Les Extatiques descendent dans les sous-sols de Paris La Défense, 2024
© PLD Benedite Topuz
Sous l’immense dalle de La Défense, l’art a pris ses quartiers d’hiver ! Pour une vingtaine de jours seulement (les billets partent très vite !), « les Extatiques », qu’on connaissait déjà avec de réjouissantes expos estivales en plein air, se terrent, une fois n’est pas coutume, à douze mètres en dessous du parvis du quartier d’affaires.
Organisé par Paris La Défense avec la complicité de Paris Face Cachée, le parcours, imaginé par le collectif Interstices, regroupe une vingtaine d’artistes portés sur l’urbex, cet art de l’exploration urbaine. Une déambulation en pleine obscurité qui offre une expérience éblouissante.
Les Extatiques descendent dans les sous-sols de Paris La Défense, 2024
© PLD Benedite Topuz
Pour descendre dans ses sous-sols, empruntons un discret escalier, à la suite d’un guide menant chaque petit groupe de vingt personnes. Au bout d’un long couloir cerné de graffitis, après s’être faufilés entre une sculpture de papier blanc finement découpé, débouchez sur ce qu’on appelle la « cathédrale engloutie ». Cet espace de 5 000 m2, qui reliait autrefois les dessous du centre commercial Les 4 Temps et la gare RER, sert de temps à autre de lieux de tournages ou devient le théâtre de rares interventions artistiques. Vos yeux s’habituent à la pénombre, vos poumons respirent un peu de poussière, et votre corps perçoit qu’en haut, ça bouge : bienvenue dans l’envers du décor.
Entre les piles de béton se déploient d’abord de grands tirages photographiques, fruits du collectif Interstices inspiré par la ruine urbaine, les carrières éventrées, carcasses de véhicules, et autres bâtiments envahis de végétaux. La nature reprend ses droits. La reconquête se poursuit plus loin, le long d’une passerelle déroulant une fresque impressionnante signée Lün, mixant peinture et photographie. Sculptures à base de matériaux de récup, installations aux néons, jeux d’eaux lumineux achèvent de peaufiner cette ambiance de caverne futuriste d’où émanent de nombreux sons amplifiant encore cette sensation.
La Fresque de MG La Bomba, Rea, Raphe et Caligr lors des Extatiques 2024
© PLD Benedite Topuz
Entre un wagon reconstitué à taille réelle, des impressions végétales à la rouille sur étoffes et un « kiosque cinétique », on plongera aussi dans le vortex de Rozetta, membre du collectif, qui propose une installation immersive avec laquelle on peut interagir. Tandis que le périscope d’Emka désoriente notre regard lorsqu’on glisse nos yeux dans sa lunette. Jolie métaphore de cette exploration en sous-sols, qui nous invite à considérer les choses sous un autre angle.
Une surprise monumentale vous attend à la fin de ce trip underground (de 45 minutes à une 1h30, selon la formule de visite). Derrière une porte, on découvre l’antre du sculpteur Raymond Moretti, un atelier qu’il occupa après avoir quitté les Halles dans les années 1970 et jusqu’à sa mort en 2005. Planqués sous la dalle de La Défense et dotés d’une remarquable hauteur sous plafond, ces 1 000 m2 sont dévorés par son « Monstre », gigantesque sculpture métallique qui y trône encore : saisissant !
Les Extatiques descendent dans les sous-sols de Paris La Défense
Du 2 au 25 février 2024
Localisation : place du bassin Agam, 86 esplanade du Général de Gaulle, 92400, Courbevoie France
Attention, il ne reste que quelques places !
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