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Les autochromes des frères Lumière : un voyage en couleurs à l’aube du XXe siècle

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Publié le , mis à jour le
Louis Lumière a inventé le cinématographe, à l’origine du septième art. Mais son véritable chef-d’œuvre demeurait à ses yeux… l’autochrome, soit l’ancêtre de la photographie couleur ! C’est en 1907 que se vendent ces plaques de verre photographiques capables d’enregistrer les teintes les plus vives : le succès est immédiat. Dès lors, la famille Lumière prend plaisir à capturer les nuances d’un bouquet de fleurs, l’intimité joyeuse d’un repas convivial ou encore la splendeur de paysages enneigés. Rendez-vous au tout début du XXe siècle, parmi huit clichés enchanteurs actuellement exposés au Palais Lumière d’Évian.
Frères Lumière, Louis Lumière
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Frères Lumière, Louis Lumière, 1911

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Lumière sur Louis, en pause cigarette

Le voici en costume trois pièces, tout de bleu vêtu, la main gauche reposant sur des ouvrages et l’autre main prête à allumer une cigarette. Détendu et chic à la fois, l’élégant Louis Lumière, ingénieur et industriel français, père du cinématographe, pose pour célébrer sa nouvelle invention : l’autochrome. Durant dix ans, il perfectionne cet outil permettant de capturer une photographie en couleurs en une seule prise de vue – contre trois auparavant, entre lesquelles il fallait changer de filtre coloré ! Son secret : filtrer la lumière sur une plaque de verre grâce à un mélange composé de grains de fécule de pomme de terre teintés en trois couleurs. La plaque Autochrome Lumière, brevetée en 1903 avec son frère Auguste et commercialisée en 1907, connaît alors un engouement sans pareil…

Plaque Autochrome Lumière • 18 x 24 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, Nature morte avec fruits
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Frères Lumière, Nature morte avec fruits

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Toutes les teintes de la nature

« Je peux à peine le croire, mais j’ai vu de mes propres yeux une photographie de fleurs en couleurs et d’après nature, obtenue directement dans l’appareil, aussi simplement que toute autre photographie », s’émerveille Fernand Monpillard en 1904, dans La Revue de Photographie du Photo-Club. Jusqu’ici, les natures mortes appartenaient uniquement au genre pictural. Désormais, plus rien n’arrête le réalisme de l’autochrome, dévoilant à merveille le rose d’un dahlia, la brillance d’une carafe ou le velouté d’une pêche. Les raisons d’un tel rendu ? Les teintes judicieusement choisies pour colorer la préparation de fécule. Un système finalement peu éloigné de la peinture, puisqu’il était même conseillé d’acheter un kit de retouche pour préserver le vernis des plaques !

Plaque Autochrome Lumière • 18 x 24 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, Hélène Gélibert, nièce de Louis Lumière, à Monplaisir
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Frères Lumière, Hélène Gélibert, nièce de Louis Lumière, à Monplaisir, 1910

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Un modèle bien sage

Lui a-t-on demandé de se tenir immobile lors de son tricotage ? Certainement, car quelques minutes de pose sont nécessaires pour obtenir une telle netteté au premier plan. Ainsi, cette demoiselle aux belles boucles blondes d’à peine 6 ans, nièce de Louis Lumière, est magnifiquement immortalisée dans un cadrage enrichi par l’ombre des feuillages au sol, la verdure à l’arrière-plan et le superbe bouquet flouté au centre de la composition. Décidément, rien n’est laissé au hasard ! Logique, étant donné l’investissement financier que représentent les plaques autochromes. Voilà une subtile invitation à méditer sur les rafales de clichés intempestifs à l’ère du numérique…

Plaque Autochrome Lumière • 13 x 18 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, Suzanne, Andrée et Madeleine au golfe des Lecques vers La Ciotat
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Frères Lumière, Suzanne, Andrée et Madeleine au golfe des Lecques vers La Ciotat, 1910

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Trois grâces au bord de l’eau

