SEMAINE DE L’ART

Foires off : nos plus belles découvertes 2024 d’Asia Now, AKAA, Offscreen et Paris Internationale

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Comme chaque année, la capitale attire durant la semaine de l’art les meilleures galeries de la planète et, avec elles, des pépites d’artistes qui ne demandent qu’à être révélées. Pour faire le plein de découvertes stimulantes, filez donc dans les nombreuses foires et salons ouverts tout ce week-end à travers Paris. Beaux Arts vous partage ses coups de cœur.

Alors qu’Art Basel Paris éblouit en se déployant sous la cloche du Grand Palais rénové, une myriade de foires et de salons nous réservent de belles surprises aux quatre coins de la capitale, jusqu’au dimanche 20 octobre. On ira à la Monnaie de Paris pour s’immerger dans le meilleur de la création asiatique à Asia Now, qui fête ses 10 ans. Pour l’Afrique et ses diasporas multiples, direction la 9e édition d’AKAA, dans la halle du Carreau du Temple.

De plus en plus courue, Offscreen nous en met plein la vue au grand garage Haussmann, magnifique écrin de béton brut où l’image s’explore sous toute ses formes. Enfin, la 10e édition de la foire Paris Internationale reprend ses quartiers, pour la deuxième année consécutive, dans un ancien central téléphonique sur les Grands Boulevards, avec une sélection toujours plus pointue et excitante de la création émergente.

ASIA NOW

C’est un rendez-vous immanquable de cette semaine de l’art ! Dans l’espace labyrinthique de la Monnaie de Paris, Asia Now fête son 10e anniversaire avec une soixantaine d’exposants présentant des artistes de toute l’Asie et de sa diaspora. Pour l’occasion, le commissaire Nicolas Bourriaud a été invité avec sa plateforme curatoriale Radicants à présenter 18 artistes explorant le thème de la cérémonie. Au programme également, des performances, de la danse et des expériences culinaires. Résultat, une édition vivante et foisonnante.

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Asia Now 2024

Du 17 octobre 2024 au 20 octobre 2024

asianowparis.com

Les sympathiques yōkai de Makiko Furuichi

Makiko Furuichi, Vue du stand Les filles du calvaire à Asia NOW, Paris, 2024
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Makiko Furuichi, Vue du stand Les filles du calvaire à Asia NOW, Paris, 2024

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Courtesy Makiko Furuichi / Les filles du calvaire, Paris

Ce sont des visions comme sorties d’un rêve : sur le stand de la galerie parisienne des Filles du Calvaire, l’aquarelle s’échappe de la feuille de papier, s’invite et prolifère sur les cimaises, du sol au plafond. Silhouettes fantomatiques colorées et créatures fantastiques habitent l’imaginaire onirique de Makiko Furuichi, artiste née au Japon en 1987. De son enfance passée dans un temple, elle a gardé une vision animiste du monde et une attention portée aux petits détails du quotidien. Ici, elle a voulu s’emparer de la figure du yōkai, d’ordinaire inquiétante dans les représentations traditionnelles de l’estampe, qu’elle transfigure en petite bête curieuse et drôle et, disons-le franchement, inoffensive. On la retrouvera à partir de novembre prochain à l’Artothèque de Caen, qui lui consacrera une exposition. I.B

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Stand de la galerie Les Filles du Calvaire

L’envoûtement de la Géorgienne Rusudan Khizanishvili

Rusudan Khizanishvili, Half Human, The Wings
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Rusudan Khizanishvili, Half Human, The Wings, 2023

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Présenté par la Galerie LJ à Asia NOW, Paris, 2024

Huile sur toile • 130 × 100 cm • © Galerie LJ

Peu connue en France, Rusudan Khizanishvili est une star dans son pays, la Géorgie, qu’elle a représenté à la Biennale de Venise en 2015. Impossible, en passant sur le stand de la galerie LJ, de ne pas se laisser happer par ses toiles aux couleurs ensorcelantes, qui envoûtent au premier regard. Celles-ci foisonnent de motifs puisés dans la culture populaire et le folklore géorgiens, à partir desquels l’artiste esquisse des récits oniriques aux frontières du transhumanisme. D’une puissance mystique rare, ils mettent en scène des chimères, des déesses, des papillons de nuit, et nous ouvrent les portes d’un monde magique et mystérieux, où le réel se mêle au sacré. Bonne nouvelle : l’artiste fera l’objet d’une expo plus copieuse à la galerie LJ, dès le 28 novembre, sur l’univers de la prestidigitation… I.B.

