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Après avoir battu des records de fréquentation (plus de 1,2 million de visiteurs) et suscité l’enthousiasme général avec la présentation de la collection Chtchoukine à l’hiver 2016–2017, la fondation Louis Vuitton récidive et retrace l’histoire de l’autre grande collection russe d’art moderne, celle des frères Morozov. Près de 200 œuvres retracent la passion de Mikhaïl et Ivan pour Cézanne, Monet, Gauguin, Bonnard, Matisse, exposés aux côtés de l’avant-garde russe dont ils ont acquis des pièces emblématiques, signées Vroubel, Répine, Larionov, Serov… Une plongée époustouflante dans l’intimité d’une famille de la bourgeoisie moscovite qui dépensait sans compter pour obtenir des œuvres qui allaient devenir des icônes de l’histoire de l’art. D. B.
Paul Gauguin, Matamoe (la Mort) – le Paysage aux paons, 1892
Huile sur toile • 116,5 × 89 cm • © Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou.
La collection Morozov – Icônes de l’art moderne
Du 22 septembre 2021 au 3 avril 2022
Après avoir battu des records de fréquentation (plus de 1,2 million de visiteurs) et suscité l’enthousiasme général avec la présentation de la collection Chtchoukine à l’hiver 2016-2017, la fondation Louis Vuitton récidive et retrace l’histoire de l’autre grande collection russe d’art moderne, celle des frères Morozov. Près de 200 œuvres retracent la passion de Mikhaïl et Ivan pour Cézanne, Monet, Gauguin, Bonnard, Matisse, exposés aux côtés de l’avant-garde russe dont ils ont acquis des pièces emblématiques, signées Vroubel, Répine, Larionov, Serov… Une plongée époustouflante dans l’intimité d’une famille de la bourgeoisie moscovite qui dépensait sans compter pour obtenir des œuvres qui allaient devenir des icônes de l’histoire de l’art.
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
C’est une prouesse que de réunir aujourd’hui des œuvres si précieuses de la Renaissance. Le musée Jacquemart-André offre à ses visiteurs le luxe de se confronter à une quarantaine de peintures de Botticelli, accompagnées de quelques autres de ses contemporains florentins, dont son maître, Filippo Lippi, prêtées par le Louvre, la National Gallery de Londres, le Rijksmuseum d’Amsterdam, les musées et bibliothèques du Vatican, les Offices de Florence ou la Gemäldegalerie de Berlin. Une première parisienne depuis 2003 ! N C.-V.
Sandro Botticelli, Le Printemps, vers 1480
Tempera sur bois • 207 x 319 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence / © Photo Scala, Florence / Courtesy Ministero Beni e Att. Culturali e del Turismo.
Botticelli – Artiste et designer
Du 10 septembre 2021 au 24 janvier 2022
www.musee-jacquemart-andre.com
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
Revisiter les grands moments de la Russie des tsars et des révolutions à travers une centaine de peintures : telle est l’expérience que propose le Petit Palais à Paris. Des scènes populaires, des instantanés d’événements politiques marquants et plusieurs galeries de portraits : membres de la famille d’Ilya Répine, mécènes, hommes de pouvoir, écrivains ou musiciens… Ce vaste panorama illustre les six décennies de carrière de Répine, l’évolution de son style et son questionnement sur l’art. Première rétrospective française du peintre russe, cette manifestation s’inscrit dans un cycle d’expositions initié à la Galerie nationale Tretiakov de Moscou en 2018, réalisé en partenariat avec le Musée russe de Saint-Pétersbourg et l’Ateneum Art Museum d’Helsinki, auquel l’artiste a légué quantité d’œuvres de sa collection personnelle. A. F.
Ilya Répine, Quelle liberté !, 1903
Huile sur toile • 179 × 284,5 cm • © State Russian Museum/Bridgeman Images.
