PHOTOGRAPHIE

Les mille visages d’Henri Cartier-Bresson révélés à Landerneau

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Publié le , mis à jour le
Plus de 300 photographies d’Henri Cartier-Bresson sont réunies au fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture à Landerneau, qui consacre à « l’œil du siècle » une grande rétrospective jusqu’au 5 janvier 2025. Une exposition vertigineuse truffée de clichés mythiques et de récentes redécouvertes.
Henri Cartier-Bresson, Bruxelles, Belgique
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Henri Cartier-Bresson, Bruxelles, Belgique, 1932

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Photographie argentique • Coll. Fondation Henri Cartier Bresson, Paris • © Fondation Henri Cartier Bresson / Magnum Photos

Bruxelles, 1932. Un homme à casquette lorgne, comme à travers un œilleton percé dans un vieux tissu, sur quelque chose dont nous autres lointains spectateurs ignorons tout. À ses côtés, son comparse à chapeau melon, comme tout droit sorti d’une peinture de Magritte (pas de doute, nous sommes bien en Belgique !) lance en notre direction, qui est aussi celle de l’auteur de cette image, un regard furtif, presque coupable. Tout Cartier-Bresson est là : une scène a priori banale, transfigurée par l’œil du photographe qui s’est trouvé au bon endroit et a appuyé sur le déclencheur au bon moment. Un jeu de regards, un trait d’humour, bref, un instant décisif hissé au rang d’icône de l’histoire de la photographie.

Montrer, pour la première fois en Bretagne, toute l’ampleur et la diversité de l’œuvre du mythique photographe, co-fondateur de l’agence Magnum, voilà l’ambition de cette vaste rétrospective présentée au fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture à Landerneau. « Il n’y a pas un mais plusieurs Cartier-Bresson », martèle ainsi Clément Chéroux, commissaire de l’exposition et directeur de la fondation Cartier-Bresson, qui pour l’occasion a pioché plus de 300 images parmi les quelque 30 000 qui composent le fonds du photographe, offrant aux visiteurs une plongée vertigineuse dans la carrière de « l’œil du siècle » et des tumultes du monde dont il a été le témoin.

Cartier-Bresson sous toutes les coutures

Pour nous guider dans cette grande traversée, nul autre qu’Henri Cartier-Bresson lui-même ! Autoportrait de jeunesse, photographies d’identité, portraits laissant paraître le passage des années sont reproduits sur la vingtaine de hautes colonnes colorées qui scandent le parcours. Une façon pour le commissaire « d’incarner Henri Cartier-Bresson » qui a, avec un succès relatif, toujours refusé de se faire prendre en photo ; non pas par coquetterie ou par snobisme, mais pour pouvoir simplement continuer à travailler de façon anonyme.

La scénographie de l’exposition « Henri Cartier-Bresson » au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture à Landerneau
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La scénographie de l’exposition « Henri Cartier-Bresson » au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture à Landerneau

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© FHEL 2024 / Photo © Nathalie Savale

Pensées comme des « respirations » au cœur de l’exposition, des vidéos d’archives, pour certaines réalisées « à la sauvette », le montrent aussi en pleine action, sans cesse mouvement, l’œil à l’affût tel un chasseur, se tenant tantôt sur un pied, tantôt sur l’autre, comme s’il effectuait une chorégraphie. Preuve que pour capter « l’instant décisif », il ne faut surtout pas attendre, immobile, que quelque chose se produise, mais au contraire aller à la rencontre du destin.

Images cultes et inédites

Henri Cartier-Bresson, Derrière La Gare Saint Lazare, Paris
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Henri Cartier-Bresson, Derrière La Gare Saint Lazare, Paris, 1932

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Photographie argentique • Coll. Fondation Henri Cartier Bresson, Paris • © Fondation Henri Cartier Bresson / Magnum Photos

On croise d’abord dans le parcours le regard du jeune surréaliste, obsédé par lignes géométriques comme par les figures de dormeurs (qui traverseront de bout en bout son œuvre), puis celui de l’infatigable voyageur, qui a arpenté l’Italie, l’Espagne, les États-Unis ou bien sûr la France, en large et en travers. Mais aussi l’œil de Magnum, qui a presque tout vu : la partition de l’Inde, l’avènement de Mao Zedong en Chine, l’élection de Kennedy… Sans oublier celui de l’homme de gauche, un temps communiste, qui a toujours photographié les enfants et les hommes du peuple avec humanité, humour et tendresse immortalisant leurs joies, leurs jeux et leurs peines.

Sur les cimaises la démonstration est impeccable. Les grandes images sont là, du fameux saut derrière la gare Saint-Lazare, incarnation absolue du fameux « instant décisif », aux photographies montrant l’Allemagne dévastée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en passant par les célèbres clichés de Mai 68. D’autres, plus méconnues raviront sans doute les plus familiers de l’œuvre de Cartier-Bresson, comme cette jeune guitariste mexicaine qui, en 1936, semble passer devant l’objectif du photographe sans même le remarquer. Vingt ans après sa disparition, l’œil du siècle n’a décidément pas fini de nous surprendre.

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Henri Cartier-Bresson

Du 15 juin 2024 au 5 janvier 2025

www.fonds-culturel-leclerc.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Henri Cartier-Bresson

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