Réfectoire des Cordeliers

L’art délicat de Chen Jialing, grand peintre chinois, à découvrir dans une expo gratuite à Paris

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Publié le , mis à jour le
Le Réfectoire des Cordeliers à Paris accueille dans une exposition gratuite les éblouissantes peintures à l’encre, les céramiques hors normes et les tapisseries d’un artiste encore méconnu en Europe mais estimé en Chine : Chen Jialing.
Vue de l’exposition ” Une vie au bord du fleuve : L’art de Chen Jialing”, au réfectoire des Cordeliers à Paris. À gauche, “Grenade” de Chen Jialing (2023). À droite, “Les cloches du soir de Nanping” de Chen Jialing (2024)
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Vue de l’exposition ” Une vie au bord du fleuve : L’art de Chen Jialing”, au réfectoire des Cordeliers à Paris. À gauche, “Grenade” de Chen Jialing (2023). À droite, “Les cloches du soir de Nanping” de Chen Jialing (2024)

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© InstanT Productions

Tout le ramène toujours au bord de l’eau. C’est là que Chen Jialing scrute depuis des décennies la marche naturelle de la vie. Les pruniers qui fleurissent et refleurissent au printemps, les oiseaux qui sortent de leurs nids. C’est là que jaillit sa créativité.

Né en 1937 à Tonglu, au confluent de deux rivières affluentes au Yantsé, grandi et formé sur près du lac de l’Ouest à Hangzhou, puis à l’Académie des arts de Chine, dont il est sorti diplômé en 1963, Chen Jialing puise, depuis des décennies, son art au bord du fleuve. Et, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, par ricochet, il est lui-même devenu une source d’inspiration intarissable pour l’école des beaux-arts de Shanghai où il a longtemps enseigné.

Vue de l’exposition « Une vie au bord du fleuve : L’art de Chen Jialing », au réfectoire des Cordeliers à Paris, 2024
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Vue de l’exposition « Une vie au bord du fleuve : L’art de Chen Jialing », au réfectoire des Cordeliers à Paris, 2024

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© InstanT Productions

Tout coulant de source dans la trajectoire de Chen Jialing, c’est Rive Gauche, à Paris, au sein du réfectoire des Cordeliers, que l’artiste est aujourd’hui invité pour sa première exposition en France. Cette dernière, organisée dans le cadre du 60e anniversaire des relations diplomatiques entre l’Hexagone et la Chine, offre la découverte éblouissante d’un talent encore inconnu en Europe autour d’un ensemble de peintures, de céramiques et de tapisseries en soie.

Réinventer la tradition de la peinture à l’encre

Chen Jialing, Les Cloches du soir de Nanping
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Chen Jialing, Les Cloches du soir de Nanping, 2013

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Encre sur papier Xuan – Polyptyque • 180 × 485 cm • Coll. particulière • © Chen Jialing / Shanghai International Culture Association (Sica)

Chen Jialing, 86 ans, est un maître estimé et collectionné en Chine. En explorant l’héritage culturel de son pays et étant inspiré par l’art occidental, ce maître est un novateur. « Chen Jialing a réinventé la tradition chinoise de la peinture à l’encre », introduit He Jing. Philosophe et critique d’art, elle a conçu l’exposition du réfectoire des Cordeliers avec Cao Dan, curatrice de nombreux événements entre la Chine et la France. « Notre parcours, poursuit cette dernière, introduit les trois transmutations de l’eau, celle qui dilue la peinture, du feu, qui change la terre en céramique, et de la soie, qui devient tapisserie. »

En pénétrant dans cet espace scénographié par Pascal Rodriguez comme un jardin chinois, on est immédiatement happé par d’immenses polyptyques. Sur plus de quatre mètres de long, ils déploient de magnifiques camaïeux de gris sur papier Xuan. L’un dessine point par point à l’encre des crêtes de montagnes d’une puissance remarquable, l’autre laisse planer la Lune d’automne sur un lac paisible.

Chen Jialing, Couleurs d’automne (détail)
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Chen Jialing, Couleurs d’automne (détail), 2017

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Encre sur papier Xuan • 180 × 291 cm • Coll. particulière • © Chen Jialing / Shanghai International Culture Association (Sica)

La couleur est aussi reine, surtout lorsqu’elle chante l’amour entre deux oisillons rose bonbon (Couleur d’automne, 2017). Elle vient planter ses graines, essaimer son pollen, laisse s’envoler des insectes et cultiver la beauté, entre éphémère et permanence : « Je suis toujours entre deux eaux », souligne l’artiste avec les yeux qui pétillent.

« J’aime m’en remettre au destin de la beauté »

Vue de l’exposition « Une vie au bord du fleuve : L’art de Chen Jialing », au réfectoire des Cordeliers à Paris, 2024
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Vue de l’exposition « Une vie au bord du fleuve : L’art de Chen Jialing », au réfectoire des Cordeliers à Paris, 2024

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© InstanT Productions

Il pointe trois prodigieuses jarres en porcelaine d’une envergure folle (plus de 522 cm de circonférence) qu’il a conçues avec son fils Chen Liang : du jamais-vu dans cette matière si fragile… Deux font fleurir des iris « symboles de la France » selon Chen Liang, une autre laisse exploser des grenades, « fruits de la fertilité ». «  J’aime m’en remettre au destin de la beauté », nous confie l’artiste heureux d’avoir persévéré avec le « dieu du feu ».

 

Alchimiste fasciné par la vie et les éléments de la nature, Chen Jialing aime expérimenter. Ce dont témoigne une série d’assiettes en porcelaine aux motifs floraux où la matière craquèle, une technique mise au point avec une cuisson de l’émail abaissée. Outre la calligraphie et la peinture, l’artiste a aussi imaginé une tapisserie en fils de soie, réalisée d’après une de ses peintures de 2009 et exécutée selon la technique classique chinoise du kèsi, où les motifs sont similaires sur les deux faces de la tapisserie. C’est toute l’idée de la transformation, du changement, de la philosophie chinoise matérialisée par des mains d’or.

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Une vie au bord du fleuve : L'art de Chen Jialing

Du 4 avril 2024 au 21 avril 2024

refectoiredescordeliers.rivp.fr

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