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MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS

Fantastique céramique !

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Publié le , mis à jour le
Dans les galeries et les salons, on ne voit qu’elle. Nouveau sujet de fascination pour les artistes qui adorent ses infinies possibilités, la céramique explose dans une production tout feu tout flammes d’une vitalité folle. Le musée d’Art moderne de Paris se passionne pour cet art complexe, mix de sculpture, de peinture et de design.
Courtney Mattison, Confluence (Our Changing Seas V)
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Courtney Mattison, Confluence (Our Changing Seas V), 2018

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Immense étendue de faïence évoquant les fonds marins, fragile et délicate comme le corail dont elle s’inspire, l’installation de Courtney Mattison nous plonge dans l’univers délirant de la céramique contemporaine. Médium aux multiples facettes qui envahit les ateliers d’artistes et les espaces d’exposition, passionne chercheurs et collectionneurs, cet art ancestral né de la terre et du feu connaît un renouveau et un engouement sans précédent.

Grès émaillé et porcelaine • 846 x 570 x 50 cm • © Courtney Mattison / photo Amanda Brooks.

Longtemps laissée sur le banc de touche des grandes expositions, négligée par l’histoire de l’art, moquée pour son aspect jugé kitsch, folklorique ou grossier, son manque de tenue, sa bizarrerie voire sa laideur, la céramique a désormais le vent en poupe. Les artistes sont de plus en plus nombreux à s’y consacrer (en 2003, le prestigieux Turner Prize fut remis à Londres pour la première fois à un céramiste, l’excentrique Grayson Perry, et ce un an avant l’ouverture du premier Salon de céramique contemporaine, à Paris) ; les parcours monographiques n’ont plus honte de l’exhiber (la rétrospective « Lucio Fontana » organisée en 2014 au musée d’Art moderne (MAM) de Paris insistait, au contraire, sur l’importance qu’elle avait eue dans la production picturale de l’artiste italien) ; l’établissement public réunissant les musées et manufactures de Sèvres et Limoges, après avoir achevé en 2012 son vaste chantier de rénovation, intensifie son programme de commandes passées aux artistes (Giuseppe Penone, Barthélémy Toguo ou Fabrice Hyber) et multiplie les partenariats donnant lieu à des manifestations d’envergure, aux Arts décoratifs et au Louvre avant celle, décisive, intitulée « Ceramix », organisée avec la Maison rouge en 2016, affirmant tout ce que la création lui doit.

Charles-Jean Avisseau, Grotte avec chouette, serpent et lézard
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Charles-Jean Avisseau, Grotte avec chouette, serpent et lézard, Vers 1850–1855

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Un délire plastique où la nature reprend ses droits dans un violent entrelacs de plantes et de prédateurs de la vie sauvage. Quand il s’inspire des créations du céramiste fou du XVIe siècle Bernard Palissy, Avisseau ne fait pas les choses à moitié…

Faïence émaillée • 52,4 × 39,1 × 27,3 cm • Coll. et © Metropolitan Museum, New York.

Multiforme, fruit d’une technique complexe mais aussi du hasard, solide et fragile, malléable et inaltérable, flirtant avec la sculpture, la peinture et le design, intimement lié au geste, au faire et à la matière, le monde de la céramique serait-il le nouvel eldorado de l’art, à l’heure où le tout-numérique a épuisé nos sens ? Le MAM nous dit tout ou presque sur ce drôle de médium aux possibilités illimitées. Et, en mélangeant pièces archéologiques, œuvres d’art ancien ou moderne et créations contemporaines, brouille les pistes pour mieux abolir les frontières et les hiérarchies entre les arts, offrant aux spectateurs une initiation du regard digne de ce nom et un retour aux sources premières de l’acte créateur.

« Les flammes » : tel est le titre fort bien choisi de cet éblouissant parcours. Un mot à prendre au sens symbolique – les flammes de la passion et la lumière qu’une œuvre peut faire naître en chacun de nous – mais aussi au sens premier – celui de la combustion. La céramique est un art de la maîtrise du feu, aboutissement de recherches complexes permettant à la matière terre de résister à une chaleur de centaines de degrés : 800 pour une simple poterie, 1 300 pour de la porcelaine et jusqu’à 3 000 avec les nouvelles formules physico-chimiques.

