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Sarah Moon en 2 minutes

En bref

Son esthétique de l’évanescence est reconnaissable entre toutes. Sarah Moon (née en 1941), dont le nom seul porte à la rêverie, fut d’abord mannequin avant de passer dans les coulisses de la mode. Devenue photographe, elle se fait connaître en réalisant une campagne publicitaire pour la marque Cacharel, cultivant l’image de la candeur. Comme le dit l’artiste, elle cherche dans ses photographies à raconter des histoires, à faire œuvre de fiction, et non à reproduire le réel. Son travail n’est pas documentaire mais poétique.

Ilona Suschitzky, Portrait de Sarah Moon
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Ilona Suschitzky, Portrait de Sarah Moon

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© Ilona Suschitzky

Elle a dit

« Je ne témoigne de rien, j’invente une histoire que je ne raconte pas, j’imagine une situation qui n’existe pas, je crée un lieu ou j’en efface un autre, je déplace la lumière, je déréalise et puis j’essaie. »

Sa vie

Sarah Moon est née en 1941, à Vernon. Elle fait des études en Angleterre, puis entame une carrière de mannequin (elle pose notamment pour le photographe Guy Bourdin, qui cultive l’esthétique du glam). Elle débute aussi son activité de photographe. Nous sommes en plein dans les années 1960, qui voient un premier mouvement de libération de la femme.

L’artiste adopte le pseudonyme de Sarah Moon en 1970. Tout de suite, elle travaille pour le milieu de la mode, qui n’est pas encore une industrie mondialisée. Elle collabore à la création d’images publicitaires iconiques notamment pour Cacharel, Chanel et Dior, en échappant à l’iconographie classique des gravures de mode.

L’esthétique des œuvres de Sarah Moon se caractérise par leur poésie mais aussi leur densité. Pourtant, les couleurs sont froides ou rares, tranchant avec la jeunesse des modèles, et le vide s’y exprime souvent. Sarah Moon cultive l’esthétique du flou, comme si les êtres et les situations étaient placés de manière imprécise dans le temps et l’espace.

De cette réflexion sur le temps nait la mélancolie inhérente aux œuvres de Sarah Moon : toute image fixée est celle d’un instant qui ne reviendra jamais plus. Cette quête n’est pas celle du souvenir mais de l’insaisissable. La disparition est comme déjà présente dans ces images d’où les modèles semblent immerger et s’effacer tout à la fois.

Dans les années 1990, parallèlement à son travail appliqué, Sarah Moon développe un travail personnel et réalise son premier long métrage Mississipi One, puis continue avec des portraits (Henri Cartier-Bresson, Lillian Bassman, Robert Delpire, André François) et cinq contes où sont mêlés photos et films.

Elle reçoit notamment le Grand Prix national de la photographie en 1995 en France, à l’occasion d’une rétrospective. L’œuvre de l’artiste est régulièrement exposée dans le monde entier. Elle vit et travaille actuellement à Paris.

Ses œuvres clés

Sarah Moon, Cacharel
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Sarah Moon, Cacharel, 1976

Cacharel, 1976

Les images romantiques de Sarah Moon sont indissociables de la marque Cacharel jusque dans les années 1990. L’esprit énigmatique et évanescent de son travail y est incarné par des jeunes femmes au visage préraphaélite, unies dans leur sororité, dans un univers nimbé de douceur et de mystère. De cette photographie en noir et blanc se dégage à la fois de la poésie et une forme de nostalgie, insaisissable mais séduisante.

Sarah Moon, Yohji Yamamoto
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Sarah Moon, Yohji Yamamoto, 1996

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© Sarah Moon

Yohji Yamamoto, 1996

L’esthétique pictorialiste hante l’univers de Sarah Moon, cultivant le flou, mais aussi la couleur. Dans ses photographies de mode, Sarah Moon nous offre l’illusion d’entrer dans un monde de contes, avec toutes les ambivalences que comporte ce genre littéraire, entre innocence et effroi.

Sarah Moon, Les Tulipes
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Sarah Moon, Les Tulipes, 2003

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© Sarah Moon

Les Tulipes, 2003

Les thèmes affectionnés par Sarah Moon depuis les années 1990 se sont élargis au-delà des frontières de la mode, et même de l’image de la femme. La nature morte, par exemple, occupe une part importante dans son œuvre. On perçoit bien les références artistiques sous-jacentes qui animent l’imagination de l’artiste. D’autres mises en scène, avec modèles, rendent hommage à Malévitch, Bonnard ou Henri Matisse.

Par • le 8 février 2021
Retrouvez dans l’Encyclo : Sarah Moon

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