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L’artiste franco-algérien Djamel Tatah (né en 1959), connu pour ses imposantes toiles représentant des figures mélancoliques sur fonds unis, est ici au centre d’une conversation avec des peintures et des dessins allant du XVIe au XXe siècle. La Collection Lambert expose majoritairement ses œuvres les plus récentes, qui entrent donc en résonnance avec celles d’artistes anciens (Delacroix, Géricault), modernes (Fernand Léger) et contemporains (Barnett Newman, Sol LeWitt). Anachronique et guidé par un instinct génial, cet accrochage aux dialogues improbables révèle toute la vivacité des peintures de Djamel Tatah.
Djamel Tatah, Sans titre, 2016
Huile et cire sur toile • Courtesy Djamel Tatah & Ben Brown Fine Arts, Londres / Photo Jean-Louis Losi
Si vous aimez les accumulations de trucs et autres bidules, vous aimerez Liz Magor (née en 1948). Cette artiste canadienne – active depuis une quarantaine d’années – s’est faite spécialiste des installations d’objets du quotidien. Elle collectionne vêtements, cigarettes, jouets d’enfant ou encore emballages et les assemble dans des installations cocasses – éveillant, avec une poésie toute contemporaine, notre regard sur ces « choses communes » (l’expression est de Georges Perec) qui habitent notre quotidien et symbolisent l’obsolescence et l’usure… Et suscitent la tendresse.
Liz Magor, Buck (Jagermeister), 2008
Gypse polymérisé, alcool • 40 × 76 × 66 cm • Courtesy Galerie Catriona Jeffries, Vancouver
C’est l’une de ses missions : arrivée à la tête de la Fondation Van Gogh en 2014, la Suissesse Bice Curiger a affirmé son désir de faire dialoguer les œuvres du peintre avec celles d’artistes contemporains, pour ainsi l’entourer de la « colonie d’artistes » qu’il souhaitait créer dans le sud de la France. En témoigne l’exposition « La Vie simple », qui réunit aussi bien la sobriété du peintre Jean-François Millet que l’exubérance du photographe de mode Juergen Teller. L’idée ? Décortiquer les envies de désurbanisation et les regards attendris sur la paysannerie, quelle que soit leur époque.
Vue de l’exposition « La Vie simple » : salles Juergen Teller et Jean-François Millet à la Fondation Vincent Van Gogh, Arles, 2018
© Fondation Vincent Van Gogh, Arles
Le 3 bis f, qui accueille régulièrement des artistes en résidence, a pour particularité d’être installé entre les murs d’un hôpital psychiatrique – Montperrin à Aix-en-Provence. Estefanía Peñafiel Loaiza, plasticienne franco-équatorienne, y a passé les cinq derniers mois. Elle propose aujourd’hui un parcours des plus singuliers, intitulé « Détours » et qui décline toutes sortes d’œuvres où le regard est invité à se perdre. Polaroïds en séries, vidéos en boucle, références récurrentes à la littérature et au cinéma… Jouant avec des miroirs, des jeux d’échec et des labyrinthes, elle s’approche au plus près du délire et envoûte le regard.
Vue de l’exposition « Détours (La loterie à Babylone) » d’Estefanía Peñafiel Loaiza, 2018
© JC.Lett
C’est la toute première fois qu’un musée étranger offre une rétrospective au Brésilien Alfredo Volpi (1896–1988), génie des couleurs et des lignes simples. D’origine modeste et malgré le succès retentissant qu’il rencontra en Amérique latine, Volpi a toute sa vie tendu lui-même ses toiles, mélangé ses pigments et fabriqué ses propres cadres. Maisons aux toits pointus, sirène à queue triangulaire et fanions par centaines sont les témoins de son goût pour les formes géométriques et les dessins enfantins. Un enchantement !
Vue de l’exposition « Alfredo Volpi. La poétique de la couleur » au Nouveau musée national de Monaco – Villa Paloma (Salle Bleu outremer), 2018
Photo NMNM / Andrea Rossetti
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