Art contemporain

Au musée de l’Orangerie, Amélie Bertrand dévoile l’envers psychédélique des Nymphéas

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L’artiste Amélie Bertrand devant son accrochage “Hyper Nuit – Contrepoint contemporain” au musée de l’Orangerie à Paris. Derrière elle, ses œuvres “Swamp Invaders 1” ; “Swamp Invaders 2” et “Swamp Invaders 3” (2024)
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L’artiste Amélie Bertrand devant son accrochage “Hyper Nuit – Contrepoint contemporain” au musée de l’Orangerie à Paris. Derrière elle, ses œuvres “Swamp Invaders 1” ; “Swamp Invaders 2” et “Swamp Invaders 3” (2024)

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© musée de l'Orangerie / © Adagp, Paris 2024 / Photo Sophie Crépy

Une ambiance de boîte de nuit émane de ce paysage aux couleurs saturées. Au musée de l’Orangerie, la peintre Amélie Bertrand (née en 1985) a installé un étonnant jardin artificiel aux allures de terrain vague où se mêlent d’immenses marguerites flottantes et de grosses chaînes suspendues. Voilà un face-à-face audacieux avec le maître des lieux, Claude Monet (1840–1926) et ses paisibles Nymphéas (1914–1918).

Il s’agit du 13e « Contrepoint contemporain » organisé par l’institution, qui invite depuis 2018, plusieurs fois par an, des artistes au sein de ses collections permanentes. Pour l’occasion, Amélie Bertrand – aperçue récemment lors du « Jour des peintres » au musée d’Orsay – a conçu un ensemble de cinq tableaux installés à l’entrée des deux salles réservées au grand œuvre du maître de l’impressionnisme. Intitulée « Hyper Nuit », cette série d’huiles sur toile à l’esthétique de jeu vidéo nous plonge du côté obscur des nénuphars de Giverny.

En plein air ou sur ordinateur, un même souci de la couleur

« Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe entre moi et le motif. C’est aussi cette sensation-là que cherchait Monet. »

Claude Monet et Amélie Bertrand ont en commun une obsession : la maîtrise des couleurs et des motifs. Tandis que le premier composait sa toile en plein air pour s’imprégner d’une atmosphère, la seconde réalise ses esquisses sur Photoshop pour « condenser des sensations de couleurs et de lumière à travers le prisme de l’écran ».

Amélie Bertrand, Hyper Nuit, green
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Amélie Bertrand, Hyper Nuit, green, 2024

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Huile sur toile • Coll. particulière • Courtesy Semiose, Paris / © Adagp, Paris, 2024 / Photo Aurélien Mole

Travailler sur ordinateur, c’est sa manière à elle de ressentir un paysage. Mais une fois la composition terminée, « je ferme mon ordinateur, et c’est là que commence, dans un second temps, un travail très intuitif sur la couleur. » Beaucoup plus long et fastidieux aussi, puisqu’il dure au moins un mois, pour cette perfectionniste du trait.

« Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe entre moi et le motif. C’est aussi cette sensation-là que cherchait Monet », explique-t-elle devant ses œuvres de près de deux mètres de haut – rivalisant donc avec la monumentalité des Nymphéas. Mais ce n’est pas le seul point commun entre les deux artistes…

« Les envahisseurs des marais »

Claude Monet, Nymphéas, effet du soir
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Claude Monet, Nymphéas, effet du soir, 1897

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huile sur toile • 73 × 100 cm • Coll. musée Marmottan-Monet, Paris • © Bridgeman images

En réalité, le nénuphar faisait déjà partie de l’univers sans aspérité d’Amélie Bertrand. Il apparaît en 2021 avec un grand triptyque présenté à la galerie Semiose. Son nom ? The Swamp Invaders. Toujours en trio, ces « envahisseurs des marais » sont également présents dans l’accrochage au musée de l’Orangerie dans une salle située au niveau souterrain. Mais cette fois, la peintre les a capturés sur des tondi (toiles circulaires). Un format inédit pour elle, qu’avait déjà expérimenté Claude Monet pour ses études de nénuphars. Un siècle plus tard, Amélie Bertrand poursuit sa quête : repousser les limites des couleurs, jusqu’au vertige.

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Amélie Bertrand. Hyper Nuit

Du 2 octobre 2024 au 27 janvier 2025

www.musee-orangerie.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Claude Monet

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