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Jean Cocteau, 12 août 1916 (de gauche à droite : Moïse Kisling, Manuel Ortiz de Zarate, Max Jacob, Pâquerette et Pablo Picasso boulevard Montparnasse près du métro Vavin devant le café La Rotonde), 1989
Photographie argentique • 28 × 35,5 cm • Coll. privée • © ADAGP, Paris 2024
« Max Jacob est un petit bonhomme chauve et bizarre, il cherche sa voie depuis trente ans. Il a abandonné tous les genres de poésie après avoir marqué tous les genres de son passage […]. Il a beaucoup de succès, mais personne ne le sait que lui-même », lit-on sous sa plume dans l’Anthologie de la nouvelle prose française, éditée en 1925.
On a oublié l’ironie mordante de Max Jacob (1876–1944), sa fantaisie, ses espérances, ses paradoxes aussi. Surtout connu pour son œuvre poétique – « il va s’emparer du cubisme pictural pour le traduire en littérature » –, il fut aussi romancier, critique d’art et peintre.
Jean Boullet, Portrait de Max Jacob à l’Étoile jaune, 1943
Dessin à l’encre de Chine sur papier • 30 × 20 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Quimper • © Adagp, Paris, 2024 / Photo mbaq
Quatre-vingts ans après sa mort en déportation, le musée d’Art moderne de Céret dresse le portrait d’un artiste prolifique et inspiré. D’origine juive, converti au catholicisme à 39 ans, Max Jacob fut un pilier de la vie artistique parisienne dans les premières décennies du XXe siècle.
Naviguant de Montmartre à Montparnasse, il fut proche de Picasso, mais aussi de Cocteau, Apollinaire, Modigliani et Marie Laurencin. L’exposition éclaire ainsi d’un œil nouveau l’histoire du cubisme et de ces « temps héroïques » qui s’échelonnent de 1901 à 1920, au regard notamment de son séjour à Céret en 1913, qu’il effectue aux côtés de Picasso et dont il tire un ensemble de dessins et de gouaches.
Max Jacob, Paysage de Céret, 1910
Encre et aquarelle sur papier • 21 × 27 cm • Coll. musée d’art moderne de Céret • © Adagp, Paris 2024
Au fil des 120 pièces accrochées, le parcours explore aussi le rapport du poète au monde du spectacle vivant, à l’ésotérisme et à la religion catholique. Une vie singulière qui s’acheva au camp de Drancy le 5 mars 1944, quelques jours seulement après son arrestation par la Gestapo à Saint-Benoît-sur-Loire, où il vivait depuis 1936.
Max Jacob, le cubisme fantasque
Du 29 juin 2024 au 1 décembre 2024
Musée d'art moderne de Céret • 8 Boulevard Maréchal Joffre • 66400 Céret
www.musee-ceret.com
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