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Sur le stand de la galerie LJ

Le petit bric-à-brac parfumé de Syagini Ratna Wulan

Syagini Ratna Wulan, Populiscent & I, Candy Perfume Display
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Syagini Ratna Wulan, Populiscent & I, Candy Perfume Display, 2024

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Présenté par Selasar Sunaryo Art Space à Asia NOW, Paris, 2024

Syagini Ratna Wulan

« Nobody cares about your Spotify » C’est un poil vexée par cette assertion inscrite au feutre sur un banal morceau de carton que la personne qui rédige ces lignes s’est laissée prendre au jeu de l’installation de Syagini Ratna Wulan. Sur les cimaises, l’artiste a rassemblé toutes sortes d’objets du quotidien – bibelots, livres, appareils électroniques hors d’âge… Ainsi offerts à notre vue, ils forment une sorte de mini cabinet de curiosités étrangement familier – la banalité muséifiée. Puis devant chaque assemblage, l’on est intrigué par un petit flacon : du parfum ! Pour chacune de ces associations d’objets, l’artiste originaire d’Indonésie a imaginé une fragrance. C’est alors au visiteur de fermer les yeux et de se laisser guider par tout un cortège d’effluves, censés décrire ce qui se trouve juste sous ses yeux. Le visible révélé par l’invisible : voilà une artiste qui a du flair. I.B.

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Sur le stand de Selasar Sunaryo Art Space

Les précieuses miniatures de Wardha Shabbir

Wardha Shabbir, Tapestry of Resilience
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Wardha Shabbir, Tapestry of Resilience, 2024

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à voir à Asia Now

Gouache sur papier sans acide • 205 × 98 cm • Courtesy Wardha Shabbir et Sabrina Amrani

Bien qu’ils soient exposés plutôt discrètement sur le stand de la galerie madrilène Sabrina Amrani, nombreux sont les visiteurs qui s’extasient devant les trésors de minutie de l’artiste pakistanaise Wardha Shabbir. Présentées comme des talismans, dans des cadres en formes de polygones aux couleurs flashy, ses gouaches forment de précieuses miniatures peuplées de nuées d’oiseaux et de végétaux luxuriants, qui répondent mystérieusement aux lois de la géométrie. Ses mondes, entre abstraction et figuration, semblent en contenir une infinité d’autres, comme la cartographie d’un espace mental aux dimensions multiples. L’artiste cherche ainsi, selon ses mots, à « sublimer » la tragédie humaine. F.G.

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Sur le stand de la galerie Sabrina Amrani

Les ténébreuses fresques d’Anupam Roy

Anupam Roy, Détail de « Broken Cogs in the machine – 0003 »
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Anupam Roy, Détail de « Broken Cogs in the machine – 0003 », 2020

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Présenté par Prameya Art Foundation à OFFSCREEN, Paris, 2024

Encre et pigment noir sur papier • 140 × 1069 cm • © Prameya Art Foundation

Artiste et activiste, Anupam Roy n’a de cesse d’explorer les questions du territoire, de l’écologie, du travail et d’interroger les représentations de la violence tout comme des communautés marginalisées. À Asia Now, deux grandes fresques ont particulièrement retenu notre attention. Réalisées à l’encre pour l’une, ou à l’aide de pigments noirs pour l’autre, elles plongent le spectateur dans un univers étrange, peuplé de créatures grimaçantes et autres squelettes inquiétants. L’artiste engagé se réfère à ici aux vers d’un poème de Binoy Majumdar qui évoquent le passé colonial de l’Inde, et en particulier la partition du Bengal. Une sombre épopée qui hante le regard. I.B.