Johan Creten, Odore di Femmina, Torso, Fire-Works II, The Golden Rule
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Johan Creten, Odore di Femmina, Torso, Fire-Works II, The Golden Rule, 2011–2012

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Il a participé au renouveau de la céramique à la fin des années 1980, réalisant des bustes féminins composés de centaines de fleurs modelées à la main, à l’apparence fragiles. Elles sont « tranchantes comme des rasoirs », dit l’artiste.

Grès à glaçure mate et brillante, lustre or et platine • 95 × 53 × 62 cm • © Courtesy Johan Creten et Perrotin, Paris. © ADAGP/Paris, 2021

Pratique ancestrale ravivant le mythe de Prométhée, ce Titan châtié par Zeus pour avoir dérobé le feu sacré de l’Olympe et en avoir fait don aux humains, la céramique fascine les artistes depuis la nuit des temps. Elle est à l’origine des plus anciennes œuvres de l’humanité. Les premières céramiques connues sont vieilles de 30 000 ans. Découvertes sur le site de Dolní Věstonice, en Moravie (province de la République tchèque), comme le raconte Jean Girel dans son ouvrage Une brève histoire de la céramique, il s’agit de petites figurines de Vénus stylisées, ours, lions, mammouths et renards modelés dans de l’argile qu’un chaman jetait au four lors de rituels divinatoires. La figurine résistant à l’épreuve du feu, là où toutes les autres avaient fini par exploser, prédisait l’avenir de la lignée ou indiquait au clan quel animal chasser pour la journée.

Depuis, les hommes n’ont eu de cesse d’élaborer des formules pour dompter le phénomène, multipliant les expérimentations entre art et sciences, où le hasard joue les invités surprises, pour le meilleur et pour le pire. Car l’histoire de la céramique est aussi celle des imprévus. Les artisans chinois de Jingdezhen, capitale légendaire de la porcelaine, où un seul vase pouvait exiger l’intervention de vingt personnes, le savent bien : le moindre faux pas dans le processus de cuisson peut être fatal et anéantir des mois de travail… mais aussi produire des effets surprenants des plus réjouissants.

Bertozzi & Dal Monte Casoni, Regeneration
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Bertozzi & Dal Monte Casoni, Regeneration, 2012

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Trompe-l’œil ironique sur la vanité de nos sociétés de consommation, ce couple improbable (gorille yogi et chevreuil) qui trône sur un monceau de détritus nous fixe d’un regard doux et profond, non réprobateur. Il y aurait pourtant de quoi…

Céramique polychrome • 160 x 213 x 190 cm • © Bertozzi & Casoni.

C’est ainsi que les céladons craquelés auraient vu le jour en Chine. Ces porcelaines recouvertes d’émail vert pastel laissant deviner d’harmonieuses fissures seraient nées au XIIe siècle dans le cadre de rivalités entre deux frères potiers, l’un doué et reconnu, le second jaloux. Ce dernier, pour gâcher la fournée de son frère, aurait, une fois la nuit tombée, jeté de l’eau dans le four avec, finalement, un heureux résultat. S’il est difficile de prouver la véracité de cet épisode, l’engouement pour la porcelaine chinoise inventée au VIIe siècle fut bel et bien réel.

Surnommée « l’or blanc » en Occident, elle suscita une telle convoitise que certains potiers se faisaient enlever par leurs concurrents japonais, tandis que les Européens, mécontents de leurs propres faïences, cherchaient par tous les moyens à percer les mystères de son incroyable finesse (il faudra pour cela attendre le XVIIIe siècle). Parfois jusqu’à en perdre la raison. Ce fut le cas du génial Bernard Palissy, céramiste et émailleur du XVIe siècle, qui, s’il ne put trouver la formule chinoise, se mit à transformer plats et assiettes en créations merveilleuses grouillant de vie, où des reptiles et des végétaux naturalistes empêchaient toute tentative utilitaire de l’objet pour le faire accéder au rang d’œuvre d’art. Épuisé, complètement obsédé, Palissy expliquait « chercher des émaux, comme un homme qui tâte les ténèbres ».

Jean Carriès, Grenouille aux oreilles de lapin
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Jean Carriès, Grenouille aux oreilles de lapin, 1891

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C’est l’un des artistes les plus étonnants de la fin du XIXe siècle. Pour donner corps aux créatures de ses songes et de ses lectures, le sculpteur et céramiste autodidacte a repoussé les limites de la terre et du grès.

