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Musée des beaux-arts de Rouen

Antonin Personnaz, un photographe parmi les impressionnistes

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Grand collectionneur proche des impressionnistes, Antonin Personnaz fut aussi l’un des pionniers de la photographie. Alors que vient de s’ouvrir le festival « Normandie Impressionniste », le musée des beaux-arts de Rouen rend hommage à cet artiste méconnu et pourtant prolifique, fervent défenseur de l’autochrome.
Antonin Personnaz, Le peintre Armand Guillaumin peignant “Baigneurs à Crozant”
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Antonin Personnaz, Le peintre Armand Guillaumin peignant “Baigneurs à Crozant”, vers 1907

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Plaque autochrome • Jph.Boiteux

Son nom est indissociablement lié à la reconnaissance des impressionnistes. Antonin Personnaz (1854–1936) suivit depuis son éclosion cette école avant-gardiste dont il n’hésite pas à écrire : « [leur] art me parut étrange […] l’éducation de mes yeux s’étant faite sur des tableaux anciens, ou, dans l’art moderne, sur les Bonnat, Cabanel. » Devenu leur ami et collectionneur invétéré, il légua toute sa collection à l’État, faisant ainsi rentrer dans les collections nationales des œuvres aussi importante que Le Pont d’Argenteuil de Claude Monet. Ce n’est pourtant pas à ce titre que l’amateur a retenu l’attention du musée des Beaux-Arts de Rouen, attaché cette année à faire émerger des personnalités insoupçonnées dans 
le sillage du mouvement impressionniste. Plus qu’un mécène, Antonin Personnaz
 fut un photographe de la première heure.

Autochrome Lumière
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Autochrome Lumière

Commercialisé par les frères Lumière 
en 1907, l’autochromie, premier procédé photographique en couleurs, attisa sa curiosité. Artiste dans l’âme, il réalisa en moins de trente ans près d’un millier 
de plaques autochromes, dont les plus 
belles sont exposées à Rouen.
 Face aux détracteurs qui voient dans cette technologie moderne une mécanique acide reproduisant servilement la réalité sans
 autre forme d’émotion ou de subjectivité, l’amateur d’art affirmait la valeur esthétique de ce procédé. « Il faut avoir vu et étudié 
La Laitière de Vermeer, le peintre le plus puissamment réaliste de l’école hollandaise du XVIIe siècle, pour comprendre quel
 degré de troublante beauté peut atteindre le réalisme lorsqu’il parvient presque à égaler 
la nature », botte-t-il en touche en 1909 à la Société française de photographie, dont il devint secrétaire général deux ans plus tard.

Alphonse Osbert, Antonin Personnaz
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Alphonse Osbert, Antonin Personnaz, vers 1882

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Huile sur bois • 81 × 65 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © RMN-Grand Palais / Stéphane Maréchalle

Portraits de ses amis peintres, paysages, et parties de campagne sur les bords de Seine sont autant de souvenirs saisissants de son époque, d’échos évidents de son amour 
pour la peinture que de témoignages sur
ses liens privilégiés avec les protagonistes
 de l’impressionnisme, comme Pissarro ou Guillaumin. Le rendu granuleux et pointilliste de l’autochrome donne à la lumière une vibration identique à celle recherchée par 
les avant-gardes, et théorisée par Eugène Chevreul dans sa loi du contraste simultané des couleurs.

L’homme était un passionné acharné. À la vue de ses photographies 
sur les montagnes de son pays basque d’origine, on imagine les efforts pour apporter dans un lieu si peu propice tout l’encombrant matériel nécessaire. 
Grand amateur de peinture, la conclusion de son discours sonne pourtant comme un pied de nez à ses amis peintres : « Ce que fait le pinceau de l’artiste, la plaque autochrome le réalise automatiquement. » Ce n’est donc pas uniquement du point de vue de l’histoire de la photographie que cette première exposition personnelle marque le calendrier d’une pierre blanche. Les interférences avec sa collection nourrissent sa pratique photographique.

À l’instar de la peinture moderne, Antonin Personnaz affirme la portée subjective des autochromes, qui deviennent une sorte de rétine technique douée d’émotion. « Ce n’est pas la reproduction exacte d’un ciel que
nous exigeons, mais bien un ciel sous lequel
le paysage se sente à sa place », explique-t-il, comme aurait pu le dire Boudin. Nulle concurrence des arts donc ; au contraire, le collectionneur était convaincu d’une synergie entre les arts. Dans l’un de ses discours véhéments à la Société française de photographie, à qui il légua sa production aussi pionnière que méconnue d’autochromes, il expliquera que « l’usage de l’autochromie rendra l’autochromiste observateur, meilleur juge de l’œuvre de nos peintres ». Derrière son objectif, l’œil du collectionneur se révèle autrement.

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La vie en couleurs : Antonin Personnaz, photographe impressionniste

Du 11 juillet 2020 au 15 novembre 2020

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Festival Normandie Impressionniste

Du 4 juillet au 15 novembre

https://www.normandie-impressionniste.fr/

Retrouvez dans l’Encyclo : Impressionnisme

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