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Sur le stand de la Prameya Art Foundation

OFFSCREEN

Vidéos, photographies, installations monumentales, art numériques… À Offscreen, l’image est dans tous ses états ! Pour sa 3e édition, cette jeune foire reprend ses quartiers au grand garage Haussmann, un parking aérien désaffecté qui sera bientôt converti en logements : un cadre fou qui vaut à lui seul le déplacement ! Rendez-vous d’ores et déjà incontournable, Offscreen confirme cette année son positionnement exigeant et avant-gardiste en rassemblant 28 projets monumentaux d’artistes venus des quatre coins du monde entier, avec en prime un bel hommage rendu au travail de la cinéaste Chantal Akerman.

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OFFSCREEN Paris

Du 16 octobre 2024 au 20 octobre 2024

offscreenparis.com

À Offscreen, Andrés Denegri et sa machine à remonter le temps

Andrés Denegri, Vue de l’installation « Clamor »
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Andrés Denegri, Vue de l’installation « Clamor », 2012–2024

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Présenté par Rolf Art Gallery à OFFSCREEN, Paris, 2024 • © OFFSCREEN 2024, Joseph Jabbour

C’est un curieux concert de cliquetis, doublé d’un discret vrombissement, qui semble venu d’un autre siècle. Et pour cause, avec Clamor (Uproar) (2012–2024) l’artiste argentin Andrés Denegri, présenté par Rolf Art, nous projette au temps des origines du cinéma. Monumentale, son installation a des allures de grosse machine qui vit et respire par elle-même. De vieux projecteurs retapés diffusent, sur des écrans translucides fixés sur de hauts échafaudages, les fameuses images de La Sortie de l’usine Lumière à Lyon (1895) des frères Lumière, mais aussi celles d’un drapeau argentin flottant dans le ciel et celles de la violente répression de manifestations ouvrières au XXe siècle. Une façon pour l’artiste d’interroger la représentation de l’histoire tourmentée de l’industrialisation de l’Argentine, tout en rendant hommage aux pionniers du cinéma. I.B.

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Sur le stand de la galerie Rolf Art

PARIS INTERNATIONALE

La foire Paris Internationale a, depuis sa fondation en 2015, le chic d’investir des lieux remarquables. Après l’ancien studio du photographe Nadar, c’est dans un central téléphonique désaffecté de la rue du Faubourg-Poissonnière que l’on se rend, pour la deuxième année consécutive, afin de découvrir, sur cinq étages, les stands de 75 galeries internationales et pointues. Cette édition prouve la montée en puissance de Paris Internationale, qui réussit à se distinguer nettement d’Art Basel par son audace et ses artistes radicaux, jeunes, politiques, aux noms méconnus du public.

La beauté fugace du monde saisie par Alexandre Zhu

Alexandre Zhu, À gauche, Ma. À droite, Hadal
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Alexandre Zhu, À gauche, Ma. À droite, Hadal, 2024

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Présenté par Vacancy à la foire Paris Internationale, 2024

Fusain sur toile • 195 x 130 cm

Qui ne s’est pas un jour émerveillé de l’éclat du soleil sur l’eau, d’une mèche de cheveux sur une épaule ? Exceptionnel dessinateur, Alexandre Zhu (né en 1993) fait vibrer le stand de la galerie Vacancy avec ses quatre grands formats hyperréalistes, intégralement couverts de fusain, et donne chair à l’éphémère beauté du monde. Il s’inspire de photographies ou de souvenirs, et ne dévoile rien d’autre que ce qu’il montre, sans contexte, sans cadre, juste un instant capté dans toute sa splendeur. Un travail simple à approcher, immensément mélancolique et stupéfiant de beauté. M.C.-L.

