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Antonio de La Gandara, Autoportrait, 1888
Crayon sur papier • 21 x 21 cm • Coll. particulière
Antonio de La Gandara, Portrait de Robert de Montesquiou, vers 1892
Un dandy pour protecteur
En 1885, La Gandara fait la connaissance du fantasque Robert de Montesquiou, un homme de lettres (il aurait inspiré le personnage de Des Esseintes du roman À Rebours de Huysmans) qui l’introduit rapidement dans son cercle d’amis composé d’intellectuels et d’artistes de la haute bourgeoisie. Cédant à ses moindres caprices, comme celui de rogner le bas de l’œuvre pour l’ajuster au cadre choisi par le modèle, le peintre rend ici hommage à l’esthète dandy qui a propulsé sa carrière. Grâce à cette amitié, le Tout-Paris ne tardera pas à poser dans son atelier…
Hulle sur toile • 92 x 72 cm • Coll. & © Musée des Beaux Arts de Tours
Antonio de La Gandara, Anne Catherine au col de fourrure, 1895
Le raffinement au féminin
Sur cette lithographie, la première épouse de l’artiste jette son regard d’oiseau timide sur le visiteur, réfugiée dans la moelleuse étoffe de son col et de son couvre-chef. L’influence des estampes japonaises, en vogue chez les impressionnistes, se ressent dans cette composition où le dessin détaillé de la figure flotte sur un fond uni.
Lithographie • Coll. Van de Velde
Antonio de la Gandara, Petite fille en jaune, 1893
Une grosse bêtise !
Une tête inclinée, de grands yeux bleus contrits, une moue attendrissante et malicieuse… Raymonde, la première fille de La Gandara, vient d’être sévèrement punie pour avoir chapardé des confitures. Sans attendre, le peintre saisit son chevalet pour capter cet instant émouvant sur un fond de boiseries aux couleurs froides.
Huile sur panneau • 198 x 107 cm • Coll. particulière, Lugano
Antonio de La Gandara, Portrait de la comtesse Mathieu de Noailles, vers 1899
Anna de Noailles, arbitre des élégances
À la fin du XIXe siècle, l’engouement pour les portraits féminins est tel que les expositions dédiées se multiplient. La Gandara connaît dans ce domaine un succès retentissant avec la présentation du portrait d’Anna de Noailles, célèbre poétesse et épouse du comte Mathieu de Noailles. Sa beauté fait couler l’encre de ses soupirants, qui confirment à l’écrit ce qui transparaît sur la toile : l’élégance de son attitude, les reflets blanc argenté de sa robe, sa délicate coiffure et surtout cet hortensia bleu gracieusement attaché à son corsage.
Huile sur toile • 170 x 136 cm • Coll. MUDO, musée de l'Oise, Beauvais • © RMN-Grand Palais / Adrien Didierjean
Antonio de La Gandara, Portrait de Madame Rémy Salvator, 1901
50 nuances de gris
Dans l’atelier du peintre, la méridienne de style Empire est l’accessoire privilégié pour les poses féminines. Quand la rêveuse Madame Jeanne Salvator s’y installe, il n’est plus question de s’y étendre lascivement ou de s’y asseoir convenablement : La Gandara la figure appuyée contre le rebord de l’assise, le visage soutenu par des doigts bijoutés, la taille cambrée et le pied tendu dans la traîne voilée. L’artiste cherche ainsi à exalter la sensualité du modèle. Le rideau à l’arrière-plan entretient ce jeu de luxueuses textures aux teintes proches des symphonies de James McNeill Whistler, qui partagea un temps son atelier.
Huile sur toile • 186 x 133 cm • Coll. & © Musée des Beaux Arts, Marseille
Antonio de La Gandara, Portrait de Jean Lorrain, 1898
Jean Lorrain, l’excentricité jusqu’au bout des cheveux
Un visage et une main se détachent des ténèbres et dévoilent à eux seuls une certaine vanité fantasque : « Je le voyais un après-midi avec les cheveux verts, le lendemain ceux-ci étaient jaunes, puis ils passaient au mauve, au roux vénitien… » raconte La Gandara. Adepte des teintures capillaires, l’écrivain décadent et symboliste Jean Lorrain s’en est finalement tenu au coloris imposé par le peintre, qui ne supportait plus de devoir ajuster sa palette à chaque séance de pose !
Huile sur toile • 189 x 93 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris • © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Antonio de La Gandara, Portrait de Madame Johannès Gravier, 1907
Une ravissante fiancée
Ce tableau représente Judith Floria Tosca, la deuxième fille de l’artiste, issue de sa liaison avec une comédienne du théâtre de l’Odéon. Épouse de l’écrivain Johannès Gravier, elle resplendit ici d’une beauté rare, avec ses traits fins, sa peau blanche et sa chevelure noire. Posant avec fierté, elle semble affirmer son nouveau statut. Son annulaire, replié pour soutenir les plis de sa robe, dévoile une discrète bague de fiançailles…
Huile sur toile • 185 x 130 cm • Coll. particulière, Lugano
Antonio de La Gandara, Nu endormi (Volupté), 1910
La sensualité du pastel
Parmi les techniques dans lesquelles l’artiste excelle se distingue le pastel. Au point même de rendre jaloux ses contemporains. Il faut dire que l’artiste économise son geste lorsqu’il esquisse ses modèles au repos ! Le fond de son papier ‒ comme dans la plupart de ses toiles ‒ est déjà coloré et sombre pour déposer plus efficacement ses touches de luminosité, mettant en relief les chairs voluptueuses.
Pastel • 45 x 59 cm • Coll. particulière, Lugano
Antonio de La Gandara, Don Quichotte à la cuirasse, 1912
Don Quichotte ou le triomphe de l’imaginaire
Lassé du portrait de commande et des bavardages futiles de rigueur lors des séances de pose, La Gandara se dirige peu à peu vers les figures imaginaires qui occupent son esprit. Cette peinture de Don Quichotte à la cuirasse illustre l’ouvrage de Cervantès, qu’il ne cesse de relire et d’admirer, à tel point qu’il aurait souhaité l’avoir écrit lui-même. Le personnage se tient fièrement debout, à la manière d’un comte qui viendrait poser dans son atelier.
Huile sur toile • 180 x 140 cm • Coll. particulière
Antonio de La Gandara, gentilhomme-peintre de la Belle Époque
Du 3 novembre 2018 au 24 février 2019
Musée Lambinet • 54, boulevard de la Reine • 78000 Versailles
www.versailles.fr
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Un artiste sous l’égide des grands maîtres
Quelle finesse de trait, quelle intensité dans le regard ! La Gandara dessiné par lui-même à l’âge de 27 ans témoigne d’une virtuosité acquise très jeune. Dix ans plus tôt, il entre à l’École des beaux-arts de Paris, dans les ateliers de Jean-Léon Gérôme et d’Alexandre Cabanel. À cet académisme qu’il juge trop rigide, le jeune artiste préfère la copie des grands maîtres des XVIIe et XVIIIe siècles. Une inspiration perceptible dans ses portraits mondains, qui invoquent tour à tour le génie de Vélasquez et la grâce naturelle de Watteau.