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FIAC 2021

La FIAC au Grand Palais éphémère : nouveau lieu, nouvelle expérience ?

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Publié le , mis à jour le
Si la Fiac passe de 199 à 160 galeries internationales, elle promet aussi de se renouveler, en accueillant 32 d’entre elles pour la première fois. Les collectionneurs seront-ils au rendez-vous ? Les ventes suivront-elles ? Jennifer Flay, directrice de l’événement, en est convaincue.
Grand Palais Ephémère
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Grand Palais Ephémère, 2021

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© Patrick Tournebœuf

L’année 2020 a mis foires et galeries en péril. Après son annulation l’an passé pour cause de crise sanitaire, comment la Fiac va-t-elle négocier le tournant ? 2021 reste l’année de tous les dangers. D’autant plus que les frontières ne sont ouvertes qu’à moitié, freinant la circulation des galeristes, des collectionneurs et des œuvres. Art Basel, qui s’est tenue à la mi-septembre, a affiché, semble-t-il, des ventes en demi-teintes. « Ce sera une vraie Fiac, absolument pas un ersatz, promet pourtant sa directrice, Jennifer Flay. La Fiac est très attendue, mais aussi Paris : notre si jolie capitale a des atouts inouïs pour les collectionneurs, privés pendant deux années de voyage d’agrément ! Elle est devenue un véritable hub [plaque tournante] pour les galeries internationales, et nombre de nouveaux lieux s’offrent à la découverte. »

Grand Palais Ephémère
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Grand Palais Ephémère, 2021

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© Patrick Tournebœuf

Cette 47e édition cristallise donc un nouveau cycle dans un nouvel espace : les 10 000 m2 du Grand Palais éphémère, situé à l’ombre de la tour Eiffel et imaginé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, serviront de refuge le temps des travaux dans le joyau 1900. La foire Art Paris a essuyé les plâtres en ce début septembre : cela a permis à tous, professionnels et amateurs, de prendre des repères dans ce bâtiment flambant neuf. Fini les percées de lumière sous la fameuse verrière, qui avait bien aidé à ce que la Fiac renoue avec le succès. Tendue de tissu bleu marine, la voûte éphémère permet à tous les regards de se concentrer sur les stands, sous ses 44 arches de bois. La déambulation ? Agréable, mais sans charme.

Jennifer Flay
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Jennifer Flay, 2019

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© Max Tetard

Aux 160 galeries participantes de relever ce nouveau défi. Bien sûr, la planète Fiac a un peu rétréci (elle perd environ 30 % en surface), mais 25 pays sont malgré tout représentés dans les allées. L’Europe continentale reste majoritaire, même si certains galeristes ont fait le voyage depuis l’Amérique (du Nord et du Sud), l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et le Royaume-Uni. Les collectionneurs vont-ils se déplacer dans un monde qui tourne toujours au ralenti ? « Cela reste difficile pour les Asiatiques, mais les Coréens et les Japonais peuvent voyager, et l’on sent que les Américains ont envie de revenir, espère Jennifer Flay. Nous attendons notamment une trentaine de groupes de musées, de Zurich ou d’Istanbul, de Grèce ou d’Israël. »

Pour les accueillir, la Fiac s’équipe d’un espace supplémentaire à celui dont jouissait sa rivale Art Paris : la Galerie Eiffel, installée sur le Champ-de-Mars dans la continuité du site principal. « Le Grand Palais éphémère est plus petit que la grande nef où nous avions nos habitudes, nous avons donc, dès les premières réflexions sur les travaux, demandé à pouvoir ériger une galerie annexe, côté tour Eiffel », explique Jennifer Flay. À quoi va ressembler cet appendice, pluggé au bâtiment de Wilmotte ? « Cette structure en dur rappellera un peu celle que nous montions à la cour carrée, en partie vitrée. » De forme arrondie, elle atteindra 8 mètres à son sommet.