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Sur le stand de la galerie Vacancy

Les folies dessinées de Javier Barrios

Javier Barrios, Revelación
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Javier Barrios, Revelación, 2024

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à voir à Paris Internationale

Aquarelle sur papier • 99 × 65 cm • Courtesy Javier Barrios et Lodovico Corsini / Photo Benjamin Baltus

Autre dessinateur remarqué à Paris Internationale – mais en tout point différent –, Javier Barrios (né en 1979). D’origine mexicaine, l’artiste hante de ses visions délirantes le stand de la galerie Lodovico Corsini, où il présente un échantillon de sa série « Buddhist Visions of Hell », et défie l’entendement avec des créatures fantastiques comme sorties d’un livre de science-fiction. D’une folle inventivité, ses œuvres sur papier accompagnent une singulière sculpture en forme de coffre, elle-même couverte de dessins, et font face à une sculpture animée de vidéos signée de l’artiste Meriem Bennani (née en 1988). M.C.-L.

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Sur le stand de Lodovico Corsini

Le nez dans les fleurs de tissu de Wendy Cabrera Rubio

Wendy Cabrera Rubio, A Record of Eden Erosion
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Wendy Cabrera Rubio, A Record of Eden Erosion, 2024

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Coton et feutre brodés à la main • 43,8 × 33 cm • Courtesy Anonymous Gallery

Comme souvent avec les œuvres qui semblent innocentes et jouent d’un aspect enfantin, il faut se méfier des apparences. Preuve en est avec les naïves fleurs de tissu que la Mexicaine Wendy Cabrera Rubio (née en 1993) montre sur le stand d’Anonymous Gallery, accompagnées d’aquarelles et de tableaux textiles cousus à la main : la jeune femme se réapproprie à sa façon des savoir-faire artisanaux pour mieux parler d’écologie, de politique, d’histoire (le colonialisme, les biotechnologies, l’impérialisme américain…). On aime son humour discret quoique corrosif, et sa tendresse à toute épreuve, incarnée dans une petite barquette de fraises en tissu posée à quelques mètres du stand, dans un coin de la foire. M.C.-L.

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Sur le stand d’Anonymous Gallery

AKAA

C’est l’Afrique et ses diasporas, mais aussi les Outre-mer, les Caraïbes et les artistes afro-descendants qui sont au cœur de la foire AKAA. 40 galeries sont réunies cette année au Carreau du Temple sous le thème « Immersions, mythologies aquatiques », avec un espace confié au collectif The Norm Queer Agency. Comptant 20 % de nouveaux exposants, cette édition est particulièrement riche en découvertes.

Quand des brodeuses sud-africaines se réapproprient leur histoire

Lionel Mbayiwa x Keiskamma Art Project, Vabvakure
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Lionel Mbayiwa x Keiskamma Art Project, Vabvakure, 2024

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à voir à AKAA

Broderie • 117 × 81 cm • Courtesy Bonne Esperance Gallery

Chez elles, en Afrique du Sud, elles sont célèbres ! Notamment depuis qu’une de leurs tapisseries, inspirée de celle de Bayeux, orne le parlement sud-africain. Le travail de la cinquantaine de brodeuses qui composent le collectif Keiskamma, créé en 2000 dans le but de donner un moyen d’autonomie financière à ces femmes, est ici montré pour la première fois en France, à travers cinq œuvres réalisées en collaboration avec des plasticiens, peintres ou photographes (Pippa Hetherington, Asanda Kupa, Boyce Magandela, Lionel Mbayiwa, Henk Serfontein). Derrière leurs façades duveteuses et chatoyantes, elles creusent de douloureux sujets tels que la colonisation, l’apartheid, le droit des femmes, le VIH ou l’environnement… À l’image de celle réalisée avec Lionel Mbayiwa, intitulée Vabvakure, (« alien » en shona, langue du Zimbabwe d’où ce dernier est originaire) qui évoque sur le ton humoristique et fantastique la question de l’immigration. Des œuvres collectives cathartiques qui font fi de toutes les hiérarchies. F.G