Ilya Répine. Peindre l’âme russe
Du 5 octobre 2021 au 23 janvier 2022
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Crise sanitaire oblige, les 200 ans de l’indépendance de la Grèce, qui se libéra en 1821 du joug ottoman, ont été fêtés de manière un peu trop discrète. Et l’exposition orchestrée par le Louvre, sous la houlette de son désormais ex-président-directeur, l’archéologue Jean-Luc Martinez, reportée à plusieurs reprises. La voilà donc lancée pour cet automne, dans l’élan de cette vague révolutionnaire qui incita une partie de l’intelligentsia européenne à défendre l’eleutheria (liberté) grecque, à l’instar de lord Byron engagé dans les troupes combattantes. Delacroix, qui n’était pourtant jamais venu au pays d’Homère, fixa quant à lui ces moments historiques avec de magistraux tableaux : la Grèce sur les ruines de Missolonghi ou les Massacres de Scio. L’époque marque aussi la naissance de l’archéologie moderne, avec les fouilles de Milos, Delphes, Delos ou Knossos, et la compétition entre savants et aventuriers autant qu’entre grandes nations, France et Allemagne déjà face à face. S. F.
Jacques Rizo, Soirée athénienne, 1897
© National Gallery, Alexandros Soutsos Museum, Athènes / Photo Stavros Psirouk
Paris-Athènes : Naissance de la Grèce moderne 1675 ‐ 1919
Du 30 septembre 2021 au 7 février 2022
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
Il y a de l’Espagne, du Rembrandt et un zeste de Chardin dans sa peinture, décidément très influencée par les maîtres anciens, à l’heure où Monet, lui, explorait d’autres voies, plus détachées du réalisme. Inconnu sans l’être totalement tant il est présent dans nos collections publiques, Théodule Ribot (1823–1891) fait l’objet à Toulouse d’une ambitieuse exposition qui poursuivra son chemin à Marseille puis à Caen. Natures mortes, portraits, scènes de genre… Pleins feux sur un peintre d’une extrême humilité, qui toujours sonda l’obscurité dans ses moindres nuances. S. F.
Théodule Ribot, Un gigot, 1870–1880
Coll. Musée de Picardie, Amiens / © Photo Marc Jeanneteau.
Théodule Ribot. Une délicieuse obscurité
Du 16 octobre 2021 au 10 janvier 2022
Musée des Augustins • 21 Rue de Metz • 31000 Toulouse
www.augustins.org
Autour des deux chefs-d’œuvre qu’il conserve, les Jeunes et les Vieilles, fausse paire de tableaux mais véritables (et impitoyables) vanités, le Palais des beaux-arts de Lille réunit une quarantaine de peintures, gravures et dessins de Goya, ainsi que des reconstitutions numériques immersives, afin d’illustrer le processus créatif et la très forte personnalité du maestro espagnol. C. B.
Francisco de Goya y Lucientes, Les Jeunes, 1813–1820
© Palais des Beaux-Arts, Lille.
Expérience Goya
Du 15 octobre 2021 au 14 février 2022
Palais des Beaux-Arts de Lille • 18 bis, rue de Valmy • 59000 Lille
www.pba-lille.fr
À Venise, elle est une institution réputée, connue notamment pour avoir permis la sauvegarde de l’îlot San Giorgio Maggiore et de son monastère, après des années d’occupation militaire. Créée par le comte Vittorio Cini en mémoire de son fils disparu, elle est aussi mondialement connue pour son centre de recherche et sa richissime bibliothèque d’histoire des arts et de manuscrits précieux. À Aix-en-Provence, elle dévoile une autre partie de ses trésors : 70 œuvres de sa collection de peintures signées Fra Angelico, Piero della Francesca, Jacopo Pontormo ou Giandomenico Tiepolo. Une première ! C. B.
Piero di Cosimo, La Vierge et l’Enfant avec deux anges, Vers 1505–1510
© Fondazione Giorgio Cini, Galleria di Palazzo Cini, Venise.
