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Bernard van Orley, Portrait de Marguerite d’Autriche, après 1518
Huile sur bois • Coll. musée du Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse • © Hugo Maertens / MRB
Maître de la Légende de sainte Ursule, Madone sur un trône entourée d’anges, vers 1480
Une vingtaine de Vierge à l’Enfant par van Eyck, Memling…
Héritière des ducs de Bourgogne, Marguerite partage avec ses ancêtres le goût pour la peinture des Primitifs flamands. Près d’une vingtaine de Vierge à l’Enfant de la main de Hans Memling, Jan van Eyck, Rogier van der Weyden, ornait sa collection. Le Maître de la Légende de sainte Ursule combine ici habilement les innovations techniques de ses illustres prédécesseurs, telles que la recherche illusionniste dans le précieux rendu des matières – facilité par la peinture à l’huile, ou la perspective atmosphérique qui se dégrade dans des tons verts-bleus.
Huile sur bois (panneau de chêne) • 96,5 x 73,2 cm • Coll. musée Thomas-Henry Cherbourg-en-Cotentin • © Musée Thomas Henry, Cherbourg-en-Cotentin
Bernard van Orley, Portrait de Charles Quint, vers 1516
Charles Quint « à la semblance »
Près de la moitié de la collection de la régente était composée de portraits, une réunion exceptionnelle pour l’époque. Entre visée politique et légitimation dynastique, les portraits officiels côtoyaient des visages plus intimes, dont de nombreux portraits d’enfants de la dynastie des Habsbourg, formant une sorte d’album de famille avant la lettre. Marguerite avait aussi mis un point d’honneur à ce que la peinture soit ressemblante. On peut donc se fier à la main de Bernard van Orley, pour reconnaître les traits, et en particulier le fameux menton des Habsbourg, du futur empereur Charles Quint dont l’éducation a été confiée à sa tante à la cour de Malines, en Flandres.
Huile sur bois • 37 x 26,5 cm • Coll. musée du Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse • © Hugo Maertens / MRB
Joos van Cleve, L’Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste s’embrassant, vers 1525-1530
Rapprochements entre le Nord et le Sud
Lorsque Marguerite s’installe à Malines elle transforme rapidement sa cour en foyer de l’humanisme. Grande mécène des artistes flamands, elle est également sensible à l’art italien qu’elle accueille aux Pays-Bas, et encourage les artistes du Nord à s’imprégner de l’art de la péninsule. Souhaitant favoriser ce dialogue transalpin, elle donne accès à Joos van Cleve à l’un de ses tableaux favoris, pour que celui-ci en exécute une version. Il représente « deux petitz enffans, embrassant et baissant l’ung l’aultre » par Marco d’Oggiono, d’après Léonard de Vinci.
Huile sur bois • Coll. Suermondt-Ludwig-Museum, Aix-la-Chapelle • © Suermondt-Ludwig-Museum, Aix-la-Chapelle
Jan Borreman, Vierge à l’Enfant, vers 1500
Le monastère Brou, un amour éternel gravé dans la pierre
Afin de commémorer la mémoire de son troisième époux, le duc de Savoie Philibert le Beau, Marguerite d’Autriche fait édifier le monastère de Brou. De 1505 à 1532, elle suit de près l’évolution du chantier depuis la Belgique, ouvrage qu’elle ne verra jamais achevé. Pour l’édification de ce chef-d’œuvre du gothique flamboyant elle ne recule devant aucune dépense et met à contribution les meilleurs artisans. L’ensemble révèle ainsi l’intervention d’artistes venus du Nord comme en témoigne la Vierge à l’Enfant du sculpteur bruxellois Jan Borreman très proche stylistiquement des sculptures de Brou, dans la nervosité du drapé et leur monumentalité.
Sculpture en pierre • Coll. fondation Phoebus, Anvers • © The Phoebus Foundation, Antwerp
Juan de Flandes, Le Festin d’Hérode, vers 1496-1499
Un goût à l’européenne
Répudiée et deux fois veuve, Marguerite séjourne successivement en France, en Espagne et en Savoie à l’occasion de ces unions politiques. À la cour de sa belle-mère Isabelle de Portugal, elle découvre les œuvres de Juan de Flandes qui figureront en nombre dans sa collection. Alors que ce dernier conçoit, pour la Chartreuse de Miraflores, le célèbre Polyptyque de saint Jean-Baptiste, dont faisait partie le Festin d’Hérode, Marguerite est fortement impressionnée par l’architecture de l’édifice. Elle s’en inspirera pour sa propre fondation à Brou.
Huile sur bois • Coll. musée Mayer van den Bergh, Anvers • © Museum Mayer van den Bergh
Jérôme Bosch, Tentation de saint Antoine, fin XVe début XVIe siècle
Son cher Jérôme Bosch : « Fortune – Infortune – Forte une »
Prévoyant de se retirer à Brou, Marguerite sélectionne dans sa collection quelques tableaux destinés à l’accompagner, dont le tableau de Bosch est l’un des rares à pouvoir être identifié. La Tentation de saint Antoine, qui représente l’ermite dans le désert assailli par les démons, est un sujet de prédilection pour le peintre, où il dépeint ses monstres si caractéristiques. Un thème cher au cœur de Marguerite qui possédait au moins quatre peintures sur le récit de saint Antoine. Les épreuves traversées sur le chemin de la rédemption faisaient sans doute écho à sa propre existence.
Huile sur bois • 40 x 26.5 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © Gemäldegalerie/Christoph Schmidt
Primitifs flamands. Trésors de Marguerite d’Autriche
Du 8 mai 2018 au 26 août 2018
Monastère royal de Brou • 63, boulevard de Brou • 01000 Bourg-en-Bresse
www.monastere-de-brou.fr
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Marguerite, femme de pouvoir
Entre 1507 à 1530, Marguerite d’Autriche gouverne au nom des Habsbourg les Pays-Bas pour le compte de son neveu le futur Charles Quint. Femme intelligente et diplomate hors pair, elle travaille précisément son image, telle que l’a rendue Bernard van Orley, son peintre officiel. Le port altier dans ses habits de veuve, égrenant un chapelet, le regard décidé sont autant d’éléments témoignant de la conscience de sa charge. Ce portrait officiel sera largement diffusé par ses soins, à la fois en peinture mais aussi en sculpture, vitrail…