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Afin de fuir les violences révolutionnaires, Antoine-Jean Gros se réfugie en Italie. En 1797, il est reçu à Milan par Bonaparte dont il réalise le portrait. Porté par un élan qui annonce le romantisme, son Bonaparte au pont d’Arcole est un succès. De retour à Paris, en 1800, Gros expose régulièrement au Salon. Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa est acclamé en 1804. Quatre ans plus tard, Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau est salué comme un chef-d’œuvre. Désormais peintre de l’épopée impériale, Gros ne néglige pas pour autant les portraits, à commencer par ceux des dignitaires du régime.
François Gérard, Antoine-Jean Gros à l’âge de 20 ans
Coll. musée des Augustins, Toulouse
Le jeune Carle apprend à peindre dans l’atelier de son père, Joseph Vernet, célèbre pour sa série sur les ports de France. Le tableau qu’il présente lors de sa réception à l’Académie, en 1788, témoigne de son goût pour le néoclassicisme que défend David. Le Consulat puis l’Empire amènent Vernet à changer d’esthétique et à prendre les batailles pour sujet. Avec Lodi et Marengo, c’est d’abord la campagne d’Italie qui est à l’honneur. Présenté lors du Salon de 1808, le Matin d’Austerlitz est salué par la critique qui lit sur le visage de Napoléon « la profondeur du génie, le coup d’oeil de l’aigle, l’assurance du héros, qui semble ordonner la victoire en ordonnant le combat ».
Robert Lefèvre, Portrait de Carle Vernet, 1804
Coll. musée du Louvre, Paris
Après avoir fait ses classes chez le sculpteur Augustin Pajou, François Gérard entre dans l’atelier de David à la veille de la Révolution. Remarqué en 1800 par le Premier consul, il devient bientôt le peintre attitré de la famille Bonaparte, multipliant les portraits en buste et les portraits en pied. Présenté en 1805, son Napoléon Ier en costume de sacre devient le portrait officiel de l’Empereur. Les commandes qui affluent ne lui laissent guère le temps de se consacrer à de grandes compositions, à l’exception de La Bataille d’Austerlitz (1810) réalisée pour la salle du Conseil d’État aux Tuileries.
Antoine-Jean Gros, Portrait de François Gérard, âgé de 20 ans, 1790
Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York
Jacques-Louis David rencontre Bonaparte pour la première fois en 1797. Il est fortement impressionné et confesse à ses élèves : « Quelle belle tête il a. C’est pur, c’est grand, c’est beau comme l’antique. » Suit Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard (1801), une représentation héroïsée du Premier consul. À l’avènement de l’Empire, Napoléon lui commande des tableaux sur le Couronnement. Nommé Premier peintre, David ne règne pas pour autant sur les arts et sa fonction éminente ne doit pas masquer les tensions avec l’Empereur. L’artiste se bat pour récupérer l’argent qui lui est dû et se voit refuser un Napoléon Ier en costume impérial (1805). Il n’empêche, Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries (1812) demeure un des portraits les plus réussis du grand homme.
Jacques-Louis David, Autoportrait, 1794
Coll. musée du Louvre, Paris.
Élève de Pierre-Henri de Valenciennes, peintre de paysages et théoricien de la perspective, Louis-François Lejeune s’engage dans l’armée en 1792. Il entame ainsi une brillante carrière militaire que couronne le grade de général, obtenu en 1812. Dès que ses loisirs le lui permettent, il peint d’après ses croquis, réalisant ainsi de nombreux tableaux de bataille. Lejeune fait partie de l’ambassade envoyée à Vienne demander la main de Marie-Louise. À son retour, il présente à Napoléon un dessin de la future impératrice.
Stéphane Baron, Le Général Lejeune, XIXe siècle
coll. Châteaux de Versailles et de Trianon
Destiné au barreau par son père, c’est sur les bancs des tribunaux qu’il fait ses premier croquis. Son talent de portraitiste sera reconnu au Salon de 1791. En 1803, Vivant Denon lui commande un Portrait du Premier consul qui rencontre un succès tel que des copies en sont exécutées. Près de quarante représentations de Napoléon suivent, en uniforme ou en habit de sacre, portant une couronne de lauriers ou non, en pied ou en buste, de face ou de trois quarts, etc. Au-delà de l’Empereur, la famille impériale et la cour le sollicitent. Il n’est que de citer L’Impératrice Joséphine, Madame Mère, Pauline Bonaparte et L’Impératrice Marie-Louise.
