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Abraham Janssens I, Allégorie de l’Inconstance, vers 1617
Huile sur toile • 106,5 × 82 cm • Coll. Statens Museum for Kunst, Copenhague • © akg-images
Joseph Vernet, La Nuit, un port de mer au clair de lune, 1771
Le port illuminé
Réputé pour ses paysages aux effets de lumière raffinés, le peintre français Joseph Vernet reçoit en 1753 une commande importante du fils aîné de Louis XV : 24 marines représentant les principaux ports de France, dont quatre consacrées aux différents moments de la journée. Exposée au Salon de 1763, La Nuit […] au clair de lune recueille tous les suffrages. J.B.
Huile sur toile • 98 × 164 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais
William Dyce, Francesca da Rimini, 1837
Une tragédie éternisée
Dans un décor idyllique, un jeune couple échange un baiser. Aux couleurs de la Renaissance italienne, le tableau illustre une histoire tragique contée dans L’Enfer de Dante : mariée à un homme âgé et difforme, la belle Francesca da Rimini tombe amoureuse de son beau-frère en lui lisant un roman de chevalerie. Romantique à première vue, le lever de lune symbolise l’infidélité et le mauvais présage : le mari jaloux, dont la main apparaît dans le coin gauche du tableau, s’apprête à tuer les amants… J.B.
Huile sur toile • 142 × 176 cm • Coll. National Galleries of Scotland, Edimbourg. • © Google Art Project
Johann Peter Hasenclever, La Sentimentale, 1846
Être sensible
Assise à la fenêtre de sa chambre, une jeune bourgeoise en proie à une peine de cœur se perd dans la contemplation de la lune et de sa lueur mélancolique. Au premier plan traînent des romans d’amour, dont Les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Dans le style de la peinture hollandaise moralisatrice du XVIIe siècle, le peintre se moque gentiment de cette femme sentimentale qui s’abandonne béatement, la bouche ouverte et les cheveux défaits, à la langueur du romantisme en vogue au XIXe siècle. J.B.
Huile sur toile • 43 × 35 × 3 cm • Coll. Volmer, Wuppertal • © akg-images
Édouard Manet, Clair de lune sur le port de Boulogne, 1869
Toile de maître
Selon une étude astronomique, cette toile mystérieuse aurait été peinte dans la nuit du 3 au 4 août 1868, vers minuit, depuis une fenêtre de l’hôtel Folkestone à Boulogne-sur-Mer. Édouard Manet y dépeint le retour d’un bateau de pêche, attendu sur le quai par les femmes des marins. Le contraste dramatique entre les ombres noires et la lumière blanche de la lune (on pourrait craindre un événement tragique si la mer n’était aussi lisse) rend hommage à Rembrandt, maître néerlandais du clair-obscur. J.B.
Huile sur toile • 82 × 101 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris. • © RMN-Grand Palais
Jean-François Millet, Le Parc à moutons, clair de lune, vers 1872
Lumières frisantes
Suspendue à l’horizon, l’immense lune gibbeuse donne un caractère mystique à cette scène paysanne. Éclairés par la lumière rasante de l’astre couché, les dos des moutons évoquent une mer de nuages d’où émerge la silhouette prophétique du berger se détachant sur le ciel clair. Étoiles filantes, arc-en-ciel, soleil couchant : au-dessus de la terre labourée par les hommes, Millet se plaît à semer des lumières célestes et autres phénomènes météorologiques comme autant d’indices de la présence d’un au-delà. J.B.
Huile sur bois • 39,5 × 57 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © RMN-Grand Palais
Arkhip Ivanovitch Kouïndji, Lune sur le Dniepr, 1882
Chimie lunaire
Bordé de chaumières, le fleuve russe Dniepr se change sous la pleine lune en un miroir brillant découpé dans l’obscurité. Invités dans l’atelier de Kouïndji, peintres, chimistes et écrivains s’émerveillent face à ce paysage sombre et cet effet de lune, obtenu grâce à un vert phosphorescent et des couleurs à base de bitume. Dès 1882, l’œuvre est acquise par Constantin Constantinovitch, petit-fils du tsar Nicolas Ier, puis, la même année, exposée seule à Saint-Pétersbourg, où elle attire les foules. J.B.
Huile sur toile • 104 × 143 cm • Coll. galerie Tretiakov, Moscou • © akg-images
Marc Chagall, Le Paysage bleu, 1949
Poème d’amour
Changé en poisson, un croissant de lune dilue sa lumière apaisante dans le bleu ambiant. Signe d’harmonie, sa courbe fait écho à l’œil mi-clos du jeune homme embrassant sa bien-aimée. Inspiré toute sa vie par ses rêves et son amour pour sa femme Bella, Chagall associe la lune aux songes du poète et le bleu, couleur de sa maison d’enfance russe, à la tendresse des amants. Onirique et lumineux, ce tableau est l’un de ses derniers hommages posthumes à son épouse et muse de toujours, éteinte en 1944. J.B.
Gouache sur papier • 77 × 56 cm • Coll. Von der Heydt-Museum Wuppertal • © Von der Heydt-Museum Wuppertal
Paul Delvaux, L’Acropole, 1966
Un rêve au féminin
Dans un décor inspiré de l’Acropole d’Athènes, des figures féminines statufiées entament, vêtues de longues robes blanches, une mystérieuse procession au clair de lune. Si le surréaliste belge Paul Delvaux a souvent peint la lune dans des scènes nocturnes fantasmatiques, c’est sans doute parce que cet astre froid synthétise tous ses thèmes favoris : rêve, solitude et mystère féminin… la lune incarnant à merveille ces femmes impassibles, hypnotiques et distantes qui ont toujours peuplé son œuvre. J.B.
Huile sur toile • 150 × 230 cm • Coll. Centre Pompidou, Mnam, Paris • © RMN-Grand Palais
Leonid Tishkov, Private Moon, 2003-2017
Périple lumineux
Pour cette série de photographies douces et surréalistes, l’artiste russe Leonid Tishkov a mis en scène un croissant de lune lumineux dans des paysages bleutés et déserts. Du cercle arctique à la Nouvelle-Zélande en passant par le Japon et l’Oural, sa « Lune privée », seule ou accompagnée de l’homme qui l’a prise sous son aile, fait un tour en barque avec son ami, admire la tour Eiffel depuis les toits ou se repose sur la neige. Descendu sur la Terre, l’astre égaré remet en lumière la poésie du monde… J.B.
Plexiglas, LED et générateur • 100 × 200 × 13 cm • Coll. Leonid Tishkov et RAM radioartemobile • © Leonid Tishkov
La Lune. Du voyage réel aux voyages imaginaires
Du 3 avril 2019 au 22 juillet 2019
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
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Ode à l’imprévisible
Cette allégorie baroque de l’inconstance s’inspire d’un recueil paru en 1593, l’Iconologie, où l’érudit italien Cesare Ripa décrit les attributs censés représenter les « esprits changeants et irrésolus » : volage et indécise selon les clichés misogynes, vêtue de bleu en référence à l’imprévisibilité des vagues, une femme tient dans ses mains une écrevisse – crustacé marchant aussi bien droit qu’à reculons – et un croissant de lune, astre connu pour changer sans cesse d’apparence au fil de son cycle. J.B.