Les cousines Lumière en vacances à La Ciotat… Quoi de plus agréable à admirer ? Sûrement le paysage de bord de mer bien sûr, coloré d’un camaïeu de gris bleutés qui se reflète sur les falaises, la roche et l’eau trouble du premier plan. Tout autant que sur les vêtements féminins, ravivés par quelques touches de rose ou de corail. À la manière du hors-champ inventé par Louis au cinéma, ce cadrage se joue de ce qui est désigné par le doigt de Madame, mais que l’observateur ne peut voir. À ce dernier d’imaginer l’horizon pointé…

Plaque Autochrome Lumière • 13 x 18 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, Suzanne, Madeleine et Andrée : les cousines Lumière au Golfe des Lecques vers La Ciotat
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Frères Lumière, Suzanne, Madeleine et Andrée : les cousines Lumière au Golfe des Lecques vers La Ciotat, 1910

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Autour de La Ciotat, épisode 2

Suzanne aurait-elle à nouveau reçu l’ordre de s’asseoir au milieu du paysage, pour se détacher de Madeleine et d’Andrée en pleine discussion ? S’agit-il d’une séance photo des cousines Lumière ? Ce qui semblait être un authentique souvenir dans le cliché précédent apparaît désormais comme une mise en scène. Le photographe (probablement Louis) se fascine ici pour le jeu d’ombres provoqué par les feuillages, qui s’impriment sur les drapés. Son regard est si centré sur la lumière qu’il en deviendrait impressionniste…

Plaque Autochrome Lumière • 13 x 18 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, La jeune femme et le lilas
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Frères Lumière, La jeune femme et le lilas

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Ombrelle couleur coquelicot

Une jeune femme s’arrête en plein chemin pour humer une branche de lilas, et malgré cette ravissante vision, l’œil du spectateur ne peut se détacher de son ombrelle rouge, qu’elle a précipitamment laissée tomber à la renverse. Le scénario semble trop bien ficelé pour que cette scène soit spontanée… Quelle importance ! Il renvoie aux femmes peintes par Claude Monet, qui se promenaient parmi les coquelicots ou entre les hautes herbes, munies de leur ombrelle colorée. L’artiste Louis Lumière se cacherait-il encore derrière l’objectif ?

Plaque Autochrome Lumière • 13 x 18 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, Repas familial Lumière
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Frères Lumière, Repas familial Lumière, 1910

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Partie de campagne

Prenez place pour assister en direct à la fin du repas de la famille Lumière ! Le plat vient de disparaître, le fromage est déjà englouti, place au café du milieu d’après-midi. À moins qu’une dernière goutte de vin rouge ne vous tente… Cet autochrome daté de 1910 est un précieux témoignage de la vie quotidienne de l’époque, une ode au savoir-vivre à la française capturée en couleurs. Assis près de l’arbre, la cigarette aux lèvres, Louis semble perdu dans ses pensées à la manière des modèles d’Auguste Renoir, tandis que son frère Auguste se tient debout, prêt à entreprendre une nouvelle aventure digne d’un roman de Guy de Maupassant !

Plaque Autochrome Lumière • 9 x 12 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

Frères Lumière, La neige à Chamonix
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Frères Lumière, La neige à Chamonix

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De la neige au soleil

La Pie de Claude Monet s’est envolée ! Sur cette photographie prise à Chamonix, la ressemblance avec le célèbre tableau impressionniste (représentant une pie dans un paysage enneigé) est frappante. On y retrouve la barrière longée d’arbres et le sol parsemé d’ombres. Seulement, il n’est plus question de vanter les mérites de la touche de peinture, mais de ceux de l’autochrome, capable de retranscrire majestueusement les effets des rayons du soleil sur les flocons. Puis, aux montagnes de l’arrière-plan s’ajoutent une subtile brume ainsi qu’une lueur rosée. La magie hivernale…

Plaque Autochrome Lumière • 9 x 12 cm • Coll. Institut Lumière • © Famille Lumière

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Lumière ! Le cinéma réinventé

Du 23 novembre 2019 au 3 janvier 2021

www.evian-tourisme.com

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