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Shiva et Parvati, Inde du Nord, XIXe siècle
© Muciv - ex-Mnao
Uma et Shiva (Umamaheshvara),, Uttarakhand - Xe-IXe siècles
Amour divin
Cette sculpture en grès des Xe-IXe siècles – l’une des pièces maîtresses du Museo delle Civiltà – représente Shiva et son épouse Uma (sa première femme avant Parvati), presque nus mais couverts de bijoux. Assis l’un à côté de l’autre, leur position exprime leur amour réciproque. Le dieu passe tendrement son bras autour d’elle, tandis qu’elle le regarde dans les yeux et pose sa main sur son pied. La complicité qui les unit et la sensualité des corps, contrebalancées par des poses sereines et chastes, introduisent ici une tension entre le renoncement ascétique, caractéristique de Shiva, et un érotisme évident !
© Muciv _ ex-Mnao
Shiva, seigneur de la danse (Shiva Natesha), Tamil Nadu, vers 875 après J. C.
Shiva dansant
L’image la plus célèbre de Shiva le représente en train de danser, auréolé de ses multiples bras. Au rythme de sa danse à la fois cosmique et intérieure, les univers sont continuellement créés, maintenus et détruits. Datée du IXe siècle et réalisée selon la technique du moulage à la cire perdue, cette sculpture en alliage de cuivre très raffinée a été conçue pour être transportée à l’extérieur du temple et portée en procession sur des chars. Le dieu danse sur le dos d’un petit être qu’on aperçoit sous ses pieds : le démon de l’oubli.
Buste de Vamana (« le nain »), avatar de Vishnou, Inde centrale et du Nord, Xe siècle
Un nain pas si petit
Gardien de l’univers, Vishnou est l’un des trois dieux les plus importants de l’hindouisme avec Shiva et Brahmâ. Petit sourire, yeux en amande mi-clos, colliers harmonieux… Une grande sérénité se dégage de cette sculpture en grès du Xe siècle qui représente Vamana, cinquième avatar de Vishnou. Vamana est satisfait de sa victoire sur le démon Bali, qui convoitait le ciel, la terre et les enfers. Changé en nain, il lui a proposé de partager le monde en deux parties : la première, qu’il mesurerait en faisant trois pas, resterait sous la responsabilité des dieux ; la seconde reviendrait à Bali. Ce dernier a accepté, pensant faire une bonne affaire. Mais le dieu, malicieux, a alors repris sa forme initiale et parcouru en trois pas la totalité des trois mondes, sauvant ainsi l’univers !
© Muciv _ ex-Mnao
La bataille de Lanka, Rama terrassant le démon Ravana, Bikaner, Rajasthan, XVIIIe siècle
Singes contre démons
Poème épique indien en 24 000 couplets composé entre le IIIe siècle avant notre ère et le IIIe siècle après J.-C., le Râmâyana raconte les aventures de Rama, septième avatar de Vishnou. Dans l’un des épisodes relatés, Hanuman, dieu-singe et patron des lutteurs et des acrobates, aide Rama dans sa bataille contre Ravana, un démon à dix têtes et vingt bras qui règne sur Lanka. Sur cette superbe peinture multicolore sur papier comprenant une centaine de personnages, le combat est représenté minutieusement. À gauche, entouré de ses combattants démoniaques, Ravana vient de tomber à terre, vaincu par une flèche décochée par Rama (reconnaissable à sa peau bleue) depuis son char, suivi par la horde furieuse des singes de l’armée d’Hanuman.
© Muciv _ ex-Mnao
Étui couvre linga au visage de Shiva, laiton,, nord du Karnataka ou sud du Maharashtra, XVIIe-XVIIIe siècles
Tête protectrice
Ce bel artefact populaire du XVIIe-XVIIIe siècles, une tête creuse de Shiva en alliage de cuivre – Shiva étant ici représenté comme un hindou de l’époque portant turban et fine moustache – a pour fonction de recouvrir le linga, symbole phallique de la divinité représentant « l’axe du monde », sculpté dans la pierre et placé dans les lieux de culte. Le but ? Protéger les dévots du pouvoir sacré émanant de l’objet, si fort qu’il peut détruire ceux qui s’en approchent !
Laiton • © Muciv _ ex-Mnao
Musicienne jouant du sitar à proximité d’un sanctuaire linga illustrant probablement le mode musical Bhairavi Ragini, Mewar, Rajasthan, XVIIIe siècle
Musique sacrée
Peinte au XVIIIe siècle, cette illustration poétique du mode musical Bhairavi Ragini, exécutée à la gouache, semble sortir d’un rêve. À gauche, une joueuse de sitar – ce luth indien à la forme et aux sonorités si particulières – paraît flotter dans les airs tandis qu’une volute bleutée, symbolisant peut-être la musique émanant de l’instrument, s’élève vers le ciel. Au premier plan, une femme se baigne. Derrière elle, niché dans un écrin de plantes exotiques trône un sanctuaire à colonnades abritant un linga, symbole phallique de Shiva, recouvert d’un couvre-linga orné de têtes bleues.
gouache sur papier
Bouddha méditant, Gandhara, IIe-IIIe siècles après J.-C.
