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SÉLECTION

10 expos qui vous feront du bien en 2021 !

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Publié le , mis à jour le
De la haute couture provocatrice de Margiela à l’affrontement de deux titans de l’art moderne, de la très sélect collection Morozov à Napoléon superstar, le premier semestre de 2021 promet d’être ouvert à toutes les scènes et tous les médiums. Avec Beaux Arts, démarrez l’année en beauté !

1. Arcimboldo revu par Maurizio Cattelan

Reconnaissable entre mille avec ses portraits composés de légumes, fruits, végétaux ou animaux (voire d’armes, de livres ou d’ustensiles de cuisine), le peintre milanais Giuseppe Arcimboldo (1527–1593) a fasciné ses contemporains qui ont adoré ses images doubles et ambiguës. Assez vite passé de mode, il est redécouvert au XXe siècle par les surréalistes, adeptes de ses calembours et jeux de mots visuels. Ses inventions formelles ne cessent, depuis, d’inspirer les artistes. Démonstration au Centre Pompidou-Metz qui a imaginé un dialogue original et fécond entre ses compositions et celles de créateurs tels que Lavinia Fontana ou Niki de Saint Phalle. Un parcours conçu avec la complicité du très déjanté Maurizio Cattelan, lui-même sous la coupe de ce génie maniériste amoureux du bizarre et du monstrueux. D.B.

Giuseppe Arcimboldo, Le Bibliothécaire
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Giuseppe Arcimboldo, Le Bibliothécaire, vers 1562

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Coll. et © château de Skokloster / SHM.

2. Puissantes peintres

Dès avant la Révolution, elles sont quelques-unes à avoir forcé les portes pour s’imposer dans les instances académiques très masculines. Élisabeth Vigée Le Brun, Adélaïde Labille-Guiard, mais aussi Marie-Guillemine Benoist, Angélique Mongez, Marguerite Gérard ou Constance Mayer : autant de femmes réinscrites dans l’histoire de l’art grâce à cette exposition décisive. S.F.

Élisabeth Vigée Le Brun, Autoportrait de l’artiste peignant le portrait de l’impératrice Maria Feodorovna
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Élisabeth Vigée Le Brun, Autoportrait de l’artiste peignant le portrait de l’impératrice Maria Feodorovna, 1800

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Coll. © musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

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Peintres femmes, 1780-1830. Naissance d'un combat

Du 19 mai 2021 au 25 juillet 2021

museeduluxembourg.fr

3. Les peintres suisses fédérés à Orsay

Inscrire des stars de l’art suisse dans un courant pictural national : telle est l’ambition de cette exposition qui fait le point sur l’idée d’une école suisse qui serait née autour de 1890 et aurait vu émerger des personnalités artistiques telles que Cuno Amiet, Ferdinand Hodler, Giovanni Giacometti (le père de Diego et Alberto), Félix Vallotton, ou encore Ernest Biéler ou Max Buri, généralement montrés en France via des expositions monographiques. Alors que l’État fédéral (né en 1848) est encore tout jeune, ces artistes s’inscrivent dans un mouvement d’échange avec la France et l’Allemagne mais partagent, au-delà d’une culture commune, un goût marqué pour l’expressionnisme, la ligne et la couleur. S.F.

Giovanni Giacometti, Autoportrait
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Giovanni Giacometti, Autoportrait, 1899

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Coll. et © musées d’Art et d’Histoire, Genève / Photo Bettina Jacot-Descombes.

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Modernités suisses (1890-1914)

Du 19 mai 2021 au 25 juillet 2021

www.musee-orsay.fr

4. De Van Gogh à Gauguin, joyaux de la collection Morozov

Après l’exposition de la collection de Sergueï Chtchoukine – qui valut à la fondation Louis Vuitton des records de fréquentation –, voici l’ensemble réuni par ses rivaux et amis, les frères Morozov. Mikhaïl (1870–1903) et Ivan (1871–1921) ont formé l’une des plus importantes collections d’art impressionniste, postimpressionniste et moderne français, répartie désormais entre les musées Pouchkine, à Moscou, et l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Leur tableau de chasse, impressionnant, fait défiler les noms de Picasso, Cézanne, Van Gogh, Matisse, Gauguin et surtout les nabis. Bonnard, dont Mikhaïl s’éprend dès 1902, avant qu’Ivan n’achète ses tableaux (13 au total) sur le marché parisien, et Maurice Denis, auquel Ivan commande la décoration du salon de musique de son hôtel particulier : un ensemble de panneaux sur l’histoire de Psyché. Tout ce beau monde se trouve de nouveau réuni à Paris. D.B.