Trésors de Venise – La Collection Cini
Du 19 novembre 2021 au 27 mars 2022
Hôtel de Caumont - Centre d'art • 3 Rue Joseph Cabassol • 13100 Aix-en-Provence
www.caumont-centredart.com
C’est un fait : l’histoire des impressionnistes a longtemps négligé la gent féminine qui était pourtant bel et bien présente dans ses rangs. Preuve en est avec cette première exposition consacrée à Julie Manet (1878–1966) ! Fille de la première peintre impressionniste, Berthe Morisot, et nièce d’Édouard Manet, elle fut dès son plus jeune âge le modèle d’artistes (de Renoir à Manet) et une artiste peu sûre de son trait, plutôt chroniqueuse et mémorialiste du mouvement. Elle réunit surtout avec son époux, Ernest Rouart, une admirable collection et se dédia à l’œuvre de sa mère et de son oncle. C. B.
Photographe inconnu, Portrait inédit de Julie Manet
Coll. particulière / © Franck Boucourt.
Julie Manet – Une éducation impressionniste
Du 19 octobre 2021 au 20 mars 2022
Musée Marmottan-Monet • 2 Rue Louis Boilly • 75016 Paris
www.marmottan.fr
Il est l’auteur d’une peinture tout à fait singulière, entre académisme et symbolisme, dans laquelle des femmes vaporeuses s’offrent à la contemplation. L’Alsacien Jean-Jacques Henner fait un retour remarqué dans sa ville natale avec cette vaste rétrospective réunissant 90 tableaux et 40 dessins. On y découvre les pans moins connus de son œuvre, peintures religieuses, portraits et paysages, tous empreints d’une certaine poésie, à une époque où la modernité picturale s’imposait… sans le convaincre de changer sa manière. C. B.
Jean-Jacques Henner, Idylle, 1872
Coll. musée national Jean-Jacques Henner, Paris • © Photo RMN-GP Hervé Lewandowski.
Jean-Jacques Henner. La chair et l’idéal
Du 8 octobre 2021 au 24 janvier 2022
Musée des Beaux-Arts de Strasbourg • 2 Place du Château • 67000 Strasbourg
www.musees.strasbourg.eu
Fruit d’un ambitieux partenariat avec le LACMA de Los Angeles où elle fera escale cet hiver, cette passionnante exposition replace le cinéma français des années 1895–1907 dans le contexte de l’histoire des arts, entre révolution des courants picturaux modernes et diffusion de la photographie. Une période marquée par des expérimentations tous azimuts, tant techniques que formelles, plus ou moins heureuses. Et par la récurrence d’interrogations sur la manière de retranscrire le passage du temps, de fixer le réel sur pellicule, avec ses nuances de couleurs et ses sons. S. F.
Léon Belly, Pèlerins allant à La Mecque, 1861
© Musée d’Orsay, Paris, dist. RMN-Grand Palais / Hervé Lewandowski
Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France (1833-1907)
Du 28 septembre 2021 au 16 janvier 2022
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Après Grenoble en 2015, c’est au tour du Centre Pompidou de rendre hommage à la first lady de la peinture nord-américaine. Première femme à faire l’objet d’une rétrospective au MoMA, Georgia O’Keeffe (1887–1986) a été révélée par le photographe et galeriste Alfred Stieglitz, avec qui elle formera un couple mythique aux USA. Célébrée parmi les géants de l’avant-garde européenne et américaine, elle aura traversé tous les grands courants du XXe siècle sans jamais déroger à son esthétique singulière et chatoyante, viscéralement érotique. Outre ses immenses peintures de fleurs, seront exposés paysages et vues urbaines, ainsi que ses peintures d’os pelviens et de crânes d’animaux glanés dans le désert du Nouveau-Mexique, sa terre d’élection. C. B.
Georgia O’Keeffe, Grey, Blue and Black – Pink Circle, 1929
Courtesy Dallas Museum of Art.
