La falaise, l’Arche et l’Aiguille d’Étretat
© Francis Cormon / Hemis
Avec ses falaises de craie blanche sculptées par la houle, ses arches monumentales et son aiguille dressée face à l’horizon, Étretat s’impose comme l’un des paysages les plus mythiques de l’histoire de l’art. Un décor légendaire qui a fasciné des générations d’artistes.
Dès le début du XIXe siècle, avec le développement du chemin de fer qui permet de gagner facilement la côte normande, ce petit port de pêche est le théâtre d’une révolution artistique, attirant les plus grands peintres romantiques puis impressionnistes, séduits par la lumière changeante, la puissance des éléments et la poésie du lieu.
Au fil des années 1820, Étretat est « découvert » par les artistes romantiques, à la recherche de paysages spectaculaires et d’émotions fortes. Eugène Isabey et Eugène Le Poittevin sont parmi les premiers à s’installer sur place, immortalisant ses falaises et la mer déchaînée. Le Poittevin attire dans son sillage Eugène Delacroix, Camille Corot, Paul Huet ou encore Victor Hugo, qui croque les falaises et contribue à la renommée du site par ses écrits. Étretat est (déjà) the place to be : « J’ai tant bavardé sur Étretat que je l’ai mis à la mode, et qu’aujourd’hui c’est une succursale d’Asnières », exagère à peine l’écrivain et journaliste Alphonse Karr en 1884.
Claude Monet, Les falaises d’Étretat, 1885
Huile sur toile • 65.1 × 81.3 cm • Coll. Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA • © Bridgeman Images
À partir des années 1860, Étretat devient le laboratoire des impressionnistes. Gustave Courbet annonce un frémissement en y peignant la mer, les vagues et les falaises sous toutes les lumières. Mais c’est Claude Monet qui, entre 1883 et 1886, va faire d’Étretat le motif central de son œuvre, réalisant plus de 80 toiles où il capte la fugacité des instants, la brume, les reflets et les variations infinies du ciel et de la mer. Eugène Boudin, Johan Barthold Jongkind, Gustave Caillebotte puis Félix Vallotton, et même Henri Matisse, viendront à leur tour s’inspirer de ce décor époustouflant.
Étretat n’a pas seulement charmé les peintres ! Guy de Maupassant y situe plusieurs nouvelles, Maurice Leblanc fait de l’« aiguille creuse » le repaire de son célèbre Arsène Lupin. Au tournant du XXe siècle, la station balnéaire attire la bonne société parisienne, des intellectuels, des musiciens et des comédiens, qui font d’Étretat un haut lieu de villégiature et de création.
La magie d’Étretat opère toujours, mais on vous conseille vivement d’y aller hors saison ! Vous pourrez profiter de ce qui fait sa popularité, en foulant les sentiers des falaises, qui ont inspiré des centaines de toiles. On vous recommande aussi d’aller prendre l’air dans les Jardins d’Étretat, créés au début du XXe siècle, offrant une vue imprenable sur la mer et terrain de jeu régulier d’expositions d’art contemporain.
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