Paul Gauguin, Eu haere ia oe (Où vas-tu ?), dit aussi La Femme au fruit
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Paul Gauguin, Eu haere ia oe (Où vas-tu ?), dit aussi La Femme au fruit, 1893

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Coll. et © musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

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La collection Morozov – Icônes de l’art moderne

Du 22 septembre 2021 au 3 avril 2022
Après avoir battu des records de fréquentation (plus de 1,2 million de visiteurs) et suscité l’enthousiasme général avec la présentation de la collection Chtchoukine à l’hiver 2016-2017, la fondation Louis Vuitton récidive et retrace l’histoire de l’autre grande collection russe d’art moderne, celle des frères Morozov. Près de 200 œuvres retracent la passion de Mikhaïl et Ivan pour Cézanne, Monet, Gauguin, Bonnard, Matisse, exposés aux côtés de l’avant-garde russe dont ils ont acquis des pièces emblématiques, signées Vroubel, Répine, Larionov, Serov… Une plongée époustouflante dans l’intimité d’une famille de la bourgeoisie moscovite qui dépensait sans compter pour obtenir des œuvres qui allaient devenir des icônes de l’histoire de l’art.

www.fondationlouisvuitton.fr

5. Napoléon revient !

Voilà deux cents ans, Napoléon s’éteignait, exilé au milieu de l’océan, sur l’îlot de Sainte-Hélène. Son héritage est encore tellement sujet à controverses que certains annoncent déjà vouloir chahuter cet anniversaire, quitte à rayer d’un trait de plume l’histoire. Plusieurs événements célèbrent ce bicentenaire. Le musée de l’Armée – Hôtel national des Invalides (où est conservé le monumental tombeau de l’Empereur) promet de décrypter le mythe, tandis qu’un aréopage de conservateurs, épaulé par les meilleurs historiens (Jean Tulard, Thierry Lentz…), a été mobilisé pour dresser un portrait sans zones d’ombre à la Grande Halle de la Villette. Dans une exposition qui devrait autant attirer les foules que le blockbuster « Toutânkhamon ». S.F.

Mosaïque d’après Horace Vernet, Napoléon sortant de son tombeau
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Mosaïque d’après Horace Vernet, Napoléon sortant de son tombeau, milieu du XIXe siècle

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Coll. et © musée de l’Armée, Paris / Photo Émile Cambier

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Napoléon n’est plus

Du 31 mars 2021 au 19 septembre 2021

www.musee-armee.fr

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Napoléon, l’exposition

Du 28 mai 2021 au 19 décembre 2021

6. Des Américains à Paris

New York « in » et Paris « has been » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ? Pas si simple, rétorque le musée d’Arts de Nantes. Dans cette exposition foisonnante, l’institution montre que la Ville lumière, entre 1946 et les années 1960, continue d’attirer les artistes américains, dont la présence redéfinit l’art abstrait en France. Plus qu’un face-à-face entre artistes, il s’agit d’échanges féconds dans une période de grands bouleversements. Le critique Michel Tapié tente alors, en vain, de créer des ponts entre les tenants de l’expressionnisme abstrait – Jackson Pollock, Willem de Kooning, Mark Tobey – et des créateurs comme Jean Dubuffet et Georges Mathieu, quand Sam Francis et Joan Mitchell, plus solitaires, travaillent à l’écart des artistes français de l’abstraction lyrique. Quant à Ellsworth Kelly, John Youngerman ou Robert Breer, ils se chargent de renouveler en profondeur l’abstraction géométrique. On s’y perdrait tant les nuances sont subtiles… Heureusement, le musée nantais a conçu une exposition lumineuse, servie par d’efficaces repères visuels. Étape suivante : Montpellier. D.B.

Sam Francis, Blue Balls
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Sam Francis, Blue Balls, 1961–1962

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Coll. Moderna Museet, Stockholm / © 2020 Sam Francis Foundation, California / ADAGP, Paris, 2020.

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United States of Abstraction. Artistes américains en France, 1946-1964

Du 19 mai 2021 au 18 juillet 2021

museedartsdenantes.nantesmetropole.fr

7. Picasso / Rodin : le choc des titans

Prêts pour le combat du (XXe) siècle ? À ma droite, Auguste Rodin, génie furieusement inspiré dont l’œuvre scandaleuse et protéiforme révolutionna la sculpture. À ma gauche, Pablo Picasso, l’ogre insatiable, incarnation de l’art pictural moderne à lui seul, figure de l’artiste libre et engagé. Deux créateurs visionnaires, imprévisibles, à jamais indétrônables. Deux maîtres de l’émotion et du désir dont les œuvres sont bouleversantes. Les musées parisiens qui leur sont dévolus tissent des liens entre ces monstres sacrés qui ne cessent de fasciner et inspirer les jeunes générations. D.B.

