Article proposé par Exponaute

Francis Bacon, Autoportrait, 1976, © The Estate of Francis Bacon
Le face-à-face s’annonce passionnant. D’un côté, Francis Bacon, peintre britannique de la violence, de la puissance, du tragique, figure majeure de la peinture du XXème siècle; de l’autre, Bruce Nauman, sculpteur et vidéaste contemporain parmi les plus importants et les plus respectés. Voilà ce que proposera cet été le musée Fabre de Montpellier, une rencontre artistique née de la seule imagination de la commissaire de l’exposition entre deux artistes que rien ne semble ouvertement rapprocher.

Bruce Nauman, From Studies from Holograms, 1970 © Bruce Nauman ©ADAGP, Paris, 2017
C’est à l’occasion du double anniversaire du musée Fabre et du Centre Pompidou (l’un célèbre les dix ans de sa réouverture, l’autre souffle ses quarante bougies) que l’idée de créer un dialogue entre Bacon et Nauman est née, les deux artistes faisant partie des collections des deux musées. Deux artistes, deux générations mais quelques thématiques communes exprimées via des expérimentations qui, parfois, résonnent entre elles. Bacon et Nauman ont marqué le XXème siècle par la force de leurs propositions artistiques, par l’intention d’une expérience artistique forte, parfois violente et agressive.

Francis Bacon, Three Figures in a Room, Triptyque, 1964, Collection Centre Pompidou
L’un peintre d’un expressionnisme reconnaissable entre mille, maître de la figuration défigurée, l’autre conceptuel fasciné par le corps et par la forme, les deux grands artistes réunis dans cette exposition à venir partagent des interrogations fondamentales et quelques expériences formelles qui, si elles sont loin d’être identiques, se tournent vers le même horizon, exploitent la même puissance et suscitent une émotion toujours très vive. Bruce Nauman ne s’est jamais directement ou ouvertement inspiré de Francis Bacon.
Bruce Nauman, Double Poke in the Eye II, 1985, Tubes de néon et aluminium, 61 × 91 × 24,5 cm, Stuttgart, Froehlich Collection © photo Augustin Esslingen © ADAGP, Paris, 2017
Peut-être est-ce là l’intérêt de l’idée d’une confrontation, d’un dialogue virulent entre deux artistes qui partagent avant tout une conception de l’art et de l’oeuvre. C’est en tout cas ce que l’exposition de cet été nous promet d’explorer en divisant son parcours en plusieurs sections autour de thématiques et pratiques communes traitées par chaque artiste à sa manière. Le rapport entre les artistes sera frontal, le dialogue prendra forme de façon assez claire pour le visiteur qui, peu de doute là-dessus, aura matière à réfléchir.
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