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MO.CO – Montpellier

Avec Max Hooper Schneider, la fin du monde est plus folle

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Cet hiver, le MO.CO Panacée Montpellier bat le pouls d’une Terre dévastée par l’être humain, sur fond de paysages médico-légaux (forensic garden), d’animaux mécaniques et de death metal. Avec « Pourrir dans un monde libre », Max Hooper Schneider, artiste américain qui bénéficie ici de sa première exposition institutionnelle en Europe, imagine avec humour une apocalypse joyeuse, sublime et créative. Visite les yeux et les oreilles grands ouverts.
Max Hooper Schneider, A star is not born in isolation, detail
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Max Hooper Schneider, A star is not born in isolation, detail, 2022

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Plastique brûlé, objets trouvés sur une plage, mannequin, coyote empaillé, techniques mixtes, lumière UV, silicone, résine, tonic • 245 x 123 x 120 cm • Courtesy de l’artiste, High Art, Paris/Arles, et Maureen Paley, Londres/Hove. © Pauline Rosen-Cros

La dystopie écologique – fiction qui dépeint une contre-utopie du vivant – a longtemps appartenu au domaine de la littérature et du cinéma de science-fiction. Depuis quelques années, le sujet a gagné la faveur des musées, transformant volontiers leurs enceintes en terrain de jeu pour imaginer les futurs sombres de la planète. On ne compte plus les expositions qui ont traité de la chute prochaine de l’humanité, de la biennale d’Istanbul de 2019 qui s’était écharpée sur le réchauffement climatique à la prochaine manifestation Lille3000 Utopia, consacrée au rapport de l’humain à son environnement. Le désastre écologique a plus que jamais la cote dans l’art contemporain. Pourtant, « Pourrir dans un monde libre » dénote par son ton joyeux et ses allures plus enchanteresses que mélancoliques.

Max Hooper Schneider, Nonnegative Vacuum, detail
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Max Hooper Schneider, Nonnegative Vacuum, detail, 2022

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Vitrine sur mesure en acrylique, globe en plasma, spécimens marins préservés, cristaux, plantes et fleurs en plastique, pigment photoluminescent, table sur mesure en fonte d’aluminium, techniques mixtes, résine • 37 × 23 × 50 cm • © Pauline Rosen-Cros

À quoi sert de s’évertuer à tirer la sonnette d’alarme sur le point d’effondrement à venir face à la catastrophe écologique ? Pas grand-chose, puisque c’est précisément là que naîtront les formes de vie les plus audacieuses, nous dit Max Hooper Schneider. Nourri au lait de la biologie marine et d’une certaine poétique de l’aliénation dans la littérature du XIXe siècle, il construit une œuvre aux croisements de l’art, la science et la fiction. Une œuvre au dessein clair : réinventer les formes qui nous survivront.

Une première partie de l’exposition aborde le sujet de l’hybride entre la machine et le vivant. Dans un paysage stérile et désolé – du lino beige au sol pour unique décor – de petites créatures de métal se déploient sur des monticules de sable aggloméré. Eocene Epizoon Virus Spire, Eocene Epizoon Cnidarian Bacula ou encore Ecoene Epizoon Crystal Bacteriophage. Autant de noms qui suggèrent leur nature : des virus géants datant de l’époque éocène, commencée il y a 56 millions d’années et marquant l’émergence des premiers mammifères modernes. Tout est ici question de mélange, d’anachronisme et de spéculation. D’entrée de jeu, nous voilà soumis à l’épineuse et désormais habituelle question de la prolifération rapide de virus. Sur des théories à consonance scientifiques, l’artiste rappelle la dimension prédatrice de la nature, suggérée ici par l’alliage tranchant des bestioles virussées.

Max Hooper Schneider, Eocene Epizoon : Cnidarian Bacula, detail
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Max Hooper Schneider, Eocene Epizoon : Cnidarian Bacula, detail, 2021

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Fossil de l’époque éocène, machine en aluminium, sable monticulé. • 175 × 110 × 136 cm • Courtesy of the artist, High Art, Paris / Arles and Maureen Paley, London / Hove

Quelques pas plus loin, nous entrons dans un « jardin de la préservation incertaine », où des objets divers recouverts d’une couche de cuivre galvanisé – des plantes, des fruits, des accessoires BDSM et des maisons de poupées – s’érodent et se transforment. Pour les commissaires de l’exposition Anya Harrison et Pauline Faure, les salles du parcours illustrent « un moment donné dans l’état non-quantifiable du périmortem, à savoir cet état de changement qu’est le point supposé entre la vie et la mort, la décomposition et la régénération ». Voilà qui donne le ton de cette exposition, qui aborde avec humour les potentiels créatifs de l’apocalypse.

Max Hooper Schneider, Pourrir dans un monde libre, Vue d’installation, Jardin de la préservation incertaine
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Max Hooper Schneider, Pourrir dans un monde libre, Vue d’installation, Jardin de la préservation incertaine, 2022

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© Pauline Rosen-Cros / MO.CO Montpellier Contemporain

À la fin du parcours, une proposition : « Ce qui fleurit de la décomposition, illumine depuis le chaos ». Dans une salle plongée dans le noir, deux écrans géants montrent la croissance de « serpents du pharaon », de petits volcans rocailleux nés de la combustion de poudre de mercure. À leurs pieds, des plantes-reliques emprisonnées dans des aquariums luminescents rappellent les expérimentations déjà en cours de production végétale en serre. Librement inspirée de la narration de science-fiction des années 1970, comme le film Stalker de Tarkovski (1979), fondateur du genre, l’exposition toute entière résonne comme une quête vertigineuse d’un ailleurs qui est en réalité déjà là : demain.

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Pourrir dans un monde libre

Du 12 février 2022 au 24 avril 2022

www.moco.art

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