Georgia O'Keeffe
Du 8 septembre 2021 au 6 décembre 2021
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Du couple Albers, l’histoire n’a longtemps retenu que Josef. Mais la discrète Anni a désormais toute sa place aux côtés du maître du Bauhaus. Elle aussi est passée par la prestigieuse école de Weimar. Aux femmes, on réservait les cours de textile. Elle y fit preuve d’un tel talent en tant qu’étudiante qu’elle en assura l’enseignement dès 1931, inventant avec ses paires une version tissée de l’abstraction. Les deux artistes communiaient dans un même amour des lignes pures, de l’entrechoc des pigments. Après leur exil aux États-Unis, où ils fuient le nazisme, c’est en Amérique latine qu’ils trouvèrent de nouvelles inspirations. Cuba, Pérou, Chili, Mexique… Les photos prises par Josef Albers montrent comment les motifs observés là-bas ont pu nourrir ses fameux Hommages au carré, mais aussi les gravures et sérigraphies qu’expérimente Anni à la fin de sa vie. En un pas de deux, ils effectuèrent la magnifique traversée d’un siècle, et d’une planète. E. L.
Anni Albers, Intersecting, 1962
Josef Albers Museum Quadrat, Bottrop / © The Josef and Anni Albers Foundation/ADAGP, Paris 2021.
Anni et Josef Albers – L’art et la vie
Du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
« J’aimerais être comme nouvellement né, ne rien connaître de l’Europe, absolument rien […], être quasiment primitif. » S’il est un artiste chez qui la quête absolue des origines de l’art fut une préoccupation majeure, c’est bien l’inclassable Paul Klee. Son art, toujours entre deux mondes, celui de la peinture et de la musique, de la figuration et de l’abstraction, explora les confins des vibrations originelles de la création, ceux qui lui semblaient préservés de ses propres référents culturels, puisant sa matière dans l’art préhistorique ou extra-occidental (nous sommes au début du XXe siècle) mais aussi dans la spontanéité des dessins d’enfants ou de « l’art des fous ». Du Bauhaus où il enseigna aux surréalistes qu’il fréquenta, cette rétrospective majeure le confronte à ses sources, non sans interroger le sens de cette quête du primitif. S. F.
Paul Klee, Bastard (Bâtard), 1939
© Zentrum Paul Klee, Berne.
Paul Klee, entre-mondes
Du 19 novembre 2021 au 27 février 2022
LaM • 1, allée du Musée • 59650 Villeneuve-d'Ascq
www.musee-lam.fr
Le face-à-face s’impose comme une évidence : Willem de Kooning (1904–1997) est l’héritier le plus inspiré de Chaïm Soutine (1893–1943), le peintre de Montparnasse. Particulièrement célébrées dans l’Amérique des années 1930 à 1950, ses toiles torturées frappent la jeune génération des expressionnistes abstraits. Quand de Kooning se lance, au milieu des années 1950, dans sa révolutionnaire série des Women, il trouve en Soutine, qu’il admire depuis vingt ans, la force de libérer son pinceau. Qui, mieux que le peintre russe, a fait trembler cette ligne fragile qui sépare figuration et abstraction ? Le musée de l’Orangerie poursuit son magnifique travail de réflexion sur ses collections en évoquant cette conversation, autour d’une question qu’ils avaient en commun : jusqu’où peut aller la peinture ? E. L.
« Le Groom » de Chaïm Soutine (1925) et « Woman » de Willem De Kooning (1953)
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Photo Christian Bahier / Philippe Migeat. © Centre Pompidou, Paris, dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat / service presse. © Glenstone Museum, Potomac / © Willem de Kooning Foundation / Adagp, Paris 2021.