Pablo Picasso, Le Baiser
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Pablo Picasso, Le Baiser, 1969

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Coll. et © musée national Picasso, Paris, dist. RMN-Grand Palais / Adrien Didierjean. © Succession Picasso.

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Picasso / Rodin au musée Rodin

Du 9 février 2021 au 2 janvier 2022

www.musee-rodin.fr

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Musée national Picasso - Paris

8. Josef & Anni Albers ou les noces de l’art et du textile

Du couple Albers, l’histoire a surtout retenu Josef. Mais, aux côtés du maître du Bauhaus, se tenait Anni, qui fut bien plus qu’une géniale artiste du textile. Comme leur amour, leur influence fut mutuelle, portée par leur rêve d’inventer un art total. « Par nos expériences, nous contribuons à éduquer des êtres humains créatifs […] et à créer une humanité plus unie », espérait Josef avant que le nazisme ne contraigne le couple à quitter l’Allemagne. Les Albers se nourrissent alors de leurs voyages en Amérique latine, où les géométries mayas et incas ont un impact sur leur art. « Pensez que vous obtiendrez souvent plus en faisant moins », jurait Albers à ses élèves. Grâce au soutien de la Josef and Anni Foundation de Bethany (Connecticut), plus de 350 œuvres (peintures, photographies, dessins, textiles, mobilier ) sont rassemblées pour rendre enfin hommage au dialogue fécond de ces deux pionniers. E.L.

Josef Albers, Study for Homage to the Square: Green Gleam
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Josef Albers, Study for Homage to the Square: Green Gleam, 1963

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Coll. particulière • © The Josef and Anni Albers Foundation / ADAPG, Paris / Photo Tim Nighswander / Imaging4Art.

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Anni et Josef Albers – L’art et la vie

Du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022

www.mam.paris.fr

9. Martin Margiela se dévoile…

Couturier atypique devenu un véritable mythe, Martin Margiela a, vingt ans durant (de son premier défilé en 1988 au dernier en 2008), cassé les codes et diktats de la mode pour réinventer le vêtement. Diplômé de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers en 1980, le créateur belge a su imposer son nom en faisant de l’anonymat sa devise : il a ainsi toujours refusé de montrer son visage. Ses défilés, organisés à la manière de happenings dans des lieux improbables (terrains vagues, parkings abandonnés, station de métro…), mettaient en scène des mannequins au physique singulier, de tous âges et de toutes origines, qui pouvaient défiler, par exemple, avec des chaussures dégoulinant de peinture rouge. Plasticien dans l’âme, il a joué du monochrome, du trompe-l’œil, du réassemblage. Il prend possession aujourd’hui de Lafayette Anticipations pour y dévoiler les multiples facettes de sa pratique artistique, qui passe par le dessin, le collage et la sculpture, tout en restant fidèle à ses grandes obsessions, le recyclage, la nudité, l’expérimentation, les corps en mouvement… D.B.

Jean-Marie Périer, Portrait de Martin Margiela
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Jean-Marie Périer, Portrait de Martin Margiela, 1998

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© Jean- Marie Périer / Photo 12.

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Martin Margiela

Du 20 octobre 2021 au 2 janvier 2022

10. L’uppercut Anne Imhof

L’événement de l’année ? C’est peu dire que les interventions d’Anne Imhof sont aussi rares qu’attendues depuis son Lion d’or qui bouleversa nombre des visiteurs du pavillon allemand à la biennale de Venise en 2017. On est donc particulièrement heureux que le Palais de Tokyo invite la grande prêtresse de la performance pour une carte blanche, dans la foulée de celles offertes à Philippe Parreno, Tino Sehgal ou Tomás Saraceno. Une armée des ombres devrait envahir la totalité des espaces, avec leurs silhouettes hésitantes à mi-chemin entre la virtualité et la vie réelle. Car c’est cela que met en scène Anne Imhof à chacune de ses apparitions, de la Hamburger Bahnhof de Berlin à la Tate Modern de Londres : la parabole de nos vies de petits soldats de l’ère ultralibérale, des corps qui peinent à s’approcher, mais résistent pourtant à la désincarnation, à coups de chants, de danses, de luttes. E.L.

Anne Imhof, Faust
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Anne Imhof, Faust, 2017

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© Photo Nadine Fraczkowski.

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Carte blanche à Anne Imhof. Natures Mortes

Du 22 mai 2021 au 24 octobre 2021

www.palaisdetokyo.com

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Retrouvez plus d’expos dans notre dossier «50 expositions qui vous feront du bien en 2021» dans le numéro de Janvier

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