Grès émaillé • 34,4 × 26,8 cm • Coll. et CC0 Paris Musées / Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Quelque temps plus tard, au XIXe siècle, Jean Carriès, connu pour ses créatures étranges en grès émaillé, expliquait : « Seule mon araignée sous crâne m’empêche de me rebuter de ces émotions qui tuent. » En quelques années, il avait testé pas moins de 300 terres collectées pour les diverses opérations liées à la production de ses émaux. De quoi devenir fou. Un risque dont le céramiste américain George E. Ohr s’amusait. S’étant autoproclamé « Mad Potter of Biloxi », prenant la pose les moustaches frétillantes et l’œil illuminé pour des photographies passées depuis à la postérité, il se lance dans des expérimentations innovantes dans les années 1880–1910, aboutissant à des formes délirantes aux colorations inédites annonçant les frasques à venir du mouvement expressionniste abstrait.

Pour maîtriser la technique de ce nouveau médium qui piétine les règles académiques de la représentation et du bon goût, les avant-gardes n’hésitent pas à travailler en duo avec des spécialistes. Gauguin, qui invente en 1889 le terme de « céramique sculpture » pour définir ses nouvelles créations, les conçoit dans un premier temps avec l’aide du céramiste Ernest Chaplet, puis en solo une fois le savoir-faire acquis. Quand les Fauves s’approprient à leur tour le médium dans une explosion de couleurs digne d’un grand feu de joie, ils font appel au céramiste André Metthey. Picasso, lui, travaille avec les potiers de Vallauris, conjuguant ses propres intuitions à celles de son partenaire artisan Josep Llorens Artigas, et Miró s’en remet à Suzanne Ramié pour donner forme à ses rêves les plus fous, en espérant que le matériau caméléon qui se transforme au fil de la cuisson ne les trahisse pas.

Cheryl Ann Thomas, Exotic
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Cheryl Ann Thomas, Exotic, 2021

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Revisitant la technique classique du colombin, l’artiste construit des colonnes d’argile tellement fragiles qu’elles s’effondrent au moment de la phase de cuisson, donnant naissance à des draperies figées dans le temps.

Porcelaine enroulée • 31 × 21 × 20 cm • © Cheryl Ann Thomas.

Aujourd’hui encore, les céramistes redoutent autant qu’ils adorent ce moment crucial de l’ouverture du four. Emmanuel Boos, l’un des 90 artistes réunis dans le bel ouvrage consacré à la céramique contemporaine paru chez Pyramid en 2019, maître des pâtes à porcelaine dans lesquelles il crée d’envoûtantes formes géométriques et abstraites, raconte combien ce moment ne cesse de l’émerveiller malgré les désillusions qu’il peut apporter : « Une fois la déception initiale passée, je comprends, vois, accepte l’accident et le défaut. » « Une construction soigneuse suivie d’un accident » : c’est ainsi que Cheryl Ann Thomas définit, quant à elle, ses Compress de porcelaines enroulées et enchevêtrées les unes aux autres, qui révèlent toute leur délicatesse au moment crucial de la cuisson.

Outre les plaisirs de jouer avec le feu, c’est aussi le corps à corps direct avec la terre qui plaît aux artistes, la joie de la malaxer, la pétrir, dans une sorte de retour à l’acte originel de la création. Fin technicien dont les bustes féminins de grès émaillé sont aussi délicats que les créations d’un Palissy, Johan Creten évoque l’émotion inhérente à son travail : « Quand je touche la terre, elle m’enlève la douleur de la vie, elle me calme, fait partir la tristesse et me console. » Thomas Schütte, lui, laisse visible dans ses masques grimaçants les traces du travail laborieux de la matière, quand les plus extrêmes se passent carrément de la phase de cuisson, s’en remettant exclusivement aux forces telluriques.

Ron Nagle, Captive Morgan
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Ron Nagle, Captive Morgan, 2012

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Une météorite en éruption. Une mignardise pour les yeux. Une truffe au jaune d’œuf d’un chef étoilé. Une pierre précieuse d’un nouveau genre. Une boule de gomme surprise… On peut tout imaginer avec les petites pépites acidulées sculptées par le très inventif Ron Nagle.

Faïence, émail, polyuréthane catalysé, résine époxy • 13,3 × 14,6 × 14,6 cm • © Ron Nagle / Courtesy Matthew Marks Gallery.

