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Utagawa Hiroshige, « La Forêt du sanctuaire Suijin et la région de Massaki au bord de la rivière Sumida » (35e vue), 1857
Série « Cent vues célèbres d’Edo » • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Katsushika Hokusai, Bouvreuil et cerisier pleureur, vers 1834
Le plus aérien
Le kacho-ga, signifiant littéralement « fleurs et oiseaux », est un genre d’estampes imprimées sur des feuilles volantes vendues à bas prix. Le grand maître Hokusai (1760–1849), auteur de la célèbre Vague de Kanagawa, apprécie particulièrement en produire, à l’image de cette estampe datée de 1834, au bleu intense. C’est à peine si le petit bouvreuil s’y remarque, prêt à plonger pour mieux s’envoler… Un régal pour les yeux.
25,4 x 19,5 cm • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Yukawa Shodo, Femme admirant des cerisiers en fleurs, 1901-1903
Le plus délicat
Parmi les 160 gravures sur bois de la série des « Cent jolies femmes illustrant les modes anciennes et modernes », de Yukawa Shodo, publiées entre 1901 et 1903 – celle-ci figure une jeune femme cueillant des fleurs de cerisier. Ou bien tente-t-elle de les humer ? À peine bourgeonnantes et d’un rose éclatant, leur beauté reflète celle, toute en douceur et en élégance, de la belle curieuse. Un style épuré, des touches vives sur un camaïeu de blanc… L’artiste japonais fait preuve d’une épatante modernité.
42,3 x 27,5 cm • Série : Cent jolies femmes illustrant les modes anciennes et modernes • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Utagawa Hiroshige, Fleurs de cerisier doubles et oiseau vert
Le plus exotique
Au cours du shogunat des Tokugawa, entre 1603 et 1867, on développe de nouvelles variétés de ces cerisiers qui foisonnent à travers le pays – dont les cerisiers à fleurs doubles, écloses tels de petits bouquets, oscillant entre le rose vif et le rose pâle. En voici un magnifique exemple peint dans une composition insolite : sur un parterre de pétales se niche un étrange oiseau vert… Avec ses tâches roses et son pelage sapin, il semble tout droit sorti de l’imagination du maître Utagawa Hiroshige !
12,2 x 18,5 cm • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Tsukioka Yoshitoshi, Cerisier et prunier en fleurs, 1878
Le plus contrasté
Pour saisir ce spectacle enivrant qu’offre la floraison des cerisiers, mieux vaut se dépêcher car elle ne dure qu’une dizaine de jours par an ! La jeune femme sur cette estampe l’a bien compris : il faut les peindre avant qu’il ne soit trop tard. Avec sa peau blanche comme les pétales à l’arrière-plan, ses cheveux noirs comme les branches de sakura et son vif kimono aux motifs floraux, elle semble faire corps avec son sujet… Une œuvre séduisante et saturée de couleurs, signée par l’un des derniers grands maîtres de l’ukiyo-e, Tsukioka Yoshitoshi (1839–1892).
39,4 x 26,7 cm • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Utagawa Kunisada (Utagawa Toyokuni III), La Fête des cerisiers en fleurs du « Dit du Genji », 1856
Le plus festif
Au sortir du livre Le Dit du Genji au XIe siècle, classique de la littérature japonaise, apparaît pour la première fois l’expression hanami, évoquant l’acte de contempler les fleurs et surtout, celles de cerisiers ou pruniers printaniers. Mais la tradition remonterait au VIIIe siècle, quand l’empereur Saga célébrait ce spectacle lors d’immenses fêtes dans la cour impériale de Kyôto. En 1856, l’artiste populaire Utagawa Kunisada (1786–1865) illustre cet événement annuel et sacré : sous les branchages, dans les parcs ou jardins, on y organise des repas, déclame des poésies, joue de la musique… vêtus des plus beaux kimonos.
