault • 18000 Bourges
www.ville-bourges.fr
La Villa Arson, école d’art niçoise à l’architecture splendide, ouvre son plus bel espace (un chouïa labyrinthique) aux tapisseries, sculptures et installations d’Otobong Nkanga. Née en 1974 à Kano au Nigeria, l’artiste s’intéresse aux paysages, à leur exploitation et aux corps qui les habitent, qui s’en imprègnent – son point de départ étant l’extraction ravageuse des minerais en Afrique. Morceaux de corps et photographies de terres intégrés à des tapisseries cosmiques, installation (destinée à être activée) de fruits et légumes d’Afrique de l’Ouest dont l’artiste met en évidence l’utilisation rituelle, vidéo qui fait se rencontrer différentes façons de parler anglais – dont le « broken english » –, empilement de savons (produits en 15 000 exemplaire pour la Documenta, leur vente a permis la construction d’un centre d’art)… Dotées d’un sens politique très fort, ses œuvres sont surtout d’une beauté et d’une grâce absolues, sollicitant tous les sens, allant jusqu’à nous éblouir, nous assourdir. Une claque.
Vue de l’exposition “When Looking Across the Sea, Do You Dream?” d’Otobong Nkanga
© photo : Jean Christophe Lett
Otobong Nkanga. When Looking Across the Sea, Do You Dream?
Du 12 juin 2021 au 19 septembre 2021
Villa Arson • 20 Avenue Stephen Liegeard • 06100 Nice
www.villa-arson.org
Élancée vers la mer, la Normande Granville a plus d’un tour dans son sac ! Preuve en est avec la deuxième édition de « Plein format », qui expose 45 photographies dans toute la ville. Encore une fois, l’art est prétexte à une belle balade attentive… Qui plus est, orientée vers le patrimoine, puisque les musées de la ville se sont unis pour mettre en valeur les chefs-d’œuvre de leurs collections respectives. Ceux-ci ont été photographiés par Benoit Croisy, puis répartis au sein du square Marland, sur la place de l’Isthme, ou encore dans l’Agora du quartier Saint-Nicolas. Et la ville devient musée.
Benoit Croisy, « Le chant de l’équipage » de Pierre Mac Orlan (auteur) & Semet et Plumelle (relieur) (1926)
Coll. Ville De Granville / Coll. Musée d’art moderne Richard Anacréon • © Benoit Croisy
Visuel à la une : vue de l’exposition « La Cité sous le Ciel » © CIUP
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