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COMPIÈGNE

À Compiègne, la fabuleuse collection de vases grecs d’Antoine Vivenel, mécène et architecte du XIXe siècle

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Publié le , mis à jour le
Elle devait se terminer fin décembre mais la voilà prolongée jusqu’au 16 juin prochain : l’exposition des vases grecs d’Antoine Vivenel (1799–1862), au musée qui porte son nom à Compiègne (Oise), mérite le détour. Et pour cause, les objets sont issus d’une collection exceptionnelle (la deuxième plus importante après celle du musée du Louvre) réputée pour la diversité des scènes représentées, ses peintres de renom, sa finesse de trait et ses détails…
Coupe – Athlète
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Coupe – Athlète

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Coll. musée Antoine Vivenel, Compiègne • Photo Ch. Schryve

Des vestiges en provenance de la Grèce antique, qui remontent à plus de 500 avant J.-C., parfaitement conservés ou restaurés… Les vases exposés au centre Antoine Vivenel, au cœur de la ville de Compiègne, nous racontent la vie quotidienne au pays d’Homère, les mythes, les batailles, les rites religieux, avec une précision et un graphisme singulier qui ont fait la renommée de quelques peintres (le peintre de Darius, de la Balançoire, du Mariage…). Certains signaient même leurs œuvres.

Une soixantaine d’objets sont ainsi dévoilés, parmi les plus remarquables de la collection riche de 250 pièces acquises en salle des ventes et chez les antiquaires entre 1825 et 1848. À l’origine de ce fabuleux ensemble, on trouve un passionné d’art et d’archéologie

Des trésors de l’Antiquité

Vue de l’Exposition « SO GREEK ! Lumière sur la collection de vases grecs d’Antoine Vivenel » au musée Antoine Vivenel, à Compiègne, 2025
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Vue de l’Exposition « SO GREEK ! Lumière sur la collection de vases grecs d’Antoine Vivenel » au musée Antoine Vivenel, à Compiègne, 2025

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© Édouard Bernaux / Agglomération de la Région de Compiègne

Entrepreneur et architecte, Antoine Vivenel a fait fortune à Paris grâce à ses entreprises de construction. Il passait ainsi son temps à chiner des pépites, rassemblant près de 4 000 pièces datant de la Préhistoire jusqu’au milieu du XIXe siècle et venant des quatre coins du monde. Dans l’idée de créer un musée des études avec une école gratuite d’arts appliqués, il fit don de la totalité de sa collection à la ville de Compiègne en 1839. Il a toutefois fallu attendre plus d’un siècle, en 1952, pour que s’ouvre enfin le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie Antoine Vivenel – son principal atout demeurant les antiquités méditerranéennes…

Car l’homme avait l’œil pour les trésors : il a pris soin de dénicher des poteries très variées, au moment où les fouilles archéologiques en Italie et en Grèce faisaient l’actualité. Les plus spectaculaires ? Ses immenses amphores panathénaïques qui nous accueillent à l’entrée de l’exposition : l’équivalent des trophées remis aux vainqueurs des Jeux d’Athènes, alors remplies d’huile provenant d’oliveraies sacrées de l’Attique.

Leurs silhouettes bombées comme des œufs, resserrées au col et au pied impressionnent d’emblée. Elles sont munies de deux faces, l’une représente la déesse guerrière Athéna, et l’autre l’épreuve sportive remportée par l’athlète (course à pied, course de chars, lutte, etc.) L’iconographie grecque fascine autant que la technique employée : figures noires représentées de profil (une convention héritée de l’Égypte) sur fond rouge orangé (couleur naturelle de l’argile), rehaussées d’un fin filet blanc pour souligner les musculatures… Il faut trois étapes de cuisson et une maîtrise parfaite de l’engobe (barbotine d’argile fine) pour obtenir ce résultat en trois teintes.

Coupe par le peintre du Mariage
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Coupe par le peintre du Mariage

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Terre cuite • Coll. Musée Antoine Vivenel • © Musée Antoine Vivenel, Compiègne / Photo Ch. Schryve

Autre rareté, le psykter du célèbre peintre de Cléophradès acheté par le collectionneur en 1841. Ce vase, qui se plaçait au centre d’un cratère pour refroidir le vin, représente le demi-dieu Héraclès vêtu d’une peau de lion, muni de sa massue et d’un arc. À côté, se tient le dieu du vin Dionysos brandissant un rameau de lierre. Si la technique de la figure rouge (jugée plus réaliste) prédomine, quelques détails peints en noir, comme les cheveux, la ceinture, des coupes, rehaussent le tout. Fabuleux !

Des dieux grecs à notre quotidien contemporain

Dans cette partie de l’exposition reconstituant un banquet en « U », la plupart des pièces évoquent ainsi Dionysos ; plus loin, on repère Héraclès ou encore le dieu Hermès, notamment sur une coupe renversée dont le pied est en réalité un sexe masculin en érection. Une étonnante invocation à la fertilité ici éloignée du visiteur par une cloison : on la regarde discrètement depuis une ouverture avant de s’en aller.

Coupe – Masque de la Gorgone
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Coupe – Masque de la Gorgone

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Terre cuite • Coll. Musée Antoine Vivenel, Compiègne • © Musée Antoine Vivenel, Compiègne / Photo Ch. Schryve

La visite s’achève dans le musée Antoine Vivenel, logé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle (à quelques mètres du centre), avec les « vases grecs modernes » de la designer polonaise Ola Mirecka. La surface irrégulière de ces céramiques (qui révèle leur nature de pastiche) est recouverte de scènes de notre vie quotidienne : télétravail au salon, position de yoga, couple dans son lit rivé sur des smartphones… Une charmante dérision de notre contemporanéité qui fait le pont entre nos coutumes modernes et celles de la Grèce antique, berceau de notre civilisation.

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So greek ! Lumière sur la collection de vases grecs d’Antoine Vivenel

Du 15 juin 2024 au 16 juin 2025

www.musees-compiegne.fr

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