Ce que fait Miquel Barceló dans une performance réalisée avec le scénographe et danseur Josef Nadj, Paso doble, sorte de transe exutoire où les deux complices se métamorphosent pour faire corps avec l’argile dont ils s’enduisent, donnant à voir en direct le processus artistique. Ana Mendieta, lors de performances poétiques entre rituel païen, body art et land art, inscrit l’empreinte de son corps à même le sol du paysage, initiant un étrange dialogue avec la terre nourricière. On est loin de la production de la céramique à proprement parler (quoique… Ana Mendieta utilisait aussi le feu dans son travail), mais bel et bien dans cet état d’esprit contestataire qui agite et anime ses éminents représentants dans les années 1970.

La charge politique et sociale de la céramique ne cesse dès lors de prendre de l’ampleur dans des œuvres en prise directe avec les grands enjeux de société, les questions de genre, de sexisme, de racisme. Judy Chicago fait sensation en imaginant ainsi son fameux Dinner Party, installation hommage à de grandes figures historiques ou mythologiques féminines, qui entend aussi réhabiliter un médium considéré au mieux comme un art décoratif mineur.

Anonyme (Mexique), Arbre de vie
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Anonyme (Mexique), Arbre de vie, 2004

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© Mucem, Marseille / service presse.

Au Nouveau-Mexique, Jody Folwell et sa fille Susan s’attaquent à une tradition artisanale vieille de deux mille ans, gravant à même les poteries des messages dénonçant le caractère rétrograde des conseils tribaux pueblos entièrement réservés aux hommes. La céramique devient le support privilégié pour inscrire des mots à jamais inaltérables. Theaster Gates, artiste abordant l’histoire des migrations et des relations interraciales, marque les esprits en 2010 avec son installation consacrée au travail de Dave the Potter, ancien esclave africain-américain ornant ses poteries de vers poétiques, qu’il met en relation avec les créations contemporaines d’artisans et musiciens de Milwaukee et Chicago.

Anticonformiste, émancipatrice, insoumise, la céramique a libéré la parole et les formes. Elle a ouvert à la sculpture de nouvelles perspectives, plus colorées, outrées, excessives, parfois dans une veine ultraréaliste à la limite du trompe-l’œil. Ainsi de l’effrayante petite fille en colère entourée de tasses possédées de Ronit Baranga, des bustes de femmes matures nues plus vraies que nature de Tip Toland ou des personnages à tête d’animaux d’Alessandro Gallo, lapine enceinte en jogging, papa coq protecteur, homme lézard tatoué portant treillis et rangers, tous réunis dans une fable contemporaine trash de la comédie humaine.

Alessandro Gallo, I Will Not Burn Bridges
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Alessandro Gallo, I Will Not Burn Bridges, 2020

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Homme-iguane du XXIe siècle blessé au visage mais prêt à répliquer avec un projectile inflammable et un bidon d’essence, ce personnage modelé de façon réaliste fait partie du bestiaire délirant du jeune et prometteur Alessandro Gallo. Détail qui tue : son tee-shirt « Godzilla devant la vague d’Hokusai ».

Grès et techniques mixes • 58 × 25,4 cm • © Alessandro Gallo.

La céramique a fait exploser le carcan imposé par la notion de beau universel pour explorer un monde sans préjugés où la laideur, l’étrange, le bizarre, le difforme, le décalé ont droit de cité. Anne Dressen, commissaire de l’exposition du MAM, parle d’une « esthétique de la difformité ». Et il ne faudra pas jouer les âmes prudes face à certaines créations qui y sont présentées, totems dégoulinants d’un Cameron Jamie ou d’un Nick Weddel, langue obscène de Marc Alberghina, formes licencieuses d’Elsa Sahal ou Rebecca Waren. « C’est parce qu’elle est ambivalente – double, trouble et souple – dans sa matière même et dans nos usages que la céramique est capable de modifier nos certitudes et nos hiérarchies, y compris les plus normatives, celles qu’on pensait les plus immuables. »

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Les flammes – L'âge de la céramique

Du 15 octobre 2021 au 6 février 2022
Un Concetto spaziale signé Lucio Fontana présentant d’étranges similitudes de forme avec un égouttoir à fromage du XVIIIe siècle ; une installation de Barceló dialoguant avec une tablette d’argile mésopotamienne du IIIe millénaire avant notre ère ; un vase japonais ancien s’apparentant à de l’expressionnisme abstrait… Entre rencontres fortuites, pièges visuels et correspondances heureuses, le parcours du musée d’Art moderne de Paris joue avec les apparences pour nous prouver, s’il le fallait encore, combien la céramique est un médium vivant, surprenant, polymorphe, qui fait voler en éclats les frontières et les hiérarchies entre les arts.

www.mam.paris.fr

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