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Démon jouant du luth, XVIIIe siècle
Peinture d’Ôtsu • Coll. Ôtsu City Museum of History
Le dieu de la Fortune rasant le dieu de la Longévité sur une échelle, XVIIIe siècle
En haut de l’échelle
Voici une image cocasse mettant en scène le dieu de la Fortune en train de raser le crâne du dieu de la Longévité. Pour comprendre le message qui se cache derrière cette image insolite, il faut s’attarder sur l’échelle. Elle est ici volontairement représentée en déséquilibre afin d’avertir des conséquences de la cupidité et de la quête du succès. Ainsi, celui qui a grimpé presque nu tout en haut de l’échelle risque à tout moment d’entraîner l’autre dans sa chute !
peinture d’Ôtsu • Coll. Ôtsu City Museum of History
Fauconnier, XVIIe siècle
Beauté adolescente
Populaires et peu chères, réalisées à partir de pigments minéraux ou végétaux, les images d’Ôtsu nous parviennent bien souvent ternies et usées. La preuve avec cette peinture de la fin du XVIIe siècle, dont le sujet demeure malgré tout reconnaissable en raison de sa popularité : c’est un fauconnier, l’un des dix motifs favoris de l’imagerie d’Ôtsu, qui était placé au service des seigneurs à l’époque d’Edo. Vêtu d’un élégant kimono, l’éphèbe à l’allure féminine avance, tout en tournant la tête vers son fier animal.
peinture d’Ôtsu • Coll. Ôtsu City Museum of History
Jeune fille à la glycine, XVIIe siècle
Jeune fille en fleur
Entre ôtsu-e et ukiyo-e, la guerre fait rage ! Les peintures d’Ôtsu, particulièrement prisées des voyageurs, sont avant tout considérées comme des souvenirs, tandis que les estampes ukiyo-e, qui dépeignent minutieusement les mœurs de leur temps, sont plus appréciées des citadins de la métropole du « grand Edo » (Tokyo). Malgré cette rivalité, les deux écoles prennent plaisir à se copier de temps à autre, comme en témoigne cette jeune fille à la glycine, inspirée des représentations de courtisanes de l’ukiyo-e. Sa fleur ornementale serait certainement un porte-bonheur propice aux rencontres amoureuses.
peinture d’Ôtsu • Coll. Ôtsu City Museum of History
Banquet du chat et de la souris, XVIIIe siècle
Tom and Jerry, version japonaise
Observez ce chat rieur proposant à la souris du saké et un piment pour mieux pouvoir la dévorer ! La composition est tout autant exemplaire que le discours est ludique : les aplats ont été réalisés au pochoir et les détails expressifs, contours, poils et pattes ont été dessinés au pinceau noir. L’ancien propriétaire de cette œuvre invitant à la tempérance et à la sagesse ? Un certain Pablo Picasso…
peinture d’Ôtsu • Coll. R. Bru, Barcelone
Kitagawa Utamaro, Souvenirs d’Ôtsu achetés à Edo, vers 1802-1803
Deux arts pour le prix d’un
Saurez-vous différencier une peinture populaire d’Ôtsu d’une élégante estampe ukiyo-e ? À en juger ici la finesse des traits et la richesse des couleurs, il s’agit bel et bien d’une gravure ukiyo-e. Pourtant, deux personnages emblématiques de l’imagerie d’Ôtsu y sont représentés : la femme à la glycine et le démon déguisé en moine. Cette œuvre est en réalité un hommage aux deux arts populaires de l’époque par Kitagawa Utamaro, l’un des rares noms connus de l’exposition. C’est que sa discipline, l’ukiyo-e, imposait la signature de l’artiste, contrairement aux peintures ôtsu-e !
gravure sur bois • Coll. particulière
Utagawa Kunisada, Danses sur les images d’Ôtsu, vers 1851-1852
Gueules d’acteurs
Le démon incarnant un moine mendiant muni d’un gong, la belle jeune fille à la glycine, l’élégant fauconnier à l’éventail : trois motifs phares d’Ôtsu apparaissent sur cette superbe gravure d’Utagawa Kunisada. En outre, les vêtements ne sont plus de simples aplats mais sont ornés de fleurs, la branche de glycine n’est plus stylisée en quelques courbes mais détaillée en feuilles et en fleurs tombantes et, cerise sur le gâteau, les visages sont reconnaissables. Pour cause, ce sont ceux de célèbres acteurs du théâtre kabuki !
gravure sur bois • Coll. particulière
Démon en pèlerin invoquant le buddha Amida, XVIIIe siècle
Trésor vivant
C’est Émile Guimet qui rapporta cette statuette en bois laqué lors de sa mission au Japon en 1876. Représentant un démon travesti en moine – le motif le plus populaire de l’imagerie d’Ôtsu –, ce précieux objet devait certainement servir d’enseigne pour signaler l’échoppe d’un marchand d’images. De telles sculptures étaient encore réalisées récemment grâce au talent de Takahashi Shōzan IV, le dernier maître-imagier d’Ôtsu reconnu comme « trésor vivant », et disparu il y a moins d’un an, à l’âge de 85 ans.
statuette en bois laqué • Coll. musée national des arts asiatiques-Guimet, Paris • Photo Michel Gurfinkel
Ôtsu-e
Du 24 avril 2019 au 15 juin 2019
Maison de la culture du Japon à Paris • 101Bis Quai Branly • 75015 Paris
www.mcjp.fr
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Gare à vous !
Peau rougeâtre, crocs affutés, expression terrifiante… Aucun doute possible, il s’agit bien ici d’un démon et non des moindres : le redouté dieu du Tonnerre. Travesti en musicien jouant du luth devant un cruchon et une coupe de saké, il dénonce les excès de l’alcool et les plaisirs des sens, qui troublent le jugement des hommes. Quelques traits et couleurs suffisent pour mettre en garde le propriétaire de l’image et tourner en dérision la créature sortie des enfers.