Utagawa Hiroshige, Sans titre [Pin sous la pleine lune, à travers un store], vers 1849-1852
23,5 × 30,2 cm • éditeur Sanoya Kihei • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Utagawa Hiroshige, Le repiquage du riz à Fuchū, 1836
Quand l’éventail rencontre l’ukiyo-e
Maître du mouvement de l’ukiyo-e, surtout reconnu comme un peintre de paysages (en témoignent ses chefs-d’œuvre Cent vues célèbres d’Edo et Les Cinquante-trois relais du Tôkaidô), Hiroshige a réalisé plus de six cent cinquante estampes destinées à l’ornementation d’éventails ! On retrouve dans les exemples de cette monumentale production qui nous sont parvenus son goût pour les vues pittoresques des provinces du Japon, mais aussi pour les sites célèbres d’Edo, les scènes de fête ou encore bien sûr les acteurs de kabuki.
22,8 × 28,5 cm • éditeur Ibaya Kyūbei • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Utagawa Hiroshige, Ide dans la province de Yamashiro et La rivière aux Joyaux de Noda dans la province de Michinoku, 1855
À l’ombre des cerisiers en fleur
En écho à ses célèbres séries sur les routes du Tôkaidô et du Kisokaidô, Hiroshige a consacré près de la moitié de ses feuilles d’éventails aux célèbres sites d’Edo ainsi qu’aux paysages de différentes provinces du Japon. Fourmillant de détails d’une précision magistrale, ses estampes représentent bien souvent des scènes au charme pittoresque, comme la floraison des cerisiers. Un spectacle majestueux qui, aujourd’hui comme hier, ne cesse d’émerveiller !
Série "Les Six rivières aux Joyaux des différentes provinces" • 22,8 × 29,8 cm • éditeur Ibaya Senzaburō • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Utagawa Hiroshige, La fête des étoiles à Yanagishima, 1856
Leçon de style
Bien qu’il ne soit pas reconnu, à l’instar de certains de ses contemporains, comme un portraitiste, Hiroshige a réalisé de nombreux portraits féminins, en groupe ou en gros plan. Toujours vêtues d’élégants kimonos, ces femmes sont souvent associées à des paysages célèbres de la province d’Edo ou à des fêtes et des rituels, à l’image de cette sublime inconnue figurée en train d’assister, depuis une barque, à la fête des étoiles de Yanagishima.
Série "Sites célèbres d’Edo associés aux trois astres" • 22,2 × 28,7 cm. • éditeur Ibaya Senzaburō • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Utagawa Hiroshige, Saigū no nyōgo, vers 1843-1846
À la gloire des poétesses
Au bord de la mer, deux femmes récupèrent de l’eau salée dans des seaux, tandis qu’au premier plan une grande vague (qui évoque la célèbre estampe du prédécesseur d’Hiroshige, Hokusai) ne manque de les submerger. Cette estampe, issue des Trente-six génies féminins de la poésie, illustre un extrait du Nouveau recueil des poèmes de jadis et de maintenant de la poétesse Saigû no nyôgo et montre l’attachement de l’artiste aux sujets littéraires, qui ont à maintes reprises inspiré son œuvre.
Série "Les Trente-six génies féminins de la poésie" • 23,3 × 29,2 cm • éditeur Enshūya Matabei • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Utagawa Hiroshige, Ukiyo Matahei, Vers 1844-1846
Artiste de légende
Nous voici désormais dans l’atelier d’un artiste… Et pas n’importe lequel ! Hiroshige rend ici hommage à Ukiyo Matahei, peintre qui, selon la légende, serait à l’origine de l’Ôtsu-e, imagerie populaire qui s’est développée entre le XVIIe et le XIXe siècle à Ôtsu, l’une des stations de la route du Tôkaidô située non loin de Kyoto. Tandis que son assistante s’affaire à la préparation des pigments, le peintre, un pinceau à la main, est quant à lui concentré sur une grande feuille blanche… Son futur chef-d’œuvre ?
Série Collection d’artisans célèbres : le peintre • 22 × 28,8 cm • éditeur Ibaya Kyūbei • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Utagawa Hiroshige, La danse de la fête des morts, Vers 1842-1846
En piste !
Paysagiste de grand talent, Hiroshige avait aussi un certain sens de l’humour ! En témoigne cette Danse de la fête des morts, extraite de la « Collection de danses anciennes ». L’artiste figure ici des personnages à l’accoutrement improbable qui forment une joyeuse ronde. Mention spéciale pour l’homme à la pelure de pastèque en guise de couvre-chef et à celui qui, masqué, s’élance dans les airs avec son balai ! Hiroshige a consacré une cinquantaine d’estampes à des sujets humoristiques, s’appuyant bien souvent sur le registre de la parodie.
Série "Collection de danses anciennes" • 21,4 × 24,8 cm • éditeur Ibaya Kyūbei • © Fundacja Jerzego Leskowicza / Dominique Baliko
Hiroshige et l'éventail. Voyage dans le japon du 19e siècle
Du 15 février 2023 au 29 mai 2023
Musée national des arts asiatiques – Guimet • 6, place d'Iéna • 75116 Paris
www.guimet.fr
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Un art éphémère
Très populaires à l’époque d’Edo (1603–1868) les éventails plats en bambou font partie des supports d’expression fétiches des artistes de l’ukiyo-e. Vendus dans un premier temps l’été par des colporteurs, ils font peu à peu leur apparition, à partir du XVIIIe siècle, chez les marchands d’estampes. De nature éphémère, ces objets bon marché sont particulièrement fragiles et ont ainsi pour la plupart disparu. Les estampes qui nous sont parvenues sont dans la grande majorité celles qui, conservées par des marchands et des collectionneurs, n’ont jamais été montées sur leur armature.