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PARIS

Au quai Branly, les larmes salvatrices de Myriam Mihindou

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Le musée du Quai Branly met en lumière le travail sonore et tactile de la plasticienne Myriam Mihindou à travers l’exposition « Ilimb, l’essence des pleurs », jusqu’au 10 novembre 2024. Le visiteur y est invité à caresser une longue tresse en pousses de saules qui nous murmure des chants nostalgiques.
Objet rituel présenté dans l’exposition interactive et sonore de Myriam Mihindou
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Objet rituel présenté dans l’exposition interactive et sonore de Myriam Mihindou

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© musée du Quai Branly / Photo Thibaut Chapotot

Inspirée de la collection d’instruments de musique du quai Branly, l’installation sonore et tactile de la plasticienne Myriam Mihindou (née en 1964) convie les pleureuses de son Gabon natal et du monde entier pour faire vibrer la corde sensible du spectateur.

« Les visiteurs sont invités à se placer sur ce symbole et à caresser délicatement l’œuvre. » L’œuvre en question est une longue tresse en pousses de saules qui court tout le long de l’espace d’exposition. Après quelques effleurements, la sculpture en vannerie se met à vibrer, à émettre des sons, murmures venus du fin fond de la nature, chants nostalgiques pleins de douceur et de larmes.

Redonner vie aux objets

Cette immense corde sensible matérialisée est née du souffle créateur de Myriam Mihindou. L’artiste invitée par le quai Branly a choisi de travailler sur les harpes du fonds d’instruments de musique qui sommeille dans le silence de la grande colonne centrale en verre de l’établissement parisien (réserves visibles du public). Elle a redonné vie à ces objets porteurs d’âme pour ranimer la mémoire d’un patrimoine immatériel.

Des instruments de musique animent l’émouvante exposition interactive et sonore de Myriam Mihindou
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Des instruments de musique animent l’émouvante exposition interactive et sonore de Myriam Mihindou

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© musée du Quai Branly / Photo Thibaut Chapotot

Communes à de nombreuses sociétés, les pleureuses portent la voix des disparus. Elles les relient aux vivants, les aident à panser leurs plaies, permettent de partager et donc d’atténuer la douleur, individuellement, en famille, en communauté. Les chants, les rythmes et la musicalité jouent un rôle de premier plan dans cette tradition.

Prendre soin de l’intime et du collectif

Vue de l’exposition monographique de Myriam Mihindou « Ilimb, l’essence des pleurs » au musée du quai Branly à Paris
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Vue de l’exposition monographique de Myriam Mihindou « Ilimb, l’essence des pleurs » au musée du quai Branly à Paris

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© musée du Quai Branly / Photo Thibaut Chapotot

Ils résonnent ici avec force par la grâce de la chanteuse et autrice Annie-Flore Batchiellilys qui a composé la complainte Tsiengui Milangu et du concepteur acousticien Didier Blanchard, avec lesquels Myriam Mihindou a collaboré. La plasticienne montre aussi d’énigmatiques dessins abstraits – géométries de lignes rappelant les cordes des instruments et leurs fréquences invisibles –, des harpes transposées en céramique, des objets rituels comme le mikékili, bâtons frappés par ces pleureuses capables de prendre soin de l’intime et du collectif.

Myriam Mihindou. Ilimb, l'essence des pleurs

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

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