Bouddha hellénisant
Reflétant une profonde intériorité, ce Bouddha méditant, assis dans la position du lotus, reprend les canons purs et sobres de l’art grec, dont on perçoit l’influence notamment dans ses cheveux bouclés et les plissés de son vêtement. Les premières images anthropomorphiques de Bouddha sont apparues au Gandhara (ancienne région du nord-ouest de l’Inde qui couvre l’actuel Pakistan et une partie de l’Afghanistan), d’où provient justement cette sculpture réalisée au IIe-IIIe siècles après J.-C. Le bouddhisme a pour finalité d’atteindre le nirvana, qui permet de dépasser la souffrance liée à la mort, en acceptant le cycle de la vie et l’impermanence des choses et des êtres. Une doctrine sage qu’a diffusée son fondateur, Bouddha, qui vécut probablement entre 480 et 400 avant notre ère.
Bodhisattva Avalokiteshvara debout, Bengale ou Bihar (période Pala), seconde moitié du XIe siècle
Joyau de basalte
Cette superbe stèle en basalte noir représente un Avalokiteshvara à six bras, debout sur un lotus. Dans le bouddhisme, ce « Seigneur qui regarde vers le bas » représente la compassion, protège les marchands et possède un pouvoir de guérison. Le culte de ce bodhisattva (Bouddha n’ayant pas encore atteint le nirvana) a gagné en importance et en popularité vers le Ve siècle de notre ère, alors même qu’émergent les premiers dieux hindous… Ce pourquoi ses représentations présentent souvent des caractéristiques communes avec celles de Shiva !
© Muciv _ ex-Mnao
Tara « Étoile », Madhya Pradesh, Xe - XIe siècles
Déesse sereine
Presque disparu en Inde, le culte de Tara (représentée sur cette stèle en grès sous les traits d’une femme aux formes pleines et douces et au visage serein) est largement présent au Tibet, au Népal, au Bouthan et en Mongolie, et se situe à la croisée du bouddhisme et de l’hindouisme. Tara, qui fait partie des dix déesses de la grande sagesse, se manifeste par un rayon lumineux, ou par les larmes versées par Avalokiteshvara à cause de la souffrance présente dans le monde. Fluides qui forment un lac sur lequel pousse une fleur de lotus miraculeuse…
grès • © Museo d'arte Orientale, Turin
Jina debout, bronze, Karnataka, XIe siècle
Culte minimaliste
Outre le bouddhisme et l’hindouisme, l’exposition présente aussi une troisième religion indienne peu connue : le jaïnisme. Celle-ci accorde une importance primordiale à la non-violence et au respect de toute vie, au point que ses plus fervents pratiquants se couvrent la bouche avec un bandeau pour éviter d’avaler des insectes par inadvertance ! Les sculptures liées à cette religion, comme celle-ci, représentent souvent un personnage nu, debout dans une posture très simple, frontale, les bras le long du corps. Un minimalisme en accord avec ses pratiques très ascétiques – mais contrebalancé par des temples particulièrement ornés, dont l’exubérance sculptée les place parmi les plus beaux de l’Inde médiévale !
© Collection particulière
Inde. Reflets de mondes sacrés
Du 15 octobre 2022 au 23 avril 2023
Château des ducs de Bretagne - musée d'histoire de Nantes • 4 Place Marc Elder • 44000 Nantes
www.chateaunantes.fr
AAM AASTHA - Exposition de Charles Fréger
Du 2 juillet 2022 au 27 novembre 2022
Château des ducs de Bretagne - musée d'histoire de Nantes • 4 Place Marc Elder • 44000 Nantes
www.chateaunantes.fr
Programation culturelle liée à l'exposition
Une programmation culturelle en lien avec l’exposition Inde a également été élaborée avec l’ambassade indienne, avec notamment des danseurs, musiciens et brahmanes venus spécialement d’Inde.
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Fleuve céleste
Datée du XIXe siècle, cette miniature peinte rend hommage à Shiva, dieu suprême de l’hindouisme, reconnaissable à ses quatre bras. Sur sa chevelure se niche une petite tête de femme qui souffle un serpent d’eau : il s’agit de la déesse Ganga, incarnation du Gange, fleuve sacré des hindous. Comme les ascètes indiens, ce dieu a la peau bleue car recouverte de cendres, symbole de mort et de renaissance. Accompagné de son épouse Parvati et de leur fils Ganesh (dieu de la sagesse et de l’intelligence, représenté sous les traits d’un enfant à tête d’éléphant), Shiva est accompagné de ses attributs habituels : trident, chapelet, peau de tigre, antilope, taureau blanc et serpents qui s’enroulent autour de ses bras. Une figure aussi puissante que rassurante, qui représente à la fois la destruction de l’illusion et de l’ignorance, et la création d’un monde nouveau !