Vue aérienne du Grand Palais éphémère
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Vue aérienne du Grand Palais éphémère

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© Wilmotte et Associes

Les deux édifices accueilleront chacun 80 stands, mais côté Grand Palais éphémère, les galeries mastodontes disposeront d’une surface de 66 m2 : elles qui jouissaient jusqu’à présent de 14 m2 de plus devront un peu serrer l’accrochage. Côté Eiffel, « des galeries très prescriptrices à l’instar de Clearing, Ellen de Bruijne ou Sultana, mais aussi celles qui offrent un regard différent, comme Magnin-A ou les exposants d’art brut », énumère Jennifer Flay. Les jeunes galeries se nicheront également là. La longue collaboration avec Lafayette Anticipations a pris fin, « mais nous tenons à maintenir notre soutien financier à une dizaine de jeunes marchands », parmi lesquels Chris Sharp Gallery (Los Angeles) et Dawid Radziszewski (Varsovie).

La Fiac online réunit 40 galeries supplémentaires

Les galeries parisiennes de prestige ont bien sûr répondu à l’appel – citons Galerie 1900–2000, Air de Paris, Almine Rech, Applicat-Prazan, Daniel Templon, Jocelyn Wolff, avec l’habituel cortège de tête constitué de Chantal Crousel, Emmanuel Perrotin, Thaddaeus Ropac et consorts. Les méga-galeries internationales, qui misent plus que jamais sur Paris, ne pouvaient pas manquer ce rendez-vous : autour de Larry Gagosian, se retrouvent Marian Goodman et David Zwirner, ainsi qu’Hauser & Wirth dont la rumeur confirme qu’ils rêvent de les rejoindre dans la capitale. Les fidèles Berlinois Esther Schipper et neugerriemschneider sont de la partie, ainsi que le Bruxellois Xavier Hufkens, ou l’Italien Massimo De Carlo. Enfin, quelques New-Yorkais parviennent à traverser l’Atlantique, de Van de Weghe à Nahmad Contemporary en passant par Gladstone et Pace. Le secteur design, dont le succès ne s’est pas démenti depuis 2017, réunit les Parisiens Éric Philippe, Patrick Seguin, Kreo, Jousse Entreprise et Laffanour-Downtown.

Artwork Page Filter
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Artwork Page Filter, 2021

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© ArtLogic

À ces habitués, viennent s’ajouter 32 nouvelles têtes : Marfa viendra de Beyrouth, Zeno X d’Anvers et Deborah Schamoni de Munich. Christian Berst (Paris) rivalisera d’art brut avec Andrew Edlin(New York), fondateur d’Outsider Art Fair, salon satellite annulé cette année. Autre coup dur pour les foires off, le débauchage de Sultana (Paris), l’une des galeries fondatrices de Paris Internationale, foire qui résiste malgré tout en investissant un nouveau lieu avenue Victor Hugo.

En plus des 160 galeries physiquement présentes à la Fiac, une quarantaine de leurs homologues qui n’ont pu faire le voyage vendront exclusivement online via les Fiac Online Viewing Rooms.

La Fiac et ses galeries ont dû en partie leur survie au numérique : celui-ci garde une place à part entière cet automne, aubaine pour tous les collectionneurs contraints de rester sédentaires. En plus des 160 galeries physiquement présentes à la Fiac, une quarantaine de leurs homologues qui n’ont pu faire le voyage vendront exclusivement online via les Fiac Online Viewing Rooms (OVR). « Nous avons été très contents des résultats de la première campagne OVR au printemps dernier, car les galeries étaient enthousiastes, assure Jennifer Flay. Nous avons remarqué que ces ventes online nous permettent de toucher une population plus large, sociologiquement et géographiquement. Cette plateforme est très désinhibante pour des acheteurs qui n’ont pas encore forcément tous les codes afférents aux foires, ou qui chérissent leur anonymat. »

D’où venaient les connexions ? « États-Unis, Philippines, Australie… C’était très divers. Notre première conférence en mandarin a été écoutée par 200 visiteurs ! » se félicite Jennifer Flay. Sélection par prix, par artiste… La navigation a été perfectionnée pour cette nouvelle salve digitale. « Sincèrement, je pense que l’on va pouvoir cet automne relativiser cette « fatigue des foires » dont l’on a tant parlé avant même le Covid : les acteurs culturels sont en forte demande d’échanges. Le digital est là pour rester, il faut exploiter ses capacités, mais l’on sait désormais que le numérique ne va pas tout remplacer, comme on le pensait il y a dix ans. C’est sur cet équilibre que se joue notre première édition hybride ! »

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FIAC 2021

Du 21 octobre 2021 au 24 octobre 2021

www.fiac.com

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