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7 raisons de découvrir l’incroyable créatrice Yiqing Yin à la Cité de la dentelle et de la mode de Calais

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Yiqing Yin n’est pas une créatrice de mode comme les autres. Brouillant les frontières entre le vêtement, la sculpture et l’installation artistique, son univers poétique se déploie en ce moment à la Cité de la dentelle et de la mode à Calais au sein de sa première exposition monographique. Réussite fulgurante, inventions techniques, matériaux hors du commun… Voici 7 raisons d’aller la découvrir de toute urgence !

Certains créateurs s’aventurent hors des sentiers battus, donnent un nouveau souffle à la mode. Première Franco-Chinoise à avoir reçu l’appellation « haute couture », Yiqing Yin (née en 1985) fait partie de ces oiseaux rares. Présentée à Calais, sa première exposition monographique rassemble 60 de ses créations assorties de photographies, de parfums, de sons et de poèmes : une grande installation multisensorielle qui nous immerge dans son univers unique.

Son nom n’est pas très connu du grand public, mais sa carrière brillante accumule les succès et les collaborations prestigieuses. Ascension record, inventions techniques, matériaux hors du commun, création d’une robe parfumée futuriste… Voici 7 raisons qui font d’elle une créatrice étonnante qui plaira aussi bien aux passionnés de mode qu’aux amateurs d’art !

1. Sa réussite a été fulgurante

Portrait Yiqing Yin dans la robe Eclipse
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Portrait Yiqing Yin dans la robe Eclipse, 2024

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Robe en organza et mousseline plissés • © W&N

Attention, prodige ! En 2015, Yiqing Yin est devenue la première créatrice chinoise de l’histoire de la mode à recevoir l’appellation « haute couture ». En 2011, deux ans seulement après l’obtention de son diplôme à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, la jeune femme de 26 ans lance sa maison de couture et présente son premier défilé. La même année, elle fait partie des « huit talents à suivre » du Vogue France, et commence déjà à concevoir les costumes de courts-métrages publicitaires pour des marques prestigieuses, dont Swarovski (2011), Cartier (2012) et Guerlain (2013). Lauréate notamment du Globe de Cristal du meilleur créateur de mode en 2015, elle a habillé les actrices Audrey Tautou et Marion Cotillard, et les danseurs étoiles Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio pour le ballet Tristan et Isolde dirigé par Giorgio Mancini. Le tout avant de fêter ses 30 ans !

2. Elle a inventé une technique originale

Yiqing Yin, Robe Orchidée, collection haute couture automne-hiver 2012, Spring of Nüwa
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Yiqing Yin, Robe Orchidée, collection haute couture automne-hiver 2012, Spring of Nüwa, 2024

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Robe surpiquée à effet tridimensionnel et inserts de panneaux plissés • © Laurence Laborie

Ses robes en organza de soie, mousseline ou lin sont souvent faites de mille plissés qui se contorsionnent pour créer des formes surprenantes. Pour obtenir ce « flou architecturé », Yiqing Yin a mis au point sa propre technique de plissé-drapé dérivée des smocks. « Ce qui était une façon pour moi de contourner mes lacunes, et que je me sentais gênée de présenter sur un podium pour mon premier défilé, est finalement devenu ma marque de fabrique, explique-t-elle. Au départ, je ne connaissais pas les codes de la couture. J’ai donc tâtonné, cherché mes propres solutions. Je me suis mise à faire des robes avec un seul grand rectangle de tissu non coupé, que j’arrangeais, sculptais sur le corps par le biais du plissé. Le tout est maintenu par un simple fil qui, quand il est tiré, modifie les volumes, crée des ondulations. La forme apparaît peu à peu. Il y a une notion d’aléatoire, une espèce de magie. »

3. Ses formes hybrides s’inspirent de la poésie de la nature

Yiqing Yin, Robe Crépuscule, collection haute couture printemps-été 2016, Blooming Ashes
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Yiqing Yin, Robe Crépuscule, collection haute couture printemps-été 2016, Blooming Ashes, 2024

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Robe sculpturale ajourée en tulle et armature filaire gainée de fils et rebrodée de perles métalliques • © Laurence Laborie

Une fleur, la nageoire ou la branchie d’un poisson, un souffle de vent, un bouillon d’écume, une souche de bois séché… Yiqing Yin s’inspire beaucoup de la nature. L’air, l’eau, le végétal, le minéral et l’animal se rencontrent dans des pièces aux formes organiques et hybrides, qui semblent muer sous nos yeux. Certaines citent de façon très littérale ces éléments naturels, comme « Calypso » (2013–2014), une robe écarlate qui enveloppe le buste et le visage de sa porteuse (telles les ronces de la Belle au bois dormant ?) de fausses branches de corail rouge. Un style infiniment poétique !