Robert Lefèvre, Autoportrait, XIXe siècle
Coll. musée des Beaux-Arts, Caen
La Révolution éclate quand Anne-Louis Girodet part à la découverte de l’Italie où il va rester cinq ans. De retour en France, il présente au Salon de 1797 le portrait de Jean-Baptiste Belley, député noir de Saint-Domingue. En 1800, L’Apothéose des héros français morts pour la patrie annonce le romantisme. Événement du Salon de 1808, les Funérailles d’Atala, inspiré du roman de Chateaubriand, lui vaut de recevoir la Légion d’honneur. Comme en témoignent Napoléon reçoit les clefs de la ville de Vienne (1808) et La Révolte du Caire (1810), Girodet met aussi son talent au service de la propagande impériale.
Anne-Louis Girodet, Autoportrait, XIXe siècle
coll. musée de l’Ermitage, Saint-Petersbourg
Jean-Baptiste Isabey entre dans l’atelier de David en 1788. La Révolution ne soulève chez lui que consternation et inquiétude. Passée la Terreur, Isabey donne des cours de dessin dans le pensionnat que fréquente Hortense de Beauharnais, belle-fille de Bonaparte. L’Empire proclamé, Isabey joue un rôle important dans l’organisation de la cérémonie du couronnement. Il s’est par ailleurs fait une spécialité des portraits en miniature, sachant flatter ses commanditaires par des coups de pinceau prompts à embellir et à rajeunir.
Horace Vernet, Portrait de Jean-Baptiste Isabey, 1828
Coll. musée du Louvre, Paris
Au début de la Révolution, François-Joseph Bosio, abandonne les cours d’Augustin Pajou pour s’engager dans l’armée. La paix revenue, il retourne à son premier métier de sculpteur. Il est remarqué par Vivant Denon. En 1808, son Amour lançant ses traits et s’envolant plaît à Joséphine. Les commandes affluent. Le Salon de 1810 marque sa consécration. Bosio y présente les bustes de Napoléon et de Marie-Louise, du roi Jérôme et de son épouse, de la reine Hortense et de la princesse Pauline, soit presque toute la famille impériale !
Pierre Degobert, Francois-Joseph Bosio, XIXe siècle
Après un début de carrière prometteur à Venise, Antonio Canova s’installe à Rome. Au début des années 1790, il est considéré comme le plus grand sculpteur de la péninsule. Maître de l’Italie du Nord en 1797, Bonaparte cherche à s’attirer ses services. En 1802, le Premier consul invite Canova à Paris pour réaliser sa statue… tout en refusant de poser ! Achevée en 1806, l’œuvre arrive en France en 1811. Elle déplaît à Napoléon qui refuse d’être représenté nu. Un an plus tôt, l’artiste était revenu en France pour immortaliser l’impératrice.
Sir Thomas Lawrence, Antonio Canova, 1816
coll. Pinacoteca Brera • © akg-images / Erich Lessing
Grand prix de Rome en 1784, Chaudet conserve de son séjour en Italie un goût pour le style antique et ses lignes pures. En 1793, il achève le Dévouement à la Patrie, un des cinq bas-reliefs décorant le péristyle du Panthéon. Le Consulat marque un tournant dans sa carrière. Son Premier consul devient le buste officiel de l’Empereur, reproduit en plâtre, en marbre, en bronze, etc. En août 1810, quatre mois après sa mort, son bronze de Napoléon Ier, vêtu à la romaine, est installée au sommet de la colonne de la place Vendôme.
Jeanne-Elizabeth Chaudet, Portrait d’Antoine Denis Chaudet, vers 1802
coll. galerie des Offices, Florence • Photo Orsini arte e libri
Napoléon, l’exposition
Du 28 mai 2021 au 19 décembre 2021
La Villette • Avenue Jean Jaurès • Paris
lavillette.com
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