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Sur le stand de Bonne Esperance Gallery

Les fantômes de Sanae Arraqas

Sanae Arraqas, 30 Juin – Tonton Nikos a offert un flipper à Athéna
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Sanae Arraqas, 30 Juin – Tonton Nikos a offert un flipper à Athéna, 2024

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Peinture à huile sur papier • 120 X 150 cm • Courtesy Sanae Arraqas / Veronique Rieffel

Un beau jour qu’elle se baladait dans le XVIe arrondissement, Sanae Arraqas (née en 1989) fait une étrange découverte : un ensemble de photos de famille abandonné dans la rue ! Un long travail d’enquête commence. Qui sont ces gens ? D’où viennent-ils ? Probablement de Grèce, à en croire les inscriptions retrouvées au dos de certains clichés. La suite de l’histoire de ces « Grecs du XVIe », l’artiste basée à Casablanca l’invente et la peint sur de grandes feuilles de papier qui, couvertes de peinture, gondolent légèrement comme des photos qu’on aurait oubliées à la cave ou au grenier. Émue par ces histoires laissées sur le pavé, elle leur donne une seconde vie, prenant soin de flouter les visage « pour que chacun puisse se reconnaître en elles », et continue ainsi de les faire vivre à travers soi. I.B.

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Sur le stand de la galerie Véronique Rieffel

Les fragiles portraits de famille de la Réunionnaise Stéphanie Hoareau

Stéphanie Hoarau, À gauche, Bon Dié (acrylique et huile sur toile 2022). À droite, Enfants (kintsugi, oxyde sur porcelaine 2024)
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Stéphanie Hoarau, À gauche, Bon Dié (acrylique et huile sur toile 2022). À droite, Enfants (kintsugi, oxyde sur porcelaine 2024)

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à voir à AKAA

180 x 210 cm / 45 x 33 cm • Courtesy AHIO (Art & Heart Indian Ocean)

Ses œuvres nous avaient déjà tapé dans l’œil lors de la grande exposition « Astèr Atèrla » en début d’année à la Friche la Belle de Mai à Marseille, consacrée à la trop méconnue scène contemporaine de l’île de la Réunion. De Stéphanie Hoareau, on retrouve ici l’impressionnant tableau Bon dié (2023), double portrait hyperréaliste dans lequel transparaît toute la complexité de l’identité créole, entre métissage et syncrétisme, présenté aux côtés de deux saisissants bustes d’enfants explosant d’une colère sourde. Mais c’est avec un travail plus délicat encore que Stéphanie Hoareau nous émeut : des photos de familles exhumées, souvenirs de moments anodins comme de communions joyeuses, qu’elle a minutieusement peintes sur des feuilles de porcelaine. Parfois brisées, ces plaques sont réparées avec de l’or, selon la technique traditionnelle japonaise du kintsugi. De précieux objets mémoriels qui explorent les non-dits et les traumas transgénérationnels.

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Sur le stand de AHIO (Art and Heart Indian Ocean)

Les mondes flottants de Dalila Alaoui

Dalila Alaoui, « Nos saisons sur la Terre »
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Dalila Alaoui, « Nos saisons sur la Terre », 2024

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à voir à AKAA

Courtesy Galerie Cécile Dufay

C’est une histoire de mer et de mère. La mer qu’a traversée Dalila Alaoui (née en 1958) pour se rendre en résidence à la Réunion, et la mère qui habite ce récit silencieux né sur « l’île intense ». Impossible de savoir où commence et où termine cette histoire en images, peuplée de fantômes, et où, à travers le corps translucide des femmes, germe la vie. Comme plongé dans un luxuriant « Jardin des délices » aux couleurs enveloppantes, l’œil navigue entre chairs et roseaux, hypnotisé par ces présences énigmatiques nous initiant à un rituel mystérieux… I.B.

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Sur le stand de la galerie Cécile Dufay

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