4. Ses robes convoquent tous les arts

Yiqing Yin, Robe Écume, collection haute couture automne-hiver 2013-2014, Les Rives de Lunacy
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Yiqing Yin, Robe Écume, collection haute couture automne-hiver 2013–2014, Les Rives de Lunacy, 2024

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Robe sculpture souple brodée de mousse de coton matelassée et sertie de gaze d’hôpital, perlages et points noeuds, sur une base d’organza de soie • © Laurence Laborie

Imprégnée par sa formation de plasticienne, Yiqing Yin entremêle tous les arts dans ses créations. Tandis que sa grande robe en jacquard mouchetée de bleu et de rouge (« Orphée », 2013–2014) ressemble à une grande peinture abstraite, ses robes aux complexes circonvolutions de plissés, telles que « Zeus » (2011–2012), « Corail » (2011–2012) et « Grès » (2012–2013), s’admirent comme des sculptures, de même que les structures et volumes solides de « Cage » (2012–2013), « Calypso », « Écume » (2013–2014) et « Crépuscule » (2016). La photographie figure également parmi ses sources d’inspiration : amatrice notamment du flou de Sarah Moon et des intrigantes structures végétales de Karl Blossfeldt, elle a même décliné en robe une photographie poétique de Bruno Aveillan, en en tirant l’imprimé bleuté et brumeux de « Méduse » (2012–2013). Dans l’exposition (réalisée par la commissaire Sylvie Marot), ses créations s’accompagnent de poèmes de sa main tracés sur les cimaises, de parfums (imaginés avec Dominique Ropion) et de superbes photographies de Laurence Laborie, composant ainsi de véritables installations d’art.

5. Elle utilise des matières hors du commun

Yiqing Yin, Portrait de Yiqing Yin dans la robe Vertebrae. Collection haute couture printemps-été 2013, Sur le fil
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Yiqing Yin, Portrait de Yiqing Yin dans la robe Vertebrae. Collection haute couture printemps-été 2013, Sur le fil, 2024

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© Laurence Laborie

Dans son studio-laboratoire, Yiqing Yin apprivoise de nombreuses matières inattendues, comme de la mousse de coton matelassée empaquetée dans de la gaze d’hôpital pour sa robe « Écume » qui semble faite de neige, ou encore des écailles de rhodoïd (feuille plastique à base d’acétate de cellulose) nacrées pour sa veste « Snake » (2015–2016), ou encore des plumes arrangées en dégradé de couleurs pour sa spectaculaire robe « Cage ». D’autres matériaux sont modifiés par des techniques inventives : des poudres métalliques et minérales font scintiller les fibres multicolores de sa robe « Éclipse » (2024) grâce au procédé de la nanoteinture, de l’organza détissé prend l’apparence de mèches de cheveux pour « Vertebrae » (2013), de l’alcantara s’orne de motifs ajourés découpés au laser (« Chili », 2012–2013), tandis que sa robe « Valkyrie » (2016) est faite d’un tressage de cordes et de lacets laqués.

6. Elle a créé une robe parfumée futuriste

Yiqing Yin, Robe Minima Naturalia
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Yiqing Yin, Robe Minima Naturalia, 2024

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Robe bijou formée de perles de cristal enroulées à la main d’organza ultraléger et de pans plissés d’organza microencapsulé d’un parfum aux essences de narcisse de Lozère et de jasmin d’Inde • © Laurence Laborie

Au sein de l’exposition se trouve une création particulièrement originale et poétique : « Minima Naturalia » (2021). Commandée par Lille3000 pour Futurotextiles et le pavillon français de la 35e Exposition universelle à Dubaï, cette superbe robe-bijou immaculée en perles de cristal enroulées dans des spirales tubulaires d’organza liquide dégage des effluves de narcisse et de jasmin – une création olfactive de Dominique Ropion qui se diffuse uniquement lors du frottement avec la peau de la personne qui la porte, grâce à des microcapsules incorporées à l’organza par foulardage. L’héritière futuriste des vêtements parfumés de l’Antiquité et des colliers odorants de perles d’ambre noir de la Renaissance !

7. Une étrange féerie habite ses créations

Yiqing Yin, Robe Shalimar, collection haute couture automne-hiver 2013-2014, Les rives de Lunacy
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Yiqing Yin, Robe Shalimar, collection haute couture automne-hiver 2013–2014, Les rives de Lunacy, 2024

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Robe en tulle perlé de résine et en organza brodé de fragments de dentelle mécanique et de cristaux. • © Laurence Laborie

Robes couleur de lune, de larmes ou d’orage : les créations de Yiqing Yin semblent tout droit sortir de l’univers du conte de fées Peau d’Âne. À ses tenues en fourrure, où l’élégance des tsarines rencontre les tenues tribales des Amérindiennes et des femmes Inuit, se mêlent des habits de princesses, à l’image de sa robe « Shalimar » en tulle et organza brodé de dentelle et de cristaux. Mais cette féerie n’a rien de mièvre : une atmosphère d’inquiétante étrangeté flotte également dans ses créations. Les plissés de « Zeus » prennent la forme d’un visage fantomatique d’homme barbu courroucé. Certaines évoquent des écorchés de planches anatomiques, des ossements sur fond noir ou des liens de bondage. Un brin maléfique, sa robe « Crépuscule » semble faite d’entrelacs de ronces, qui se rejoignent au niveau du ventre pour former une sorte d’araignée aux longues pattes noires… Toute l’ambivalence des contes merveilleux en mille et une rêveries de fils !

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Yiqing Yin. D’air et de songes

Du 14 juin 2025 au 4 janvier 2026

www.cite-dentelle.fr

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