Nouvelles tendances de l’art contemporain, art de la céramique, icône de la photographie… Il y en pour tous les goûts ! Et toutes les bourses, puisque l’entrée dans les galeries est libre. Voici ce qui nous a tapé dans l’œil.
C’est le moment d’aller contempler l’hommage souriant de la galerie Magnum à son illustre membre Elliott Erwitt, de découvrir Lauren Halsey chez Gagosian qui célèbre son identité noire. Mais aussi de flasher à la galerie Daguet-Bresson pour la céramique fantastique de Claire Lindner et, à la galerie Andréhn-Schiptjenko, pour les tableaux de Ridley Howard, ou encore ceux de Renske Linders à la galerie d’Eylau.
Lauren Halsey, « slo but we sho: everybody is going to make it this time », 2024
Technique mixte sur de la mousse et bois isolés par un film • 282 × 291,5 × 42,5 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Gagosian / Photo Thomas Lannes
Vous ne la connaissez sûrement pas mais cette artiste américaine est une star à Los Angeles, où elle est née en 1987 et où elle a plusieurs fois été exposée et primée pour ses œuvres pleines d’audace. Lauren Halsey est un porte-drapeau de sa génération. Elle revendique son attachement à la communauté de South Central, quartier noir de la Cité des Anges, en Californie. En France, on peut admirer son travail, qui n’a jusqu’ici été montré qu’une seule fois, chez Gagosian rue de Ponthieu, à Paris, où elle dévoile deux ensembles d’œuvres qui transcendent sa fierté d’être noire, puisant dans l’esthétique afro-futuriste se nourrissant de l’Égypte antique. Si vous êtes de passage à la 60e Biennale de Venise, sachez que Lauren Halsey y participe aussi… M.B.
Lauren Halsey
Du 21 mars 2024 au 25 mai 2024
Galerie Gagosian — Paris • 4 Rue de Ponthieu • 75008 Paris
www.gagosian.com
Elliot Erwitt, Sans titre, New York, États-Unis, vers 1950
Tirage argentique • Coll. Magnum Photos • © Elliot Erwitt / Magnum Photos
Quelques mois après sa mort, survenue le 29 novembre 2023, à l’âge de 95 ans, Elliott Erwitt est à l’honneur chez Magnum, dont il avait rejoint la fameuse agence photo en 1953. Pour célébrer l’art de cet illustre photographe, et son impact durable sur l’histoire visuelle, la galerie Magnum a rassemblé une trentaine de photographies sous l’intitulé « But Seriously », clin d’œil à l’état d’esprit d’Erwitt déclarant : « Je ne suis pas un photographe sérieux comme beaucoup de mes contemporains le sont. Ce que j’entends par là, c’est que je prends très au sérieux mon manque de sérieux. » De ses portraits de chiens à ceux de nos congénères humains, on apprécie cet hommage à un artiste qui avait décidément du flair. M.B.
But Seriously. Elliott Erwitt
Du 8 mars 2024 au 25 mai 2024
Galerie Magnum Photos • 68 Rue Léon Frot • 75011 Paris
www.magnumphotos.com
Vue de l’exposition « Claire Lindner. Les arbres ont des ailes » à la galerie Daguet-Bresson à Paris
© Claire Lindner / Courtesy Galerie Daguet Bresson
Après une ouverture appréciée par le monde de la céramique en janvier dernier, la galerie Daguet-Bresson frappe encore très fort avec un premier solo show qui annonce la couleur. Jusqu’au 4 mai, la galerie rassemble les œuvres de Claire Lindner – intégrées dans des collections des quatre coins du monde – autour de l’exposition « Les arbres ont des ailes ». En mettant en lumière ses sculptures aux formes envoûtantes et organiques, l’événement présente la technique d’émaillage unique de l’artiste qui tente de se rapprocher au plus près du réel. Voilà qui rend hommage au vivant et pousse toujours plus loin les frontières de la céramique contemporaine. Sublime ! M.M.D.
Claire Lindner. Les arbres ont des ailes
Du 14 mars 2024 au 4 mai 2024
Galerie Daguet-Bresson • 16 Rue de l'Arcade • 75008 Paris
daguetbresson.art
Ridley Howard, Montagne (Mountain), 2024
Huile sur lin • 127 × 152.4 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Andréhn Schiptjenko
C’est une fenêtre ouverte sur l’azur, encadrée par une paire de lunettes de soleil, un petit pan d’architecture… Les huiles sur toile de lin de l’Américain Ridley Howard jouent la partition du parfait instantané léché d’Instagram. Les corps et les environnements sont vus par le détail, et se donnent des airs de collages, aussi bien en petits formats qu’en grands. Entre pop art américain et abstraction, cet artiste exposé partout dans son pays a quelque chose d’Edward Hopper (pour sa mélancolie) et de Tom Wesselmann (pour ses couleurs). À vous d’en élaborer la narration en admirant son travail présenté à la galerie Andréhn-Schiptjenko. M.B.
Ridley Howard
Du 21 mars 2024 au 18 mai 2024
Galerie Andréhn-Schiptjienko • 56 Rue Chapon • 75003 Paris
www.andrehn-schiptjenko.com
Renske Linders, Framboise zoom, 2024
Huile sur toile • 96 × 116 cm • Coll. particulière • © Emiliya Sultan / Courtesy Galerie d’Eylau.
Si vous êtes de passage au Palais de Tokyo (où l’on peut admirer la superbe monographie de Mohamed Bourouissa), n’hésitez pas à pousser la porte de la Galerie d’Eylau, laquelle promeut des artistes émergents autour de solo show. Actuellement on y découvre les frissonnantes œuvres de la Néerlandaise Renske Linders, également résidente à POUSH, à Aubervilliers. La jeune artiste de 29 ans triture les symboles de la féminité par le détail dans ses tableaux : des escarpins, du vernis à ongles… Une collection d’images qui invite à regarder la femme autrement et à s’émanciper d’un étouffant mythe. L’accrochage a été baptisé « Revenge Dress », en clin d’œil à la scandaleuse robe portée par Lady Diana à la suite de son divorce avec le Prince Charles. Une femme libre ! M.B.
Revenge Dress - Renske Linders
Du 28 mars 2024 au 11 mai 2024
Galerie d'Eylau • 36 Avenue d'Eylau • 75016 Paris
galeriedeylau.com
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