Chaïm Soutine / Willem de Kooning, la peinture incarnée
Du 15 septembre 2021 au 10 janvier 2022
Musée de l'Orangerie • Jardin des Tuileries - Place de la Concorde • 75001 Paris
www.musee-orangerie.fr
Cette nouvelle saison du Palais de Tokyo s’articule autour de l’exposition « Ubuntu – Un rêve lucide ». « Que ce soit clair, ce n’est pas une exposition sur l’Afrique, prévient sa commissaire, Marie-Ann Yemsi. Mais une tentative de sortir notre pensée de ses zones de confort et d’explorer d’autres façons de comprendre le monde. » Autour d’une philosophie venue d’Afrique, nourrie des notions de collectivité et d’hospitalité, elle a réuni une vingtaine d’artistes, dont le peintre kényan Michael Armitage, le Camerounais Bili Bidjocka ou le vidéaste brésilien Jonathas de Andrade qui dévoile ses dernières toiles. Un néon à l’entrée du Palais donne le la, avec une citation de Pessoa : « Ici nous portons les rêves du monde. » Cinq expositions viennent compléter ce manifeste, dont un hommage à la réalisatrice engagée Sarah Maldoror, qui nous mène sur ses traces de Paris à Moscou en passant par Conakry, Alger et Fort-de-France. Mais aussi une invitation au Carioca Maxwell Alexandre, et un focus qui promet d’être passionnant sur le projet de l’Australien Jonathan Jones, enquête autour d’une expédition française en territoire austral au tout début du XIXe siècle. E. L.
Maxwell Alexandre, O Batismo, 2018
Courtesy A Gentil Carioca Gallery, Rio de Janeiro.
Six continents ou plus
Du 26 novembre 2021 au 20 mars 2022
Palais de Tokyo • 13, avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.palaisdetokyo.com
Parmi les promesses de Prométhée, il y avait celle-ci : faire naître des flammes la beauté. Dans le sillage de son passionnant panorama consacré à l’art textile (« Decorum », en 2013), le musée d’Art moderne de la Ville de Paris met à l’honneur l’art céramique, mêlant inventions du néolithique et expériences contemporaines. De Vénus préhistoriques en monstres de Jean Carriès, de jarres Mochica en rakus japonais, des vases de la Grèce antique aux plats naturalistes de Bernard Palissy, protégé de Catherine de Médicis, les hommes apprivoisent la terre et le feu, en un même geste. Les modernes et contemporains se sont emparés eux aussi de cet art longtemps jugé mineur, comme le rappellent les créations de Meret Oppenheim, et plus près de nous Judy Chicago, Dewar & Gicquel ou Theaster Gates. Bref, une traversée passionnante des savoirs de l’homme, qui embrasse artisanat, design, cuisine, médecine, aéronautique et écologie. E. L.
Anonyme (Mexique), Arbre de vie, 2004
© Mucem, Marseille / service presse.
Les flammes – L'âge de la céramique
Du 15 octobre 2021 au 6 février 2022
Un Concetto spaziale signé Lucio Fontana présentant d’étranges similitudes de forme avec un égouttoir à fromage du XVIIIe siècle ; une installation de Barceló dialoguant avec une tablette d’argile mésopotamienne du IIIe millénaire avant notre ère ; un vase japonais ancien s’apparentant à de l’expressionnisme abstrait… Entre rencontres fortuites, pièges visuels et correspondances heureuses, le parcours du musée d’Art moderne de Paris joue avec les apparences pour nous prouver, s’il le fallait encore, combien la céramique est un médium vivant, surprenant, polymorphe, qui fait voler en éclats les frontières et les hiérarchies entre les arts.
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Il y a les pieds de Willi Ruge flottant au-dessus de Berlin pendant qu’il saute en parachute, son appareil fixé à la taille, en 1931. Le bras amputé qu’Herbert Bayer observe effaré dans un autoportrait « impossible » de 1932. Les mains extraterrestres solarisées par Maurice Tabard pour le film Culte vaudou en 1936. Il y a tant et plus dans la collection Thomas Walther qu’une seule exposition ne saurait l’épuiser. La sélection de 230 photographies proposée par Quentin Bajac, ex-conservateur en chef de la photographie au MoMA aujourd’hui à la tête du Jeu de Paume, nous donne tout de même une idée assez précise de l’incroyable richesse de cet ensemble. C’est bien simple : de Dada au Bauhaus en passant par la Straight Photography, toutes les avant-gardes européennes et américaines sont ici réunies ! N. N.
