À gauche, la statue « Diane de Versailles » qui n’avait plus été vue depuis 1986. À droite, le Titanic à Southampton le 10 avril 1912
Courtesy RMS Titanic
L’un des trésors engloutis il y a 112 ans lors du terrible naufrage du Titanic vient de refaire surface. Lors d’une expédition sous-marine menée à l’occasion de l’enquête sur l’implosion, en juin 2023, du submersible Titan, la société américaine RMS Titanic Inc. (détentrice des droits de récupération sur le site de l’épave) a retrouvé la statue en bronze Diane de Versailles, que l’on pensait perdue à jamais !
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le paquebot britannique avait coulé au large de Terre-Neuve (Canada) après avoir heurté un iceberg dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord, entraînant la mort d’environ 1 500 passagers et membres d’équipage.
Haute de 60 centimètres, cette copie en format réduit de la statue du même nom qui trône au musée du Louvre (réplique du IIe siècle d’une statue antique du IVe siècle avant J.-C. représentant Diane, déesse romaine de la chasse) était posée sur le manteau de cheminée du « grand salon » du Titanic – une vaste pièce de style Louis XV où les passagers de première classe pouvaient se détendre en jouissant d’une vue panoramique sur l’océan. Photographiée dans l’épave en 1986 à 3 800 mètres de profondeur par un océanographe, l’œuvre n’avait ensuite pas pu être localisée.
La statue en bronze « Diane de Versailles » à bord du Titanic
Photo João Gonçalves / Courtesy RMS Titanic
Le fait qu’elle soit en bronze lui a permis de survivre sous l’eau durant plus d’un siècle. La photographie la montre partiellement enfouie dans des sédiments, mais clairement identifiable, jusqu’aux plis raffinés de la tunique de la déesse.
La société RMS Titanic Inc. en a profité pour cartographier entièrement l’épave et son champ de débris.
Mais la joie d’avoir retrouvé la sculpture a été contrebalancée par une découverte attristante : l’effondrement de l’emblématique rambarde de proue (qui était encore debout en 2022) entourant le pont avant du navire. La société RMS Titanic Inc. en a profité pour cartographier entièrement l’épave et son champ de débris, afin de permettre d’identifier les artefacts importants en vue d’une récupération future.
La statue « Diane de Versailles » trouvée dans l’épave du Titanic
Courtesy RMS Titanic
Le luxueux navire, qui comptait à son bord de nombreux aristocrates et millionnaires, a sombré avec les nombreux trésors qui décoraient ses salons et cabines, ou que des passagers avaient dans leurs bagages. Parmi eux, La Circassienne au bain du peintre néoclassique français Merry-Joseph Blondel (1814) et un recueil de poèmes persan du XIe siècle décoré d’or et de pierres précieuses. La présence à bord des Demoiselles d’Avignon de Picasso et des Nymphéas de Monet, que l’on aperçoit dans la cabine de Rose dans le film de James Cameron (1997), est en revanche une invention du réalisateur canadien – et un anachronisme en ce qui concerne le tableau impressionniste puisque ce dernier a été peint dans les années 1920, environ dix ans après le naufrage !
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