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EN IMAGES

Cultes ! 10 photos incontournables qui ont fait l’histoire de l’art

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Si l’histoire de la photographie s’est écrite grâce aux innovations techniques, elle a aussi été façonnée par des images aujourd’hui devenues cultes. Un instant décisif signé Cartier-Bresson ou Capa, un regard magnétique dans l’objectif de Dorothea Lange… Retour sur 10 photos tout sauf cliché, qui ont forgé notre regard.
Hippolyte Bayard, Autoportrait en noyé
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Hippolyte Bayard, Autoportrait en noyé, 1840

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Hippolyte Bayard : photo-farceur

Pionnier de la photographie, Hippolyte Bayard (1801–1887) est aussi l’inventeur malheureux d’un procédé de tirage sur papier qu’il sera le seul à utiliser… Plutôt que de se morfondre, il préfère tourner en dérision son échec. Pour ce faire, il décide de se mettre en scène « en noyé ». Au dos de la photographie, Bayard inscrit quelques mots expliquant sa démarche, toujours avec une note d’humour : « Le cadavre du Monsieur que vous voyez ci-derrière est celui de M. Bayard, inventeur du procédé dont vous venez de voir ou dont vous allez voir les merveilleux résultats. […] Les artistes, les savants, les journaux se sont occupés de lui depuis longtemps et aujourd’hui qu’il y a plusieurs jours qu’il est exposé à la morgue personne ne l’a encore reconnu ni réclamé. Messieurs et Dames, passons à d’autres, de crainte que votre odorat ne soit affecté, car la figure du Monsieur et ses mains commencent à pourrir comme vous pouvez le remarquer. » L’inventeur-farceur est ainsi devenu, en 1840, l’auteur du premier canular photographique de l’histoire !

© Wikimedia Commons

Julia Margaret Cameron, Rachel Gurney, I Wait
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Julia Margaret Cameron, Rachel Gurney, I Wait, 1872

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Julia Margaret Cameron comme dans un rêve

Le talent de Julia Margaret Cameron (1815–1879) s’est révélé sur le tard. Alors qu’elle fête ses 48 ans, elle se voit offrir par sa fille un appareil photo et se prend de passion pour ce médium. Elle trouve rapidement sa « signature » : ses portraits (souvent de femmes et d’enfants), sont comme irradiés d’une lumière douce, spectrale. Un effet vaporeux qu’elle obtient grâce au « soft focus ». Poétiques, romantiques, rêveuses… Les photographies de Julia Margaret Cameron encapsulent un certain esprit de l’Angleterre victorienne, que l’on retrouve par exemple aussi chez les préraphaélites. Le Jeu de Paume consacrera à cette photographe amateure, devenue une pionnière du pictorialisme, une importante rétrospective à l’automne.

Épreuve à l'albumine argentique • 32,7 × 25,4 cm • © The J. Paul Getty Museum, Los Angeles

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Julia Margaret Cameron. Capturer la beauté

Du 10 octobre 2023 au 28 janvier 2024

jeudepaume.org

Eadweard Muybridge, Sallie Gardner at a Gallop
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Eadweard Muybridge, Sallie Gardner at a Gallop, 1878

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Eadweard Muybridge, à cheval sur le mouvement

En 1872, le médecin et physiologiste Étienne-Jules Marey (1830–1904), inventeur de la chronophotographie, publie un livre dans lequel il dément l’idée reçue selon laquelle un cheval aurait les quatre fers en l’air lorsqu’il est lancé au galop, comme le figure le célèbre Derby d’Epsom de Géricault. Après sa lecture, le photographe britannique Eadweard Muybridge (1830–1904) décide de prouver la thèse du scientifique face à la presse, alors dubitative. Il dispose alors, le long d’une piste équestre blanchie à la chaux, 12 chambres photographiques. Le procédé est délicat : pour chaque appareil, un opérateur se tient prêt à enduire les plaques de verre dans du collodion. Après une batterie d’essais, l’expérience s’avère finalement concluante et la thèse de Marey est validée. Les travaux de Muybruidge sur la décomposition du mouvement font du photographe l’un des précurseurs de l’image animée, et donc du cinéma !

© AKG-Images

Man Ray, Le Violon d’Ingres
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Man Ray, Le Violon d’Ingres, 1924

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Man Ray, le surréalisme sans fausse note

Quand le surréalisme rencontre le néoclassicisme ! D’inspiration orientaliste, cette célèbre photographie de Man Ray (1890–1976) est un hommage au Bain turc du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780–1867). Son modèle n’est autre que la reine de Paris, Kiki de Montparnasse, qui fut aussi son amante. Celle-ci pose de dos, comme assise au bord d’un lit, la tête légèrement de trois quarts et surmontée d’un turban. L’artiste souligne les courbes de sa muse en ajoutant sur le tirage deux ouïes de violon, dessinées à la mine de plomb et à l’encre de Chine, la transformant ainsi en femme-musique. Vendu aux enchères en 2022 à New York pour 12,4 millions de dollars, le Violon d’Ingres est devenu la photographie la plus chère de l’histoire !

Photographie • 28,2 × 22,5 cm • © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2023 / Christie’s Images Limited 2022

Henri Cartier-Bresson, Derrière la Gare Saint-Lazare
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Henri Cartier-Bresson, Derrière la Gare Saint-Lazare, 1932

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L’instant décisif selon Henri Cartier-Bresson

La scène, furtive, se déroule derrière la gare Saint-Lazare, sur la place de l’Europe. En travaux et inondée, celle-ci a des allures de miroir dans lequel se reflète la silhouette d’un homme, comme saisi en plein vol. L’image est la définition parfaite de ce que Henri Cartier-Bresson (1908–2004) a nommé dans son ouvrage culte, Images à la sauvette (1952), l’ « instant décisif » – c’est-à-dire l’art de capturer, à un instant T et dans un cadre parfait, un micro-événement éphémère. Si Cartier-Bresson n’a jamais vraiment théorisé cette notion, elle a durablement marqué son travail et est indissociable de la photographie de rue.