37,1 x 75,4 cm (triptyque) • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Vincent van Gogh, Amandier en fleurs, février 1890
Le plus inspiré
Lorsque son neveu voit le jour, en janvier 1890, Vincent van Gogh (1853–1890) s’empresse de lui dédier une toile à suspendre au-dessus de son berceau, composée de « quelques grosses branches fleuries d’amandier blanc sur un fond de ciel bleu », comme il l’écrit sur une tendre missive à son frère Théo, père du nouveau-né. De cette vue rapprochée sur plusieurs rameaux, peinte de sa touche sinueuse, on y décèle son admiration pour les estampes japonaises couvertes de cerisiers et découvertes lors de la réouverture du Japon au commerce extérieur.
huile sur toile • 73,5 × 92 cm • Van Gogh Museum, Amsterdam • © Van Gogh Museum, Amsterdam
Walter Crane, Hirondelle et cerisiers, fin du XIX e siècle
Le plus décoratif
Ce papier peint de l’artiste britannique Walter Crane (1845–1915), défenseur de l’artisanat au sein du mouvement Arts & Crafts, révèle les grandes qualités ornementales du sakura, avec ses branchages tortueux, ses pétales déployés et bourgeons naissants. Quelques hirondelles ont été ajoutées, pour évoquer le printemps et honorer la tradition japonaise du kacho-ga associant la fleur à l’oiseau. La preuve que le japonisme, à la fin du XIXe siècle, influence merveilleusement les arts décoratifs : entre les kakemonos et les éventails peints, les objets venus du Japon s’exhibent comme de véritables curiosités exotiques !
Papier peint • © Victoria and Albert Museum, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / image Victoria and Albert Museum
Hiroshi Yoshida, Cerisiers Kumoi, 1926
Le plus lunaire
L’astre nocturne, rond et éclatant au milieu de l’estampe, plonge le ciel dans une vive brume aussi poétique que fantastique. Et permet au cerisier pleureur de déployer toute sa beauté, en véritable symbole national… Cette estampe est l’œuvre du peintre Hiroshi Yoshida (1876–1950), considéré comme le plus grand artiste du mouvement shin-hanga, (« nouvelles gravures »), florissant au cours du XXe siècle et inspiré de l’impressionnisme. On y retrouve ces effets de lumière qui obsédaient tant Claude Monet (1840–1926)…
58,7 x 74,4 cm • © Avec l’autorisation des éditions Hazan.
Damien Hirst, Riotous Spring Blossom, 2018
Le plus contemporain
Durant trois ans et jusqu’en novembre 2020, l’artiste britannique Damien Hirst a produit une centaine de toiles figurant des cerisiers en fleurs. Dans la lignée du « hanami », l’artiste estime que sa série dévoile « l’incroyable et éphémère beauté d’un arbre en fleurs dans un ciel sans nuages ». Un formidable appel à cueillir le jour donc, inspiré de l’art japonais, des variations impressionnistes, de la touche pointilliste ou encore de l’action painting !
Huile sur toile, diptyque • 305 × 244 cm • © Damien Hirst and Science Ltd. All rights reserved, ADAGP, Paris / Photo Prudence Cuming Associates.
À lire
Les cerisiers en fleurs par les grands maîtres de l'estampe japonaise
Par Anne Sefrioui • Éd. Hazan • Parution le 6 avril 2022 • 24.95 € • 226 pages
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Le plus idyllique
Au premier plan, des branchages de sakura (cerisiers) encadrent au loin la silhouette du mont Tsukuba et au milieu des arbres, un sanctuaire réservé à la déesse de la rivière. C’est une composition typique des estampes japonaises, idéale pour créer de la profondeur… Sur l’estampe d’origine, les pétales blancs ont même été gaufrés pour donner plus de relief – le papier ayant été pressé contre la plaque. Un précieux trésor donc, tiré des Cent vues d’Edo (1856 – 1858) du célèbre Hiroshige (1797–1858), dévoilant une vision idyllique de la ville d’Edo, l’actuelle Tokyo, bien plus champêtre et paisible qu’aujourd’hui !