Cherbourg

À la Cité de la mer de Cherbourg, de nouveaux objets issus du Titanic exposés dans un parcours immersif

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Le Titanic en rade de Cherbourg
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Le Titanic en rade de Cherbourg, 10 avril 1912

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© Collection Claude Molteni De Villermont

Une tasse en porcelaine, une pipe à tabac, une gourmette gravée du prénom Amy, une brosse à chaussure… Ces objets quotidiens du début du XXe siècle n’ont l’air de rien, mais émeuvent forcément lorsque l’on songe à leur destin : ils appartenaient à des passagers du Titanic, et ont été engloutis avec eux, à 3 800 mètres de profondeur au milieu de l’Atlantique Nord, la nuit du 14 au 15 avril 1912.

Ces pièces remontées à la surface sont aujourd’hui exposées pour deux ans à la Cité de la mer à Cherbourg, au sein d’un parcours permanent consacré au paquebot, accessible depuis le majestueux édifice Art déco de l’ancienne Gare maritime transatlantique.

Pourquoi Cherbourg ? C’est ici, dans la rade normande, que « l’insubmersible » fit escale le 10 avril 1912, après son départ de Southampton, embarquant alors 281 passagers. Aussi, l’espace muséal « Titanic, retour à Cherbourg » invite les visiteurs, depuis 2012, à revivre son voyage inaugural à travers une impressionnante scénographie immersive enrichie de documents d’archives.

À bord du Titanic

Parcours « Familles & Enfants » pour l’exposition « Titanic » à la Cité de la Mer
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Parcours « Familles & Enfants » pour l’exposition « Titanic » à la Cité de la Mer, 2025

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© Aymeric Picot

À un film sur écran panoramique, s’ajoutent de minutieuses reconstitutions de la capitainerie, de cabines et des ponts des différentes classes. L’émotion nous saisit face aux grilles fermées dans un couloir de troisième classe, rappel que certains des passagers les moins fortunés périrent pris au piège. Ou encore lorsque les survivants se souviennent de la vie à bord du paquebot.

Au cœur des salles cossues qui restituent l’atmosphère de la première classe, est donc présentée sous vitrines une collection, renouvelée tous les deux ans, de 42 objets, pièces de vaisselle ou effets personnels, sélectionnés parmi les 5 500 remontés du champ de débris de l’épave par la société américaine RMS Titanic, Inc., avec laquelle la Cité de la mer a noué un partenariat il y a dix ans.

D’émouvants objets qui racontent un peu de leur propriétaire

Dans les affaires de Marian Meanwell, cette carte avec une photographie d’une personne non identifiée
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Dans les affaires de Marian Meanwell, cette carte avec une photographie d’une personne non identifiée

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© Handiprint

L’équipe scientifique cherbourgeoise a enquêté sur quelques-unes de ces pièces qui seront exposées jusqu’en 2027. L’objectif ? Mieux connaître leur histoire ainsi que celle de leur propriétaire. On découvre alors la seule et unique photographie qui ait survécu au naufrage : celle d’une femme non identifiée, retrouvée dans le sac en crocodile (raison de l’excellent état de conservation du document) d’une passagère de troisième classe, Marian Meanwell, partie rejoindre sa fille sur le continent américain. Parmi ses effets figurent aussi un reçu du théâtre royal de Birmingham et une carte de contrôle sanitaire des services de l’immigration de la White Star Line. Celle-ci révèle – ironie du sort – que la Britannique devait initialement voyager à bord du Majestic et fut transférée à la dernière minute sur le Titanic en raison d’une grève.

Vitrine « Fragments d’histoires » à la La Cité de la Mer pour l’exposition « Titanic »
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Vitrine « Fragments d’histoires » à la La Cité de la Mer pour l’exposition « Titanic », 2025

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© Handiprint

Autre artefact marquant : un sac en cuir qui aurait appartenu à William Murdoch, premier officier du paquebot (l’un des premiers à avoir aperçu l’iceberg et à donner l’alerte), comprenant notamment sa pipe et ses boutons d’uniforme. D’autres objets du quotidien tels qu’une assiette en porcelaine ornée de motifs floraux, une carafe à liqueur peinte à la main ou un verre en cristal de troisième classe témoignent, quant à eux, du luxe de ce palace flottant. Un faible échantillon cependant du faramineux trésor qui gît encore au fond de l’Atlantique… Dont une Diane de Versailles, réplique en bronze de 60 cm de haut d’un original conservé au musée du Louvre, qui a été localisée sur le site de l’épave en septembre dernier.

Découverte en 1985 dans les eaux internationales par une équipe franco-américaine, l’épave du Titanic a fait l’objet de plusieurs expéditions, dont certaines dues au Français (et figure cherbourgeoise) Paul-Henri Nargeolet, plongeur passionné qui a supervisé la remontée de nombreux objets. Disparu en 2023 lors de l’expédition très médiatisée du sous-marin Titan, la Cité de la mer lui rend hommage au travers d’un petit arrosoir de porcelaine, son artefact préféré.

Une épave menacée de disparition

Mais depuis 2004, plus aucun objet n’a pu être ramené à la surface. Car l’opération, extrêmement délicate à 3 800 mètres de profondeur, doit faire l’objet d’un projet scientifique rigoureux validé par une juge américaine d’Atlanta, ville où sont stockés dans le plus grand secret les vestiges du Titanic gérés par RMS Titanic Inc, la seule entité légalement autorisée à fouiller l’épave. Celle-ci étant, de plus, considérée comme une sépulture, les incursions à l’intérieur du bateau sont sujettes à controverse…

La statue « Diane de Versailles » trouvée dans l’épave du Titanic
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La statue « Diane de Versailles » trouvée dans l’épave du Titanic

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Courtesy RMS Titanic

Pourtant, l’épave, rongée par des micro-organismes, se désagrège inexorablement et de manière exponentielle, comme le montre la chute d’une partie du garde-corps de la proue du navire – mythique depuis la scène culte du film Titanic de James Cameron – récemment constatée grâce aux images 3D capturées lors de la dernière expédition. Le Titanic devrait disparaître, selon les experts, d’ici 5 à 50 ans…

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Titanic, retour à Cherbourg

www.citedelamer.com

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