© Fondation Henri Cartier Bresson / Magnum Photos

Robert Capa, Mort d’un soldat républicain
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Robert Capa, Mort d’un soldat républicain, 1936

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Robert Capa, icône contestée du reportage de guerre

Robert Capa (1913–1954) a seulement 22 ans lorsqu’il se rend sur le front de la guerre d’Espagne. En Andalousie, il saisit sur le vif la mort d’un soldat républicain, fauché par une balle. Publié dans de grands magazines comme Vu et Life, ce cliché devient rapidement une icône du reportage de guerre. Mais bien des années plus tard, à partir des années 1970, l’authenticité de l’image est remise en question. La photographie a-t-elle été prise, comme l’a affirmé Capa, sur le champ de bataille de Cerro Muriano ? Et s’il s’agissait d’une mise en scène ? Aujourd’hui encore, le débat divise les experts…

© Robert Capa / International Center Of Photography / Magnums Photos

Dorothea Lange, Migrant Mother, Nipomo, California
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Dorothea Lange, Migrant Mother, Nipomo, California, 1936

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Dorothea Lange face au sombre visage de l’Amérique

C’est un regard qu’il est difficile d’oublier… Dans les années 1930, Dorothea Lange (1895–1965) traverse les États-Unis afin de documenter les désastreuses conséquences du krach boursier de 1929, qui a précipité des millions d’Américains dans une extrême pauvreté. Elle se trouve ainsi par hasard dans un camp de cueilleurs de pois lorsqu’elle rencontre Florence Owens Thompson, 32 ans et 7 enfants, dont la voiture vient de tomber en panne. Sans même lui demander son prénom, la photographe immortalise l’inquiétude de la mère de famille, entourée de trois de ses bambins. Son visage tourmenté et anonyme sera érigé en icône absolue de la Grande Dépression, comme une incarnation de la mère courage. Bien des années plus tard, le modèle exprimera dans la presse son regret d’avoir été dès lors réduite au triste symbole de « Migrant Mother ».

Photographie argentique • Coll. Oakland Museum of California, Oakland • © The Dorothea Lange Collection / Wikimedia Commons

Saul Leiter, Sans titre
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Saul Leiter, Sans titre, non daté

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Saul Leiter, le magicien de la couleur

Dans les années 1950, Saul Leiter (1926–2013) fait figure d’outsider. Alors que le monde de la photographie ne jure que par le noir et blanc, lui préfère se tourner vers la couleur – pourtant considérée comme vulgaire, tout juste bonne pour la publicité. Qu’importe, Leiter, qui fut aussi peintre, arpente sans relâche les rues de New York, capturant des instants fugaces et colorés ; des scènes baignées de mystère au cadrage impeccable, animées par la présence discrète de silhouettes évanescentes. Longtemps ignoré avant d’être enfin redécouvert dans les années 1990, Saul Leiter s’est finalement imposé comme le discret précurseur de la photographie couleur, vingt ans avant William Eggleston ou Stephen Shore. Des photographies et des toiles inédites de l’artiste seront présentées cet été aux Rencontres d’Arles, au palais de l’Archevêché.

© Avec l’aimable autorisation de la Saul Leiter Foundation

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Saul Leiter, Assemblages

Du 3 juillet 2023 au 24 septembre 2023

www.rencontres-arles.com

Diane Arbus, A young man in curlers at home on West 20th Street, N.Y.C. 1966
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Diane Arbus, A young man in curlers at home on West 20th Street, N.Y.C. 1966

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Diane Arbus : freaks et compagnie

« Je suis née en haut de l’échelle sociale, dans la bourgeoisie respectable, mais, depuis, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour dégringoler », disait Diane Arbus (1923–1971). Physiques hors norme, personnalités étranges, réduites à des phénomènes de foire… La photographe a tourné sans relâche son objectif vers les marginaux et autres grands invisibles de la société américaine. Parmi eux, les drag-queens qu’elle côtoie dans les coulisses des cabarets des bas-fonds de Manhattan et photographie à bout portant, comme ce Jeune homme aux bigoudis, véritable Joconde queer.

© The Estate of Diane Arbus Collection Maja Hoffmann / LUMA Fondation

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Diane Arbus : Constellation

Du 26 mai 2023 au 24 septembre 2023

www.luma.org

Martin Parr, Japon. Miyazaki. Plage artificielle à l’intérieur du Dôme Océanique
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Martin Parr, Japon. Miyazaki. Plage artificielle à l’intérieur du Dôme Océanique, 1996

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Martin Parr : kistch et choc

A priori, le décor ressemble à celui d’une carte postale : plage de sable fin, eau turquoise… Mais à y regarder de plus près, quelque chose cloche. Nous ne sommes pas aux Maldives, mais bien sur une plage artificielle couverte située dans un parc aquatique au Japon, où s’entasse une foule dense de familles en mal de vacances… L’image, quelque peu angoissante, est emblématique du travail de Martin Parr (1952-), photographe britannique dont l’œil impitoyable traque les travers de ses contemporains, avec un goût affirmé pour le cynisme et le kitsch. Le portrait grinçant d’un monde biberonné au capitalisme, lancé dans une course folle au consumérisme.

© Martin Parr / Magnum Photos

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