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GALERIE MIYU

Le festin de fesses de Sawako Kabuki

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Publié le , mis à jour le
À la galerie Miyu, dédiée aux arts et aux techniques de l’animation, Sawako Kabuki orchestre une savoureuse orgie visuelle doublée d’une thérapie collective qui convie autant les plaisirs de la chair, que les fluides corporels et la bonne bouffe. Jouissif !
Sawako Kabuki, Untitled
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Sawako Kabuki, Untitled, 2022

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© Sawako Kabuki

Miches, pétards, popotins, culs… Les fesses sont partout dans l’œuvre impudique de Sawako Kabuki. L’artiste, née en 1990 au Japon, ex-assistante dans le cinéma porno, nous invite à la galerie Miyu à une jouissive « Butt Therapy » (thérapie du cul), sa première exposition en Europe. Mais les fesses peuvent-elles seulement soigner ? Pour la jeune cinéaste d’animation, déjà multi-primée dans les festivals internationaux (Sundance, Annecy, SXSW…), cela ne fait aucun doute. Leur pouvoir méditatif est tel qu’elles sont même devenues le motif central de son œuvre, tout entière tournée vers, dit-elle, les « quatre nécessités – ou désirs – de la vie, comme la nourriture, le sexe, le sommeil (relaxation) et l’excrétion ».

Sawako Kabuki, Untitled
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Sawako Kabuki, Untitled, 2022

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© Sawako Kabuki

Mieux vaut laisser ses tabous sur le pas de la porte. Les films sulfureux de Kabuki les dézinguent tous. Plus que le corps, ce sont les fluides qui le traversent qui intéressent l’artiste, et ce, quels qu’ils soient. Vomi et étrons tiennent ainsi le premier rôle dans ses courts-métrages ANAL JUKE – ANAL JUICE et Summer’s Puke is Winter’s Delight, qui donnent à voir (et entendre), ce qui, il faut bien le dire, d’ordinaire dégoûte.

Le discours est cru, l’esthétique diablement pop : les corps sont mous, infiniment malléables, à la merci de l’imagination sans limite de l’artiste. Ils copulent, défèquent, vomissent allègrement sur de la musique techno expérimentale au rythme frénétique. C’est drôle, bien sûr, mais surtout furieusement politique. Car chez Sawako Kabuki, l’absurde interroge surtout le corps en proie aux injonctions.

Sawako Kabuki, Untitled
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Sawako Kabuki, Untitled, 2022

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© Sawako Kabuki

Plus sages (quoi que), les dessins de l’artiste sont peuplés ad nauseam de corps féminins nus, qui mangent avant d’être mangés : ici une chorégraphie de booty shake sur un donut, là un appétissant onigiri de fesses (encore elles !), et aussi des nouilles de cheveux. On lèche, on mastique, on mâchouille des femmes miniatures qui deviennent des ingrédients à part entière et font tout le sel de l’art de Kabuki. L’ensemble a des allures de festin gargantuesque façon Grande Bouffe à la sauce néo-pop-féministe. On en reprendrait bien un morceau !

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Butt Therapy

Du 24 février 2023 au 8 avril 2023

www.miyu.fr

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