Des dessins d’architectes, un hommage à Cabu, un bestiaire inattendu, une artiste brésilienne dont c’est la première exposition en France, l’éblouissement d’un peintre contemporain… Des propositions aussi diverses que les lieux où elles prennent place.
Car, en février, les expositions gratuites nous mènent dans différents coins de France sur des chemins à la fois riches et variés. De quoi garder des sous pour réserver un spectacle ou s’offrir un bon livre… En attendant, suivez le guide !
Vue de l’inauguration de l’exposition « Cabu. Un homme libre » à la Duduchothèque de Châlons-en-Champagne, 2025
© Christophe Manquillet
Les célébrations du 7 janvier dernier ont rappelé à la mémoire de tous l’attentat qui a meurtri Charlie Hebdo – et emporté Cabu (1938–2015), génial dessinateur, père entre autres du Grand Duduche. Pour lui rendre hommage, et surtout prendre un plaisir fou à (re)voir ses dessins, on pourra se rendre à Châlons-en-Champagne (sa ville de naissance), dans la Marne, où la Duduchothèque propose cet hiver l’exposition « Cabu, un homme libre ». Sur les murs, s’exposent différentes feuilles traitant de la liberté d’expression, mais aussi de l’injustice et de la violence de la censure… Ouverte depuis la fin de l’année 2018, la Duduchothèque « œuvre à la construction de la mémoire de Cabu, se félicite le maire de la ville Benoist Apparu. Nous en avons fait un lieu de rencontre, un lieu d’apprentissage, un lieu de culture où l’humour est, comme le disait Cabu lui-même, au service de la liberté d’expression. » Une mission qui reste d’actualité.
Cabu. Un homme libre
Du 7 janvier 2025 au 29 mars 2025
Duduchothèque • 68 Rue Léon Bourgeois • 51000 Châlons-en-Champagne
www.chalons-tourisme.com
Vue de l’exposition personnelle d’Olivier Marty, … m’étant égaré en chemin, 2025, à l’Espace d’art contemporain Camille Lambert, 2025
© Laurent Ardhuin
À Juvisy-sur-Orge, dans l’Essonne, l’École d’art Camille-Lambert se double d’un sympathique espace d’exposition, dont la programmation est bien souvent réjouissante. En ce moment, place au peintre et dessinateur Olivier Marty (né en 1961), dont les œuvres ont un je-ne-sais-quoi de gracieux et d’aérien qui touche au cœur. L’homme travaille en deux temps, nous explique-t-on : d’abord, immergé dans le paysage, il prend note de sensations de campagne, d’impressions de villes et de banlieues, en dessinant, en photographiant, en filmant. Puis, les poches chargées de ces impressions, il retourne au bercail, dans son atelier d’Ivry-sur-Seine, et travaille à ses œuvres finales, des compositions abstraites qui évoquent là une Pinède (le Brusc) (2024), ici un joyeux Jardin d’enfance (2024), ou encore une superbe et musicale Grande pépinière (2020). La visite offre un moment de pure contemplation, dans le calme de cet espace peu visité, mais peuplé de visions absolument captivantes…
Olivier Marty. "...m'étant égaré en chemin"
Du 11 janvier 2025 au 22 février 2025
École et espace d’art contemporain Camille Lambert • 35 Avenue de la Terrasse • 91260 Juvisy-sur-Orge
www.cnap.fr
Ch.E. Jeanneret (futur Le Corbusier), Istanbul, mosquée Suleymaniye, 1911
Photo © D. Pauly
C’est une première : installée dans l’hôtel de Chaulnes place des Vosges à Paris, l’Académie d’architecture ouvre pour la première fois ses portes au public à l’occasion d’une grande exposition gratuite. Sur les murs : des dessins d’architectes, qui ont pour point commun d’avoir été réalisés en voyage, esquissés rapidement dans des carnets ou soigneusement aquarellés. Signées de grands noms comme Henri Labrouste (à Rome), Le Corbusier (à Athènes ou Istanbul), Álvaro Siza (à Venise) ou Tadao Andō (à l’abbaye du Thoronet), mais aussi d’architectes contemporains plus confidentiels, les feuilles révèlent différents rapports aux paysages et aux architectures, certains s’attardant sur des monuments classiques de l’histoire de l’architecture tels que l’Alhambra ou l’Acropole ; d’autres sur des bâtiments pauvres, des villages de constructions vernaculaires, des ruelles.
Voyager, dessiner...
Du 3 février 2025 au 14 février 2025
Académie d'architecture • 9 Place des Vosges • 75004 Paris
www.academie-architecture.fr
Cristina Barroso, Nowhere Everywhere, 2024
Acrylique et collage sur planisphère • 185 × 145cm • © Cristina Barroso
Parmi les événements de l’année France-Brésil, on note la monographie que la Maison de l’Amérique latine consacre à la plasticienne Cristina Barroso (née en 1958), méconnue du public français malgré une importante carrière internationale. Celle-ci s’est notamment établie autour d’œuvres cartographiques, détournements poétiques de cartes du monde découpées, assemblées, peintes, pour « redessiner les contours d’un monde tel que le vit l’artiste, analyse le commissaire de l’exposition Léo Marin, souvent plus vaste, plus morcelé ou plus éloigné qu’il ne semble être ». Mais, précise-t-il, cette exposition veut aller plus loin et présenter d’autres œuvres, d’autres recherches, qui travaillent avec la mémoire, le temps et le souvenir, au fil de créations qui jouent encore une fois de collages et d’associations insolites, entre les cultures brésiliennes et occidentales, avec, comme fil rouge, une puissante palette chromatique. Magnifique découverte !
Cristina Barroso. La Rivière intérieure (O Rio interior)
Du 30 janvier 2025 au 29 mars 2025
Maison de l'Amérique latine • 217 Boulevard Saint-Germain • 75007 Paris
www.mal217.org
Robert Combas, Scène de flirt animalier, 1986
Huile sur toile libre • 211 × 188,5 cm • Coll. musée d’art contemporain, Marseille • © Musées de Marseille / Agence photographique RMN / Photo Benjamin Soligny et Raphaël Chipault / © Adagp, Paris 2024
Les animaux ont le vent en poupe ! Alors qu’à Cergy-Pontoise, le festival du Regard expose actuellement six photographes animaliers (dont Vincent Munier et Michel Vanden Eeckhoudt) qui renouvellent le genre, les musées de Marseille s’unissent pour mettre en lumière différentes représentations des animaux conservées dans leurs collections. Réunies au Préau des Accoules, un espace muséal dédié aux enfants, les œuvres sont datées de l’Antiquité égyptienne à nos jours et forment ensemble un bestiaire aux mille et une formes, rescapées de fouilles archéologiques ou signées Victor Brauner, César, Robert Combas. L’ensemble revient avec pédagogie sur les symboles associés aux animaux, leurs mythes, leurs mystères… Racontant finalement autant sur les hommes que sur la faune qui peuple leur environnement et leur imaginaire !
C’est pas bête. La représentation animale dans les collections des Musées de Marseille
Du 13 novembre 2024 au 26 juillet 2025
Préau des Accoules • 29 Montée des Accoules • 13002 Marseille
musees.marseille.fr
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