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Claude Monet, Le Pont de l’Europe, gare Saint-Lazare, 1877
Huile sur toile • 65 x 81 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet. Don Eugène et Victorine Donop de Monchy, 1940
Claude Monet, La Seine à Port-Villez, effet rose, 1894
Éphémères effets
Fixer sur la toile un effet de plein air éphémère par nature : à partir des années 1890, Monet commence à travailler, en série, sur un même motif qu’il décline selon les variations du jour… Non sans, parfois, éprouver un certain découragement : « Je pioche beaucoup et avec ardeur, je m’entête à une série d’effets différente mais le soleil décline si vite que je ne peux le suivre. » Traduire en peinture un moment qui ne dure que quelques minutes, voire quelques secondes à peine, n’est pas chose aisée, mais grâce à sa touche vive et sa grande maîtrise des couleurs, le peintre parvient à figer la fugacité des métamorphoses du paysage pour l’éternité…
Huile sur toile • 52,5 x 92,4 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet. Legs Michel Monet, 1966
Claude Monet, Bras de Seine près de Giverny, soleil levant, 1897
Le monde dans un reflet
Deux étés durant, en 1896 et 1897, Monet se rend chaque matin, aux aurores, au confluent de la Seine et de l’Epte. Depuis sa barque, le peintre assiste au lever du soleil dont il tente de saisir les subtiles variations. La composition des toiles de cette série est quasi identique : la ligne d’horizon se fond presque dans le plan d’eau, dans lequel se reflètent délicatement les arbres. Le peintre figure la nature endormie dans un somptueux camaïeu de roses et de bleus, qu’il rehausse de quelques touches de vert, presque irisées… Ces eaux tranquilles et miroitantes annoncent le grand cycle des Nymphéas.
Huile sur toile • 91 x 93 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet, dépôt de la Fondation Ephrussi de Rothschild, Saint-Jean-Cap-Ferrat, 1993
Claude Monet, Glycines, vers 1919-1920
Symphonies florales
Installé à Giverny à partir de 1883, Claude Monet fait de son merveilleux jardin une véritable œuvre d’art. Ce petit coin de paradis lui inspire de grandes compositions. Sur le pont japonais qui enjambe le fameux bassin aux nymphéas, le peintre fait installer un arceau sur lequel grimpent des glycines. Il y consacrera plusieurs toiles, conçues comme de grands décors. Le regard du spectateur est irrésistiblement attiré par cette symphonie florale, comme immergé dans un tourbillon de pétales et de senteurs.
Huile sur toile • 100 x 300 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet. Legs Michel Monet, 1966
Claude Monet, Le Pont japonais, 1918
Pont-caméléon
En contrebas de sa maison de Giverny, le peintre aménage donc un « jardin d’eau », composé d’un bassin surmonté d’un pont japonais vert. Monet lui dédie une série de peintures surprenantes. D’abord figuré de manière plutôt réaliste, ce motif se retrouve au fil des années noyé par une végétation qui envahit bientôt toute la toile. Entre ombre et lumière, le pont ressemble alors à un caméléon, parfaitement camouflé dans cet éden impressionniste.
Huile sur toile • 100 x 200 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet. Legs Michel Monet, 1966
Claude Monet, Le Bassin aux nymphéas, vers 1917-1919
Le maître des illusions
Sujet récurrent dans son œuvre, le bassin aux Nymphéas de Giverny inspire à Monet de grandes compositions colorées, dépourvues de ligne d’horizon. L’intérêt du peintre se porte avant tout sur l’eau aux mille et un reflets, animée par les nénuphars qui flottent tranquillement à sa surface. Monet inverse la perspective : sous son pinceau, le bassin devient un miroir sans haut, ni bas, qui reflète la lumière et les couleurs de son jardin idéal… Donnant au spectateur une vertigineuse sensation d’infini !
Huile sur toile • 130 x 120 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet. Legs Michel Monet, 1966
Claude Monet, Nymphéas, reflets de saule, vers 1916-1919
Dernières harmonies
À partir de 1912, Claude Monet souffre d’une maladie des yeux qui l’empêche de distinguer les détails et affecte gravement sa perception des couleurs. Qu’importe ! Le père de l’impressionnisme continue de peindre avec détermination. En témoignent ces Nymphéas aux reflets de saule, où la perspective semble distordue, pour ne pas dire définitivement abolie. L’eau, les végétaux et les reflets du ciel se dissolvent entre eux et ne forment plus qu’un tout : un prodigieux monde de couleurs.
Huile sur toile • 200 x 200 cm • Coll. Paris, musée Marmottan Monet. Legs Michel Monet, 1966
Métamorphoses. Dans l'art de Claude Monet
Du 10 juin 2022 au 18 septembre 2022
Abbaye royale de Fontevraud • 49590 Fontevraud-l'Abbaye
www.fontevraud.fr
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Saisir l’insaisissable
« Je me souviens d’avoir un jour aperçu dans la gare Saint-Lazare un homme juché avec son chevalet sur un tas de caisses. […] C’était Claude Monet. Il peignait avec acharnement des départs de locomotives. Il voulait les montrer en route dans la vague d’air chaud qui leur tremblait autour des reins sur l’échine » se remémore, en 1889, Hugues Leroux dans les colonnes de Gil Blas. En 1877, Monet consacre à la gare Saint-Lazare et ses abords, alors symboles absolus de modernité, une série de toiles. Il a ici planté son chevalet près de la voie de chemin de fer, et restitue l’atmosphère des départs de trains en traduisant, par des touches énergiques, les fumées insaisissables des locomotives à vapeur qui s’élèvent dans les airs.