Maurice Tabard, Essai pour le film Culte vaudou, 1936
RMN-Grand Palais / Photo Daniel Arnaudet.
Chefs-d’œuvre photographiques du MoMA. La collection Thomas Walther
Du 14 septembre 2021 au 13 février 2022
Jeu de Paume • 1, place de la Concorde • 75008 Paris
www.jeudepaume.org
La street photography a sa Mary Poppins : Vivian Maier (1926–2009), qui sortait de son boîtier des images prodigieuses, fixes ou animées, en noir et blanc ou en couleurs. Son histoire, mythique, est désormais connue de tous : gouvernante pour enfants et photographe « amateur », elle produisit dans l’anonymat une œuvre-fleuve comparable à celle des géants Helen Levitt ou Garry Winogrand, mais qui ne fut découverte qu’en 2007 au hasard d’une vente aux enchères. De ses vues urbaines de New York ou Chicago à ses portraits et autoportraits, de sa période cinétique à ses films super-8, ses photographies sont celles d’une arpenteuse infatigable. Au détour d’une rue ou d’un parc, Vivian Maier a vu ce que l’Amérique n’a pas toujours voulu voir, tout affairée qu’elle était à poursuivre son rêve sans lendemain. Le musée du Luxembourg lui rend hommage à travers une vaste rétrospective. N. N.
Vivian Maier, Chicago, Non daté
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, New York.
Vivian Maier
Du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022
Musée du Luxembourg • 19, rue de Vaugirard • 75006 Paris
museeduluxembourg.fr
Vamps insectoïdes ornées d’ailes de papillon ou de pneus ; sirènes à taille de guêpe et écailles iridescentes, plumes et crin de cheval… La faune haute couture de Thierry Mugler vient faire le show au MAD ! Ses inénarrables créatures à bustier pare-chocs ou cuirasse robotique se joindront aussi à la fête pour célébrer l’inventeur de la « glamazone », cette femme à épaulettes oversize qui, dès la fin des années 1970, se para de latex et de vinyle pour donner un coup de fouet à l’époque (et enterrer le flower power). En invitant Diana Ross ou Sharon Stone sur scène, Mugler est aussi celui par qui le défilé-spectacle arriva. Helmut Newton, Jerry Hall, Jean-Paul Goude, Ellen von Unwerth, Iman… Tous les fétichistes de l’esthétique Mugler s’en font les témoins et les acteurs dans cette exposition conçue comme le plus space des opéras ! N. N.
Thierry Mugler, Collection les Insectes, haute couture printemps-été 1997
© Patrice Stable.
Thierry Mugler – Couturissime
Du 30 septembre 2021 au 24 avril 2022
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
madparis.fr
L’exposition « Cartier et les arts de l’Islam » promet de nous emmener loin, très loin, aussi loin que l’imagination le permet. Vers un Orient fantasmé par des élégantes qui rêvaient de porter en sautoir l’extrême raffinement des Moghols et des Perses à leur âge d’or, mais aussi vers la rue de la Paix, Mecque de la modernité où déferlaient tous les maharajahs. Trait d’union entre ces deux mondes, Cartier créa diadèmes, aigrettes, poudriers et parures d’un luxe inoui, que le MAD expose aux côtés des mosaïques, miniatures peintes, ivoires ou marqueteries qui inspirèrent à Louis Cartier et à « la panthère » Jeanne Toussaint les styles Guirlande et Tutti Frutti. Or, lapis-lazuli et turquoise : ici la roue d’un paon se fait géométrie Art déco sur un étui à cigarettes. Or, diamants et plumes : là un ornement de tête n’attend qu’une duchesse pour s’envoler et écrire le mythe Cartier. N. N.
Cartier (Paris), Collier draperie commandé par le duc de Windsor en 1947
© Cartier.
Cartier et les arts de l’Islam - Aux sources de la modernité
Du 21 octobre 2021 au 20 février 2022
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
madparis.fr
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